Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

2018-01-02

2018 - JAN-MAR - chap. LVIII

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LVIII. Ein Glaube wie ein Fallbeil, so schwer, so leicht¨*



Difficile à soulever et facile à laisser tomber. Comme un couperet, la croyance tranche, c'est un poids lourd de menace, ce n'est pas un fardeau. La croyance s'ajoute, elle ne fait partie de personne, nul ne saurait posséder sa propre guillotine.
Comment passe-t-on de la croyance à cette foi qui renverse les montagnes, surmonte tous les doutes ? Ou les rejette spontanément, sans réflexion, comme on le fait du poison. Cette sorte de foi semble naïve et pourtant c'est la seule qui envisage le scepticisme comme un opposant périlleux. Elle ne fait pas la part du feu, elle prend le clair-obscur plus au sérieux qu'à son tour.
Il y a une sorte de foi qui, loin de l'ignorer, ménage le doute,  le pondère, l'évalue, le soumet à toutes sortes d'épreuves, loyalement. Comment un exercice où la perplexité est un partenaire peut-il être compatible avec l'engagement total que la foi requiert ? Les croyances ne font pas bon ménage avec les lois de la probabilité.


Le doute exige plus de courage que la conviction et plus d'énergie parce que la conviction est un refuge et que le doute est infini, prêche Father Brendan Flynn dans "Doubt" de John Patrick Shanley. Pour lui, le sentiment de certitude est une émotion, pas un fait. Fou celui qui croit pouvoir s'affranchir de l'incertitude, il doit apprendre à vivre avec cette forme de silence qui sous-tend le bavardage de notre temps et l'envisager non comme une part maudite mais comme un lien potentiellement aussi puissant et vivifiant que la certitude.




L'entendement, une fois adoptée une opinion (tenue pour vraie ou vue comme agréable), attire à lui tout ce qui l'étaie et s'accorde avec elle. Et bien qu’il puisse y avoir maints éléments de poids allant dans l’autre sens, il ne les prend pas en compte, les méprise, ou les écarte et les rejette par quelque distinction afin de maintenir intacte l'autorité accordée à l'opinion qu'il a faite sienne, non sans présomption grave et funeste (...)  Les hommes, infatués d'apparences vaines, prêtent attention aux événements quand ils remplissent leur attente ; mais dans les cas contraires, de loin les plus fréquents, ils se détournent et passent outre. 
Francis Bacon (Novum Organon, XLVI - 1620)**
On appelle "biais de confirmation" cette tendance à préférer l'information qui confirme la position à laquelle nous adhérons. Et pourtant nous ne sommes pas fondamentalement irrationnels, ce qui fait défaut est peut-être d'octroyer la primauté absolue à l'exigence de mieux penser.
 
04 – Blacksmith Bureau - Special Mini-Memorial Issue
 
08 – Fin dans l'alcool et le sang de Kevin Halligen, le prince des imposteurs, trompeurs ou tout bonnement chenapans, qui semble avoir si bien joué ses rôles successifs  que ses propres mystifications eurent raison de lui. Reste qu'il a escroqué de quelque 600 mille livres MF, alimenté par des donateurs émus. Reste qu'il a escroqué aussi les détectives engagés dans la pseudo-enquête pour retrouver MMC. Reste enfin que les MC n'ont incompréhensiblement pas porté plainte contre lui.
Survalorisation des apparences : notre société est-elle une machine à produire des imposteurs?











Un terme fut mis au contrat (avec KH) en septembre 2008, de manière très acrimonieuse. Malheureusement, ce n'était pas la fin.

Plusieurs mois plus tard, l'un des enquêteurs engagés par Oakley (la firme de KH) nous contacta afin d'être payé pour ses services (il s'agit très probablement de Henri Exton*). Bien que la facture de Oakley ait été réglée des mois plus tôt, il semblait que la firme n'avait pas payé l'enquêteur. Il n'était pas le seul. Un peu plus tard surgirent plusieurs enquêteurs non payés. Nous étions consternés que, malgré tout le travail fourni pour le compte de Madeleine, les gens qui avait gagné l'argent payé par Madeleine's Fund ne l'avaient pas reçu.

En Novembre 2009 nous apprîmes que Halligen avait été arrêté pour soupçon de fraude dans une affaire de note d'hôtel. Il est en ce moment dans la prison de Belmarsh où il s'oppose à une extradition aux EU à propos de blanchiment d'argent et de fraude sur virements, toutes accusations qu'il réfute.  
("Madeleine" où Kate MC édulcore visiblement la responsabilité (totale) de KH dans les malversations et arnaques de Oakley).

* Sur Henri Exton et les portraits-robots tenus cachés, voir le 27 octobre 2013.


23 – Le porte-parole de Theresa May annonce la création d'une Dedicated National Security Communications Unit, chargée de traquer la désinformation d'où qu'elle vienne. À une époque de fausses nouvelles et de concurrence des narrations, c'est en utilisant mieux les communications sur la sécurité intérieure que le gouvernement relèvera ces défis interconnectés et complexes. Profession de foi.
Mais qu'entendent les autorités britanniques par "fausse nouvelle" ? Ce serait une information complètement fausse, des photos ou des vidéos créées et diffusées dans le but d'introduire la confusion ou de désinformer. L'intention de tromper prévaudrait, on pourrait par exemple montrer de vieilles photos en prétendant qu'elles sont récentes, les œuvres satiriques et parodiques seraient aussi susceptibles de duper. Seule parade, la critique jointe au sens de l'humour.




Quand un spin doctor convoque la presse  à propos de la publication d'une ordonnance du Ministère public d'un pays allié concernant ses clients, jusqu'alors témoins assistés, ordonnance rédigée dans une langue qu'il ne comprend pas, et proclame comme concluant le seul élément adéquat à ses intérêts professionnels et personnels, sans même accorder un regard à tous les autres, quand ce cherry picking est repris unanimement, benoitement, complaisamment par toute la presse britannique, tabloids et broadsheets confondus, ne peut-on parler d'établissement réussi d'une fausse nouvelle comme vérité universelle ? D'où ce Dr Folimage tient-il son autorité au juste ?
Pendant des années, il n'a servi à rien d'essayer de rectifier la bévue de M. Mitchell, car l'élément sélectionné et promu au statut de vérité ultime faisait aussi tout à fait l'affaire des autorités qui, mues par une pulsion compassionnelle, étaient entrées dans le jeu (ou le hoax) à pieds joints, en laissant au vestiaire esprit critique, réflexion et pondération.
Presque 9 ans plus tard, la plus haute autorité judiciaire du pays en question s'est vue contrainte, par les clients du spin doctor, alors appelants, de se prononcer sur l'élément érigé en conclusion définitive de l'ordonnance du Ministère public, l'innocence des clients de M. Mitchell. Et ce qu'a déclaré cette Haute cour, en des termes plus tranchants que ceux employés par le procureur de la république, c'est que, faute d'établissement de leur innocence, les appelants ne pouvaient s'en prévaloir.
Ni plus, ni moins.
Lorsqu'un tel redressement s'opère au vu et au su des médias, ne pas en faire état pour corriger ce qui s'est bel et bien avéré avoir été une fausse nouvelle, indépendamment des considérations temporelles, ne revient-il pas à renchérir dans le faux, à tenir doublement le faux pour vrai ? Qui aura le courage après cela de dire qu'il ne savait pas ?
Il n'est pas interdit de craindre que l'expression "fake news" ne soit qu'une manière, pour qui jouit de quelque autorité, d'envoyer au rebus toute  nouvelle inconvenante ou dérangeante. La classe politique, empêchée d'exercer son contrôle en raison d'une certaine transparence pourrait avoir tôt fait de qualifier de "fausse nouvelle" tout ce dont elle ne voudrait pas entendre parler. 
Les médias, regardons-le en face, ne sont plus le 4è pouvoir, ce précieux recours des citoyens contre les abus ou même simplement les erreurs des trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) décrits par Montesquieu (De l'esprit des lois) comme devant être indépendants dans une société démocratique. En ce sens, quel sens a l'immixtion du gouvernement dans cette question ? Un gouvernement démocratique ne peut, par définition, contrôler Internet qui abrite le 5è pouvoir.
La tendance existe déjà de confondre fausse nouvelle et opinion différente.. L'avenir apportera-t-il plus de régulation de la Toile et davantage de fausses nouvelles officielles ?

Publication en ligne de l'analyse statistique 2017 de la CEDH. En partie en raison du nombre impressionnant de requêtes, un recours qui ne développe aucun moyen nouveau par rapport à la jurisprudence existante est désormais impitoyablement écarté, remarque Roseline Letteron. Effectivement  
En 2017, 70356 requêtes ont été déclarées irrecevables ou rayées du rôle par un juge unique, un comité, une chambre ou une grande chambre, ce qui représente une augmentation de 92% par rapport au chiffre de 2016 (36 579).



Février


Dans l'affaire Daval, la procureur de la république, Edwige Roux-Morizot, rappelle quelle est la place de la justice et appelle les médias à la raison : La folie médiatique oublie que derrière cette histoire (...) se joue le destin d'un homme. Écouter, c'est édifiant.



03 – Dans un article pour l'irlandais Village Magazine, la journaliste "d'investigation" Gemma O'Doherty s'interroge sur la piste "Smithman". La BBC aurait convenu qu'une inexactitude concernant la position de Martin S avait été commise dans l'édition de Panorama réalisée par RB et diffusé le 3 Mai 2017. Cela dit, et comme le remarque GOD, la BBC n'a rien dit sur l'origine de la rumeur selon laquelle MS avait changé d'idée à propos de l'homme qu'il avait croisé la nuit du 3 mai était arrivée là. La BBC n'a pas fait savoir non plus pourquoi elle avait, sans vérification, embouché la trompette de la désinformation et quel résultat elle escomptait.
Reste que la BBC a résolument modifié l'édition incriminée de Panorama en supprimant le propos mensongèrement prêté à MS. On ne voit pas pourquoi ils l'auraient fait s'ils n'avaient convenu que la protestation de Martin S était authentique.

Il y a quelques semaines, j'ai parlé avec Martin S, chez lui, à Drogheda. Il m'a dit qu'il continuait à s'en tenir à ce qu'il avait dit à la police en 2007. Il n'est jamais revenu sur sa déposition ni n'a changé d'opinion sur le signalement. Il est déçu que les médias proclament qu'il dit s'être trompé et il reste convaincu à 60/80% que l'homme croisé cette nuit-là était Gerald MC.  Après la diffusion du programme de la BBC, MS a contacté Panorama et a fait savoir ce qui était inexact. Mais le distributeur n'a rien corrigé, malgré sa mission de service public. 
Le mois dernier, j'ai demandé à la BBC pourquoi ils avaient faussement suggéré que le signalement S avait été désavoué et s'ils étaient disposés à corriger finalement leur erreur. J'ai reçu une réponse reconnaissant qu'ils avaient effectivement diffusé une inexactitude. Ils ont accepté de faire en sorte que le programme Panorama sur leur IPlayer reflète la correction.  Ils disent que l'erreur a été faite de bonne foi, mais ils n'ont pas expliqué comment ils avaient commis une erreur si fondamentale et pourquoi ils n'avaient pas vérifié si leur histoire sur les S était correcte avant de diffuser le programme.
 
05 – L'affaire MC attire les mousquetaires de l'innocence bafouée comme Turandot les prétendants. Le nouveau candidat à la solution est autrichien et dirige la brigade des cold cases au Bureau fédéral de la police criminelle.  L'inspecteur en chef, Kurt Linzer, fort de son expérience (il compte à son actif des recherches sur l'affaire Kampush), lancerait-t-il un défi à SY ?

06 – Publication sur le site de Companies House, des comptes (mars 2016-mars 2017) de MF, signés le 30 janvier 2018 par le nouveau directeur. Plusieurs remarques (voir aussi l'article de The Mirror) :
Il est fait référence à un recours déposé auprès de la CEDH (démarche censée avoir été faite en juillet 2017, donc bien après la fermeture des comptes) comme s'il avait été accepté (L'affaire est dans la mains de la CEDH, un recours ayant été déposé par le cabinet d'avocats IDLei (autrement dit Isabel Duarte e Associados, un cabinet qu'on ne peut joindre en ligne qu'en montrant patte blanche). La CEDH produira un jugement écrit dans un délai encore non déterminé), mais les contrôleurs de gestion (nouveaux), qui ne sont pas juristes, semblent ignorer que la première étape est la recevabilité et que si la requête est rejetée, aucune raison n'est fournie. Rappelons qu'il n'est point besoin d'avocat pour remplir un dossier, comme l'indique explicitement sur son site la Cour européenne. 
La disparition de MMC est qualifiée d'enlèvement, ce qui est légalement faux. Il faudrait au moins ajouter l'adjectif  "hypothétique".
L'ex-commissaire Gonçalo Amaral est décrit comme "discrédité", ce qui donne une idée des contrôleurs de gestion et/ou du nouveau directeur chargé des comptes. GA a gagné la procédure que les MC avaient engagée contre lui pour, effectivement, achever les  campagnes de discrédit entreprises dans les médias.
L'assignation en justice de GA par les MC n'était pas une action en diffamation. Il s'agissait d'obtenir une compensation financière (importante : 2500 euros pour chacun des 5 MC puisque MMC faisait partie des demandeurs) pour les préjudices subis.

Le montant dû aux créditeurs s'élève à 65.008 livres, en partie pour payer Isabel Duarte (51.718). Cette dépense est-elle considérée comme une "aide à la famille", une rubrique qui a du reste cessé de figurer parmi les objectifs déclarés de MF ?
Mais aucune référence n'est faite des sommes dues au Portugal (frais de justice entre autres), non négligeables compte tenu du nombre d'actions intentées.  Quant au paiement de ces dépenses par MF, les administrateurs avaient argumenté que l'action en justice faisait partie de la recherche de l'enfant puisque les activités de Gonçalo Amaral avaient nui à celle-ci. Mais dès la première décision, celle de première instance, il a été jugé qu'il n'en était rien... 
Les fonds investis au lieu de rester à disposition semblent devoir être restrictivement affectés aux seules dépenses liées à la recherche de MMC, donc pas aux frais de justice. Surtout que depuis avril 2015 l'excuse de la recherche entravée n'est plus de mise puisque Madeleine, alignée parmi les demandeurs, a été déboutée, faute de fondement.
Une nouvelle rubrique de 15.254 livres, non spécifiée et intitulée "provision pour passif", apparaît dans le côté "réserves" de la balance au lieu de figurer parmi les autres actifs et passifs sur l'autre côté de la balance. 
Enfin  il faut avoir présent à l'esprit que le contrôle de gestion n'équivaut pas à un sceau d'approbation, excepté dans un domaine très spécifique. Les contrôleurs ne peuvent vérifier que les informations auxquelles ils ont accès.

12 – Le Home Office fait savoir qu'il examine une nouvelle demande de six mois de financement pour que SY poursuive son investigation sur la disparition de MMC (les fonds accordés en septembre dernier étaient pour 6 mois). La re-lecture/investigation sur la disparition de MMC a déjà coûté plus de 13 millions d'euros aux contribuables britanniques.
Grain à moudre : The Mirror a très récemment publié que MF disposait de  près de 750 mille livres pour rechercher MMC, fonds provenant de donateurs et des droits d'auteur de Kate MC qui avait assuré en novembre 2010 que chaque penny obtenu à travers les ventes de "Madeleine" serait dépensé dans notre recherche de Madeleine, argument de vente s'il en est. Or...
 
13 – Blacksmith Bureau - Correction

14 –  Après révélation par le présumé meurtrier du lieu (un ravin dans une forêt) où se trouvait la petite Maëlys, ce sont finalement des chiens spéciaux, des 'chiens de restes humains' qui ont découvert, en début de soirée, "un crâne d'enfant et un os long" car la neige, tombée la nuit précédente, couvrait tout. Le GNIC (Groupe National d'Investigation Cynophile) de la gendarmerie, qui se trouve à Gramat (Lot), dispose actuellement de 10 chiens.

Primo Levi - Si c'est un homme

24 – Le Daily Mail rapporte que la BBC a été contrainte de corriger une information fausse d'une édition de Panorama où il était fait erronément état d'un changement d'opinion de Martin S à propos de Smithman, l'homme aperçu portant une fillette en tous points semblables à MMC le soir du 3 mai.
Remarquer que la BBC s'est limitée à rectifier, elle n'a pas publié de déclaration sur le documentaire lui-même comme elle l'avait fait pour rétablir la vérité sur Madeleine's Fund, qui n'est pas une association caritative, mais une SRL (Limited Liability Company).


Mars


01 – Le secrétaire à la Culture, Matt Hancock, confirme l'abandon de la deuxième phase de l'enquête Leveson sur les normes de la presse qu'avait suscitée le scandale du piratage téléphonique : "Nous ne croyons pas que la réouverture de cette enquête publique coûteuse et longue est la bonne voie à suivre. Leveson 2 projetait d'examiner les relations entre les journalistes et la police. 
Le Labour réagit et Lord Leveson publie une lettre ouverte à MH et au ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, dans laquelle il accuse le gouvernement de rompre l'engagement pris auprès des victimes du piratage téléphonique. 
Les MC ne sont pas contents, bien qu'ils n'aient été ni écoutés, ni piratés. Selon Gerald, Leveson 2 est vital pour investiguer la corruption existant entre la classe politique, la presse et la police... Le gouvernement renonce à ses promesses concernant les victimes de la presse pour satisfaire les intérêts corporatifs des grands groupes de presse.

Hacked Off lance une pétition. 

06 –  Flash back sur 5 années depuis la publication du rapport de la commission Leveson. 

–  Réponse, qui n'en est pas, du Home Office à un courrier signé par un certain M. Coxon, à propos du financement semblant sans frein ni fin de Operation Grange.

Arthur Schopenhauer
Toute vérité passe par trois étapes. Au début, elle paraît ridicule. Ensuite, elle est combattue. Finalement elle va de soi.


12 – On apprend que Neil Basu va prendre les commandes de SY, en remplacement du commissaire adjoint Mark Rowley. La commissaire est toujours Cressida Dick.

13 –  Quiproquo, maldonne ou hameçon publicitaire  ? La journaliste Natasha Donn (Portugal Resident) met inconsidérément en péril sa crédibilité en publiant en ligne un article présenté comme "explosif", une bombe à retardement qu'elle désamorce quelques heures plus tard sous prétexte qu'un journal en vue est sur le point de publier un article plus circonstancié sur une énième théorie concernant la disparition de MMC. Se convaincre soi-même et convaincre ses copains est une chose, convaincre les autorités, une autre. Il est recommandé à tous ceux qui pensent en savoir plus ou savoir mieux que la police en fait d'investigation et d'élucidation de crime de tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant d'intervenir dans les affaires policières.
Comme il est aussi facile de mettre des propos "sensibles" en ligne que de les escamoter, il y aura toujours quelqu'un pour les "sauver"... Commentaire à 15:39.  

Pour mieux encenser leurs protégés, plusieurs supporters des MC, "détectives en pantoufles", ont dans les années écoulées envoyé à SY des dossiers conspuant certaines personnes en brandissant l'étendard du "crime haineux" au mépris du sens légal de cette expression. Cette fois ce sont les détracteurs qui envoient un rapport au PGR. 
Les uns et les autres croient détenir des éléments probants que les autorités devraient prendre en compte. Naïveté ?


17 – Anorak publie un papier où le journaliste, qui se souvient du dernier article à propos des 50 ans de Kate MC (Qui a besoin de faits quand on peut extraire de l'émotion et présenter cela comme une nouvelle ?) raconte avoir reçu un lien vers un article évoquant la lettre d'un "groupe de chercheurs" à la procureur générale de la république. Ils "croient savoir", remarque le journaliste, "pas de faits, mais de la croyance".

Le groupe, formé principalement d'ex-OPJ, d'ex-enquêteurs, d'analystes, d'avocats, d'avoués, de traducteurs, etc., a envoyé à la PGR Joana Marques Vidal une longue lettre datée du 28 février 2018, qui est devenue ouverte aujourd'hui, puisqu'on peut la lire sur ce site.

21 – Blacksmith Bureau - The death of MancCannstein's Monster

26 – Sans surprise (quel ministre souhaiterait être  à l'origine d'un arrêt de financement ?) un porte-parole du Met fait savoir  que le Home Office a accepté la requête de financement spécial supplémentaire (environ 150 mille livres) pour Operation Grange. Il n'y a pas de projet de réduire l'équipe de OG (trois PO). Évidemment pas question de livrer quelque information sur une affaire qui est "en cours". Tant qu'il y aura de l'argent, il y aura des pistes.
La somme allouée n'est toutefois pas indiquée.
Le spin doctor, qui ne l'était plus mais qui finalement l'est encore, fait savoir que les MC sont très reconnaissants d'une décision qui signifie un espoir ravivé de retrouver leur fille. Pas celle à la robe rouge, qui semble avoir 2/3 ans et illustre l'article du Daily Mail.

28 – Des voix, non anonymes, s'élèvent pour protester pour le traitement d'exception accordé à une affaire qui stagne puisque SY n'en sait pas plus de ce qu'en savait la PJ. Le Home Office devrait peut-être penser à proposer une solution de fortune ou à expliquer pourquoi ils persistent à essayer en vain d'en trouver une. 
Le département des transports britannique (DfT) ayant évalué à 1,8 million de livres, un chiffre fondé sur l'analyse de 20 ans de statistiques, les mesures de sécurité à prendre pour préserver une seule vie sur les routes du pays, ce chiffre s'est standardisé et a envahi tous les départements et agences gouvernementaux. Ce chiffre a été revu à la hausse, 7 millions de livre serait la valeur d'une vie humaine.

 
30 – Dans une QPC du 30 mars 2018, le Conseil constitutionnel, à l'instar de la CEDH, estime que le délit sanctionnant le refus de communication d'un code téléphonique à des enquêteurs ne porte pas une atteinte excessive au droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination. En effet le droit de ne pas s'auto-incriminer ne concerne pas les données que l'on peut obtenir de l'accusé en usant de pouvoirs coercitifs qui existent en dehors de la volonté de l'intéressé. Le prélèvement d'ADN durant une enquête judiciaire constitue une obligation légale, à laquelle le suspect ne peut se soustraire. Fixé sur un support, le code existe indépendamment de la volonté de la personne suspectée et l'autorité judiciaire pourrait l'exiger du fournisseur d'accès. Cette procédure ne peut toutefois exister que durant l'enquête judiciaire et ne doit pas avoir pour objectif d'obtenir directement des aveux ni de reconnaissance de culpabilité. Le droit au silence comme le droit de ne pas s'auto-incriminer sont donc toujours garantis, dès lors qu'ils résultent, quant à eux, de la seule volonté de l'intéressé.

31 – De la réponse du MPS (Metropolitan Police Service), signée par un certain David Edwards, à une FOI (Freedom of Information Request) adressée le 3 mars dernier par l'ex-sollicitor Anthony Bennett, il ressort que (voir sur le site les questions rejetées et les justifications avancées), 
- la DCI Wall (qui dirige OG) travaille sous le contrôle du commandant Stuart Cundy, lui-même sous le contrôle de l'adjoint Martin Hewitt de la commissaire Cressida Dick. 
- À propos de la date à laquelle OG aurait reçu les portraits-robots (de Smithman), "ces portraits-robots ont été reçus par OG en septembre 2008, faisant partie d'un dossier remis au MPS par des enquêteurs privés ayant travaillé sur l'affaire".
OG n'ayant été mis sur pied qu'en mai 2011... il faut probablement ne voir ici qu'une rédaction défectueuse.  Mais faut-il sérieusement croire que Oakley, mis à pied en août 2008, n'aurait eu rien de plus pressé que de remettre son dossier au MPS plutôt qu'à la PJ, détentrice de l'autorité judiciaire ? Le Sunday Times avait, en octobre 2013, suggéré que les portraits-robots avaient été remis en même temps à la PJ. Peut-être... mais le même article se réfère à Henri Exton, le "père" du dossier, pour affirmer que ce dernier avait été remis au MPS en 2011... 
On sait que Martin S  avait dit, en janvier 2008, qu'il ne pouvait/voulait fournir les informations nécessaires pour établir un portrait-robot. Ensuite une agence de privés du style cowboy annonce qu'ils ont des portraits-robots inspirés par les S. Qui faut-il croire ? Peut-être que si un dossier accompagnait publiquement ces portraits-robots les gens verraient les choses d'une autre manière.


L'épopée des portraits-robots, malgré leur relative insignifiance, est extraordinaire :
- Vrai ou faux ? Le Met les reçoit en septembre 2008 peu après la résiliation du contrat entre MF et l'agence Oakley qui les a produits.
Pourquoi remettre un dossier à une force de police qui n'est pas impliquée dans l'affaire ?
- Le dossier, portraits-robots inclus, est remis à MF (donc aux MC) en novembre 2008.

Pourquoi remettre un rapport à un client après la fin (août 2008) du contrat ?
"Le MPS ne dira rien sur la réalisation ou non d'identifications" est une fin de non recevoir, le rédacteur ajoutant que "ces portraits-robots  ne font partie d'aucun appel à témoins actuel".  Ce qui veut dire que ou bien ils ont découvert qui était Smithman, ou bien ils l'ont éliminé comme suspect. Il est possible que les deux explications n'en fassent qu'une...
Quoi qu'il en soit, pour la première fois quelqu'un insinue que le fameux document Oakley a été remis à quelqu'un, hormis les commanditaires (administrateurs de MF dont les MC), avant 2009. 
Voir cette page, en particulier le 27 octobre.





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* Franz Kafka - Aphorisme de Zürau (87è) 
Une croyance comme une guillotine, aussi lourde, aussi légère.


** The human understanding when it has once adopted an opinion (either as being the received opinion or as being agreeable to itself) draws all things else to support and agree with it. And though there be a greater number and weight of instances to be found on the other side, yet these it either neglects and despises, or else by some distinction sets aside and rejects, in order that by this great and pernicious predetermination the authority of its former conclusions may remain inviolate. And therefore it was a good answer that was made by one who, when they showed him hanging in a temple a picture of those who had paid their vows as having escaped shipwreck, and would have him say whether he did not now acknowledge the power of the gods — “Aye,” asked he again, “but where are they painted that were drowned after their vows?” And such is the way of all superstition, whether in astrology, dreams, omens, divine judgments, or the like; wherein men, having a delight in such vanities, mark the events where they are fulfilled, but where they fail, though this happen much oftener, neglect and pass them by.