Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

M





"Madeleine" (signé par Kate MC)
Madeleine's Fund
Manipulation de l'esprit
Médias
Médiatisation
Mémoire et stress
Mensonge : comment le détecter
Mensonge blanc, pieux mensonge
Mensonge par omission
Menterie ou mensonge ?
Mère
Mise hors de cause
Monopole
MSM





"Madeleine" (signé par Kate MC)
C'est elle qui toujours a fasciné les observateurs. Ce qu'on attend du comportement d'une mère est sûrement plus stéréotypé que le modèle de comportement d'un père. Kate MC ne semblait pas jouer son rôle de manière appropriée. On critiquait sa froideur, on lui reprochait de ne pas montrer ses émotions. Mais le public veut-il vraiment sa livre de chair lorsqu'un drame de cette sorte se produit ? Pourquoi est-ce que Kate a écrit "Madeleine" ? Elle dit que c'est pour que ses enfants, y compris Madeleine quand elle reviendra, sachent ce qui est arrivé après la disparition de Madeleine, mais c'est aussi pour obtenir des fonds afin de continuer à la chercher. "Nous sommes maintenant les seuls à la chercher".
On retrouve dans M* les manques à l'origine des critiques. Après un préambule sur la vie de KMC et celle de sa famille avant la disparition, le livre retrace chronologiquement les événements qui ont suivi celle-ci, ponctués de part en part de remarques sur ses sentiments. Les compagnons de voyage ne sont que des ombres intangibles, Gonçalo Amaral figure comme l'épine dans le pied des MC, la nuit où Madeleine a disparu, qui est le pivot central, se limite à quelques pages. L'état exact de la chambre, les entrées et les sorties des différents protagonistes de l'histoire, restent vagues, d'où un effet frustrant.
In M*, "bien que le but ultime de tout ce travail n'a pas encore été atteint, il ne fait pas de doute que nous (et Madeleine) aurions été dans de bien plus mauvais draps sans cela". 


Madeleine's Fund

MF n'a pas été créé, comme la plupart des entreprises, dans un but lucratif. il a été créé pour le compte d'un enfant disparu. Son but était de retrouver Madeleine McCann, de soutenir sa famille et de traduire ses ravisseurs en justice. Il devait être financé par des dons du public.

Si une entreprise utilise des dons comme revenus, elle doit conserver la confiance du public. Si les administrateurs assurent que chaque centime dépensé peut être justifié, pourquoi ne pas fournir plus que les informations minimales prescrites par la loi? En fournissant de moins en moins de détails sur la gestion du fonds, ils ont fourni à leurs critiques de plus en plus de munitions. L'ouverture aurait eu l'effet inverse.

Il n’y a rien d’illégal; les exigences statutaires sont remplies. L'interrogation porte sur la raison pour laquelle les administrateurs ont choisi de divulguer de moins en moins de détails sur les dépenses.

Après tout, ils ne sont pas un "groupe douteux", ils sont de bons citoyens britanniques dont le seul objectif est de financer la recherche de l'enfant égarée de victimes innocentes, pieuses, intelligentes et pures, avec beaucoup d'intégrité et sans rien à cacher. Pourquoi font-ils des cachotteries ?



Manipulation de l'esprit










Marché
La justice négociée, telle que pratiquée outre-Atlantique, incite à faire de faux aveux pour éviter les risques d’une peine encore plus lourde ou s’épargner d’autres charges. En Europe, le fait d’admettre ce qu’on n’a pas fait dans le cadre d’un marchandage est contraire à l’idée de justice et la recherche de la vérité demeure une valeur importante.


Médias
Ils sont fondamentalement toujours à l'affût du spectaculaire. Le dévolu jeté sur une affaire fait des émules, des comités de soutien se forment, on voit des gens s'identifient à la victime, se consacrent à la cause qu'ils défendent et mettent en mots des sentiments que la victime ne perçoit pas toujours. C'est comme si c'était leur enfant qui était mort. Our Maddie ! L'exaltation toutefois est inutile : on n'a jamais vu un kidnappeur renvoyer un petit chez lui parce qu'il a bien compris la douleur de la mère.  
Les MC apprirent très vite à se mettre dans la peau de ceux dont les médias parlaient, lamentant leur sort, tel le choeur du théâtre grec.
L'œil toujours ouvert tient à la fois des Lumières et de Big Brother. La presse panoptique veille, surveille et transperce le mur des apparences construisant la carte des sympathies et des antipathies, favorisant la coexistence des idées contraires et brandissant le principe d’indépendance, qui conditionne le rôle de la presse dans une démocratie. 
La presse est-elle encore la tour de vigie surplombante qu'évoquait Alexis de Tocqueville, conduit par les raisons prophylactiques d’une protection contre la tyrannie à faire de la presse un pivot de la vie démocratique.
En Amérique, comme en France [la presse] est cette puissance extraordinaire, si étrangement mélangée de biens et de maux, que sans elle la liberté ne saurait vivre, et qu’avec elle l’ordre peut à peine se maintenir.
La dépendance chronique des journaux aux revenus publicitaires ou aux capitaux industriels ou même à la classe politique a rendu cette position fort délicate et affaibli, au regard de l’opinion, le crédit des professionnels de l’observation.

Médiatisation

La médiatisation de l'affaire MC a été sans précédent. Elle impliquait non seulement des professionnels des relations publiques et des spécialistes ayant leurs entrées au sein du gouvernement britannique mais une gestion des médias étroitement organisée. Le public britannique s'engagea dans l'affaire et dans des discussions interminables comme jamais,  non pas parce que le crime était unique (décrit comme enlèvement, il était rare) mais en raison de l’émergence des réseaux sociaux (Twitter lancé en 2007, Facebook en 2004) qui ont fourni une nouvelle et puissante plate-forme de partage public d’informations et d’opinions sur une enquête criminelle en cours.
Dès le début de l'enquête, les McCann ont utilisé Internet de manière proactive pour lancer des appels et des images à un public mondial en ligne, sans tenir compte des réserves de la PJ.
Le public a utilisé Internet pour consulter, évaluer et discuter des informations relatives à l'affaire telle qu'elle se présentait, et pour spéculer sur ce qu'il était advenu de la petite fille. Une masse de documents officiels produits par la police portugaise ont été numérisés et mis à disposition en ligne par le Ministère public portugais.
Jamais auparavant dans l'histoire des relations volatiles entre la criminalité,  les médias et le public il n'y avait eu autant d'accès facile à autant de données officielles liées à une affaire non résolue.
Pourtant les journalistes ne citent absolument jamais ces documents, c'est comme s'ils n'existaient pas, ou infiniment moins que les rumeurs, plus attrayantes.
En 2007, pratiquement tous les médias étaient en ligne et fonctionnaient 24 heures sur 24 avec des mises à jour, un flux informationnel en direct et une couverture en temps réel des événements, des commentaires et des liens vers du matériel de recherche. L'affaire MC était couverte au fur et à mesure de son évolution, autrement dit extrêmement lentement, ponctuée d'éclats d'activité policière au Royaume-Uni ou au Portugal. Il y a eu des hauts et des bas dans l'intérêt des médias et du public, correspondant à des développements tels que la mise sur pied d'Operation Grange et la "reconstruction" de Crimewatch (BBC) d'octobre 2013. On aurait pu s'attendre à ce que la conclusion, au STJ, des actions MC v Gonçalo Amaral qui a donné raison à ce dernier incite les médias du monde entier à rapporter son hypothèse et les preuves à l’appui de manière consistante. Voeu pieux.



Mémoire et stress

Une nouvelle bouleversante, un événement inattendu, un moment de stress particulier s'inscrivent indéfectiblement dans la mémoire et sont faciles à remémorer. On se souvient du moment de la journée ou de la nuit, de la manière dont on était habillé, des vêtements que portaient les autres, des mots que l'on a dit et de ceux qu'on a entendus, on se souvient des expressions des visages et de ce qui se passait autour, du temps qu'il faisait. On aimerait mieux ne pas se rappeler tant de détails, mais la scène est gravée plus profondément dans la mémoire que tout autre souvenir, indélébile empreinte.
Non seulement on sait très bien où on était, ce que l'on faisait, quelle l'heure il était, quel jour de la semaine lorsqu'on a appris une très mauvaise nouvelle, mais on se souvient aussi de ce que l'on a fait après, des mots dits et redits de manière cathartique.

La mémoire n'est pas une caméra de surveillance, elle ne photographie pas, elle est reconstructive, elle ne stocke pas tous les détails d'une scène, seuls ceux qui semblent essentiels, elle engrange, elle récupère, elle recombine, elle reconstruit en permanence, elle peut même élaborer de faux souvenirs auxquels le sujet adhère totalement, elle est donc trompeuse. C'est dire qu'un témoignage basé sur des souvenirs très anciens sera implacablement mis en doute par la justice.

On parle de mémoire au singulier, mais en fait on en a deux "à long terme" (Tulving) la mémoire épisodique (autobiographique) et la mémoire sémantique (le monde). On peut avoir oublié d'où on vient, mais savoir que Paris est la première ville touristique du monde.
L'imagination a besoin de la mémoire, elle emprunte ses circuits neuronaux. Les souvenirs les plus émotionnels sont les plus persistants. 
Il y a aussi les primary et recency effects : on se rappelle mieux les premiers éléments (effet de primauté) et les derniers éléments (effet de récence) d'une liste.

Mensonge n'est pas déni
Le mensonge vise, par un travestissement de la réalité intentionnel, transitoire et opportuniste, à protéger le menteur d'un certain désagrément. Il peut servir aussi à se faire valoir délibérément, à se donner le beau rôle pour susciter admiration ou compassion. L'enjeu est narcissique, il s'agit de valoriser consciemment son image.

Le premier danger est l'escalade, car un mensonge en appelle toujours un autre et ne pas se trahir exige une grande vigilance.

Le second danger est d'être pris la main dans le sac. L'affabulateur est non seulement démasqué, mais il perd cela même qu'il désirait, une  image de soi estimable, aimable.   
Le mensonge "de Huelva" fait se demander si, comme ils ont auparavant dissimulé une chose qui leur faisait du tort (pensaient-ils) aux yeux des médias, ils ne l'avaient pas fait avant et ne le referaient pas après. Si le public n'a pas confiance, c'est la faute du menteur, pas du public.





Mensonge : comment le détecter ?
Dans la revue Law and Human Behavior Aldert Vrij, l’un des spécialistes mondiaux de la détection du mensonge dans un contexte légal, publie les résultats de deux nouvelles expériences (2007). La première compare la capacité de trois styles d’interrogatoire de police (collecte d’informations - questions ouvertes, l’interrogatoire accusateur et l’entretien d’analyse comportementale - questions ouvertes puis prédéfinies) à inciter un suspect à produire des indices verbaux du mensonge. La deuxième analyse l’aptitude de policiers à détecter le mensonge ou la vérité selon le style avec lequel ont été interrogés les suspects.
Les propos sont analysés selon deux méthodes différentes : 
La CBCA (Criterion-Based Content Analysis) procède à l'analyse verbale de la validité (vs. fausseté) d'une déclaration (datant des années 50 (Allemagne, Suède), cette méthode était à l'origine destinée à évaluer la crédibilité des allégations d'agression sexuelle faites par des enfants). Le présupposé est qu'une déclaration sincère diffère en contenu et en style d'une déclaration fabriquée. 
le CR (contrôle de la réalité), théorie selon laquelle il existe des différences qualitatives entre les souvenirs réels et les souvenirs imaginés (comme les souvenirs inventés). Les premiers, dérivant de sources externes, contiennent des informations sensorielles, des détails spatiaux et temporels alors que les seconds, dérivant d’une source interne, font référence à des opérations cognitives (pensées, raisonnements...). Les propos d’un suspect qui dit la vérité devraient donc contenir plus d’éléments sensoriels et contextuels que ceux d’un suspect qui ment.


Les résultats de l’expérience montrent que l’interrogatoire basé sur la collecte d’informations permet de générer un plus grand nombre d’indices verbaux du mensonge que le style accusateur. Dans ce dernier cas, la longueur des entretiens est plus courte, les suspects répondant typiquement par des dénégations brèves des accusations. Quant à l’entretien d’analyse comportementale, c’est essentiellement dans la phase de collecte d’informations que les indicateurs verbaux du mensonge sont produits. Les auteurs de l’étude estiment donc que l’intérêt de la phase de questions prédéfinies n’est pas démontré. [1]
Les résultats de la première expérience indiquent également que le codage CR est un outil plus efficace pour détecter le mensonge dans les propos des suspects que la technique CBCA (voir Masip et coll., 2005, pour une analyse plus nuancée de l’efficacité du codage CR). En particulier, le codage CR permet de différencier significativement les mensonges des propos véridiques lorsque les interrogatoires reposent sur la collecte d’informations ou l’Entretien d’Analyse Comportementale. Par contre, le CBCA ne peut les distinguer significativement que dans les interrogatoires basés sur la collecte d’informations. Autre point intéressant à noter : le codage CR manuel est plus efficace que le codage CR effectué automatiquement par un logiciel (Linguistic Inquiry and Word Count). Les styles d’interrogatoire d’un suspect ne sont donc pas tous aussi efficaces pour produire des indices verbaux du mensonge. 

La deuxième expérience de Vrij et al. (2007) a pour objectif de savoir si des policiers vont être sensibles à ces différences. Ceux-ci doivent observer des vidéos enregistrées au cours de l’expérience précédente et décider si le suspect ment ou dit la vérité.
En raison des résultats obtenus dans la première expérience, on pourrait s’attendre à ce que les policiers soient plus performants lorsque les interrogatoires sont conduits avec la méthode de collecte des informations. Ce n’est pas du tout le cas ! La précision des policiers dans la détection du mensonge et de la vérité atteint un niveau similaire avec toutes les méthodes d’interrogatoire. En moyenne, la précision est de 50 % et ne diffère pas du niveau de la chance. Ce résultat confirme une fois de plus que la détection du mensonge est une tâche particulièrement ardue.
Un élément inquiétant est noté : lorsque les propos des suspects ont été recueillis à l’aide d’un interrogatoire accusateur, le nombre de fausses accusations (juger qu’un suspect ment alors qu’il dit la vérité) est significativement plus élevé !
Le simple fait d’observer les interrogatoires ne permet pas de distinguer avec efficacité le mensonge de la vérité, même lorsque ceux-ci sont réalisés avec une méthode permettant de générer un plus grand nombre d’indices verbaux du mensonge par les suspects. Une méthode d’analyse linguistique de ces énoncés semble alors nécessaire.
[1] Les prédictions sur le comportement des menteurs qui fondent cette méthode ont fait, par ailleurs, l’objet de critiques sévères. Par exemple, elles supposent que les menteurs sont moins coopératifs et apparaissent plus nerveux que les personnes disant la vérité. C’est le contraire qui a été observé. Il est probable, pourtant, que cette technique soit utilisée fréquemment. D’après les données recueillies par Vrij et al (2007), 300 000 professionnels auraient déjà été formés à cette technique dans le monde.

Aldert Vrij et Pär Granhag recommandent aux chercheurs de se concentrer désormais sur les questions que l’interviewer devrait poser à son interlocuteur afin de provoquer l’apparition des indices du mensonge et de maximiser les différences entre mensonge et vérité. Ils suggèrent donc de substituer une approche active de l’interrogatoire à une approche passive.
Par ailleurs, dans la vie de tous les jours, le mensonge est un processus dynamique se manifestant au cours d’interactions sociales. La détection du mensonge et de la vérité est une tâche difficile, certains s'en sortent mieux que d’autres. Les menteurs efficaces, c’est-à-dire les participants qui, en mentant, réussissent à être crédibles, sont ceux qui discriminent le mieux entre mensonge et vérité chez leurs interlocuteurs.
Il existerait donc une aptitude générale au mensonge, qui influencerait à la fois la capacité à produire et à détecter les mensonges. L’étude a de plus montré que cette aptitude ne serait pas liée au niveau intellectuel des sujets (quotient intellectuel), ni même à leur aptitude à l’empathie ou à leur capacité à identifier et à décrire leurs propres émotions.

Mensonge par omission
C'est la dissimulation de la vérité.
Le dicton « toute vérité n'est pas bonne à dire » renvoie aussi à l'idée que, peut-être, toute vérité n'est pas bonne à entendre et entraîne ainsi un "bon" mensonge ou un mensonge "blanc", censé être pour la bonne cause, pour le bien de tous.  
Le mensonge est parfois un signe d'immaturité. Les menteurs ne se sentent responsables que de ce qu'ils ont désiré. S'ils n'ont pas voulu quelque chose, ils déclarent ne pas en être responsables, c'est le destin qui fait les choses c'est un accident. Cela s'appelle "l'inconséquence". Il y a un processus continu de réajustement de l'image de soi. On entend dire qu'une personne qui avoue est une meilleure personne que celle qui n'avoue pas. C'est une voie pour restaurer son amour propre.

Menterie ou mensonge
La menterie est l'énoncé délibéré d'un fait contraire à la vérité. Il ne faut pas la confondre avec la contre-vérité, qui désigne simplement une affirmation inexacte, sans préjuger du fait que le locuteur le sache ou non. 
Le mensonge est une forme de manipulation qui vise à faire croire à l'interlocuteur ce que celui-ci n'aurait pas cru, s'il avait eu accès à la vérité.
Mentir implique le déguisement de la pensée, afin de duper, de tromper. L'intention distingue le mensonge d'autres usages de la parole à des fins autres que la véracité.  
Morale et religion distinguent traditionnellement trois sortes de mensonges :

  • Le mensonge joyeux, énoncé pour plaisanter, mais pas toujours drôle.

  • Le mensonge officieux, que l’on énonce pour rendre service à autrui (pieu mensonge) ou, le plus souvent, à soi-même. Sa gravité est proportionnelle au sujet et aux circonstances. 

  • Le mensonge pernicieux ou malicieux, qui a non seulement l'effet, mais le but de nuire à autrui. C'est le seul vraiment répréhensible.
Mais des motivations très diverses, éventuellement inconscientes, justifient ou auto-justifient des mensonges que H.v Gijseghem classe selon leur gravité6 :

  • Les pseudo-mensonges de l'enfant, souvent ludiques et dits sans aucune intentionnalité malveillante, sont à relier à la créativité naturelle de l'enfant ;
  • Les mensonges-désirs cherchent à nier une réalité frustrante ou inacceptable (selon l'adage, on pourrait d'ailleurs se mentir à soi-même) ;
  • Les mensonges altruistes qui sont censés supposés protéger l'autre (l'enfant, l'ami, l'être aimé, un groupe vulnérable), mais ce type de mensonge peut basculer dans l'abus de pouvoir si l'ignorance ou la faiblesse d'une personne (supposée ne pas pouvoir supporter la vérité) permettent de la manipuler ou de diminuer son autonomie décisionnelle. On peut parfois aussi y voir un manque de courage dans l'évitement d'une recherche commune du chemin qui permettrait de dire la vérité ;
  • Les mensonges utilitaires, pour acquérir un bien ou un service, préserver l'amour de quelqu'un ou s'éviter une sanction ;
  • Les mensonges hostiles, nourris par la haine et l'envie, sont proférés dans le but de nuire.
Benjamin Constant, dans son célèbre débat avec Emmanuel Kant, défend le « droit de mentir ». 

Si vous mentez et que vous êtes tellement investi dans ce mensonge que vous ne pouvez pas vous permettre de reculer de peur de faire sans excuse figure de menteur, alors vous allez de l'avant, non ? Si vous aviez en outre une sorte de trouble de la personnalité narcissique vous faisant croire que vous êtes plus intelligent que ceux de votre entourage, vous perpétueriez également la saga en raison de l'attention qu'on vous porte.



Mère

Si les affaires mettant en cause une mère marquent tant les esprits, c’est qu’entre la femme et notre société s’est glissée l’image de la Vierge Marie, avançait la psychanalyste Françoise Dolto. Nous serions donc victimes de nos stéréotypes, comme l’explique à son tour le psychiatre Daniel Zagury : Nous ne parvenons pas à nous libérer du mythe de la mère et de sa pureté. Les crimes de femmes sont souvent marqués par des passions au sens propre du terme. A la différence des hommes, plus pulsionnels. Plonger dans cette noirceur, c’est accepter de bousculer beaucoup de certitudes.


Mise hors de cause
Personne ne peut être mis hors de cause par manque de preuve de son implication.. On peut être éliminé en raison d'un alibi irréfutable qui vous place ailleurs que sur le lieu du crime à l'heure du crime. Dans l'affaire MC personne ne sait si un crime a été commis et si c'est le cas à quelle heure.

Tous les criminels du monde sont légalement innocents jusqu'à ce qu'ils soient déclarés coupables. Cela n'empêche pas de les soupçonner et d'enquêter sur eux.

Être éliminé n'est pas la même chose que ne pas être un suspect.

Pour exclure une personne de tout soupçon, il faut des preuves irréfutables de sa non-participation à un crime. Il n'y a pas cela dans l'affaire MC, les trois arguidos (suspects) ont vu leur statut supprimé en raison d'un manque de preuves et non pas parce qu'ils ont été prouvés innocents.


Monopole

Les monopoles ont ceci de néfaste que, lorsqu’ils ne reposent pas sur la performance, ils confèrent à leurs bénéficiaires un sentiment de toute-puissance qui leur permet de s’abstraire des réalités, de vivre dans le confort rentier de leurs illusions incontestables et de museler ceux qui, d’aventure, auraient l’audace de les remettre en cause.impose son monopole intellectuel sur le débat public en France depuis des années, excluant ceux qui s’en distinguent.
dès lors qu’elle détient la vérité, toute dissidence d’opinion ne sert qu’à multiplier les risques d’erreur (et une erreur délibérée est une faute…).
Le monopole n’a pas besoin de se confronter à la réalité.
Les monopoles finissent souvent par s’effondrer, leurs certitudes alimentant leurs turpitudes. Ils subissent l’assaut des modèles alternatifs, qui étouffent de subir leur pression injuste et leur position injustifiée. Le monopole de la gauche morale s’effrite ainsi depuis quelques années, sous les coups de boutoir des électeurs humiliés par la déconnexion qu’ils perçoivent entre le discours officiel et leur réalité sociale. La concurrence des idées va reprendre de la vigueur ; mais il est à craindre que ce ne soit au profit de celles de la colère révoltée…


MSM  (médias grand public) 
C'est l'abréviation (main stream media) utilisée pour désigner collectivement les grands médias influents qui reflètent et façonnent les courants de pensée dominants. Le terme est utilisé pour contraster avec d'autres médias pouvant contenir plus de pensée plus dissidente car ils ne reflètent pas l’opinion dominante.
Le terme est souvent utilisé pour les grands conglomérats d'informations, y compris les journaux et les médias audiovisuels, qui ont subi des fusions successives dans de nombreux pays. La concentration de la propriété des médias a suscité des inquiétudes quant à une homogénéisation des points de vue présentés aux consommateurs de nouvelles. Par conséquent, le terme MSM a été largement utilisé dans les conversations et la blogosphère, souvent dans un sens opposé, péjoratif ou méprisant, dans les discussions sur les médias de masse et les préjugés des médias.
Selon Noam Chomsky, des organisations médiatiques ayant un public d'élite comme CBS News et The New York Times, des entreprises prospères disposant des atouts nécessaires pour produire des reportages originaux, donnent le ton à d'autres organisations de presse plus petites manquant de ressources en créant des conversations qui descendent en cascade jusqu’à des agences de presse plus petites utilisant Associated Press et d’autres moyens de regroupement. La presse des élites choisit l’ordre du jour et les plus petites organisations s'y conforment.