Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

S



Saint (et martyre)

Scène (de crime)
Secret
Secret (de l'instruction)

Sécurité vs Sûreté 
Sédation
Sens
Sépulture
Servitude (médiatique)
Signalements (aléas des)
Solidarité
Sophisme
Souffrance
Soupçon
Source (origine)
Spin doctor (docteur Folimage)

Story telling
Stun gun

Suspect (idéal)
Synergologie


Saint (et martyre, sine qua non)
Pour que les MC soient saints et martyres il fallait que l'enquête criminelle portugaise soit entachée de corruption.


Scène de crime

Il n'y a que deux manières d'expliquer que la police scientifique n'ait pas trouvé de trace forensique de la présence d'un intrus (classiquement des empreintes de pied, des empreintes digitales, des fibres, l'usage de gants aussi est détectable). 
Selon le principe d'échange de Locard tout intrus laisse quelque trace de lui derrière lui et emporte avec lui une trace.

1) la scène du crime a été contaminée et rendue inexploitable, donc les éventuelles traces d'intrus ont été détruites

2) il n'y a pas eu d'intrus.

C'est là un exemple classique d'hypothèse auto-validante, à savoir une hypothèse qui est aussi bien justifiée par une preuve que par une réfutation — cela étant identique à la façon dont un paranoïaque ponctue son interaction avec les autres : il « sait » qu'ils veulent lui faire du mal, et s'ils tentent de l'assurer de leurs intentions amicales ou s'ils lui montrent en particulier que ses soupçons sont sans fondements, ça « prouve » qu'ils lui en veulent — car sinon pourquoi s'acharneraient-ils à le convaincre qu'il n'en est rien?

Les MC ont le sentiment que leur fille est vivante et affirment qu'elle l'est, car rien n'indique qu'on lui ait fait du mal. Si on leur fait remarquer que rien n'étaie ce qui n'est qu'une hypothèse, non seulement ils rétorquent que rien n'étaie l'hypothèse inverse, mais ils y voient de l'hostilité, car sinon pourquoi la brandirait-on ? 
On ne peut argumenter que la police cherchait une fillette disparue pour expliquer la contamination de la scène de crime car les parents, eux, clamaient que l'enfant avait été enlevée.

Secret
Dans les romans, parfois dans la vie aussi, sur son lit de mort le héros révèle un terrible secret... Il n'y avait hélas plus rien à faire, mais nous pouvions encore essayer de protéger notre famille... nous avions peur qu'on vous enlève à nous... 
Les secrets révélés sur le lit de mort sont en général pardonnés, les comptes étant faits par la force des choses.. et puis, si le secret est finalement révélé, c'est qu'il était pour la bonne cause (ou ce que le menteur pensait être la bonne cause), que le bien de la famille était en jeu, etc. 
Certains ont eu le sentiment que les MC cachaient un secret ou du moins ne disaient pas toute la vérité. À ce moment-là la consigne de se taire fut comme un bouclier, dès que les questions étaient embarrassantes, le silence s'offrait comme un rocher au naufragé. Quand la rumeur leur convenait, ils la laissaient se développer. Ainsi de celle du volet et de la fenêtre forcés sans laquelle probablement on ne parlerait plus de l'affaire depuis longtemps. Naturellement ils se sont plaints d'être comme bâillonnés, contraints de laisser les mensonges s'amonceler. Mais que savaient-ils au juste de ce que savait la police ? Pratiquement rien. C'est pourquoi ils ont (en vain) demandé à Justice Hogg de leur obtenir l'accès au dossier du LC, sous couvert d'informer leurs détectives. La meilleure preuve que leur réserve était une bénédiction est que lorsque l'affaire fut classée, les langues ne se délièrent pas.
 

Secret (de l'instruction)
Le 20 juin 2008, ce secret atteignit le maximum légal (probablement qu'aucun élément nouveau permettant d'obtenir un prolongement n'est apparu). On pourra apprécier les avantages de cette manière d'opérer. Quand on voit les déformations et les spéculations des médias, on se dit que le secret de l'instruction est préférable, mais les médias spéculeraient-ils et déformeraient-ils tant s'ils en savaient plus ? 
Le secret de justice a plusieurs raisons d'être, en particulier il garantit l'efficacité de l'enquête criminelle, l'impartialité du procès et du jugement, le respect du principe de présomption d'innocence des témoins assistés.. Récemment, son existence a été justifiée comme protection du droit à la vie privée, au bon nom et à la réputation des intervenants, autrement dit les individus soupçonnés, assistés par un avocat et présumés innocents jusqu'à condamnation définitive (quand aucun recours n'est plus possible), . 
Pour ces motifs, la dernière révision constitutionnelle insert le "droit au secret de justice" dans les droits fondamentaux et détermine que "la loi définit et assure la protection adéquate du secret de justice".
L'information disponible dans le domaine public à travers les médias au cours d'une enquête est délibérément, du moins dans les pays à système inquisitoire, restreinte par rapport aux faits connus par les enquêteurs.
Or, si la violation du secret de l’instruction est un délit banal et rarement poursuivi, le deuxième chef d’inculpation est plus grave. C’est une infraction créée par la loi du 9 mars 2004, dite Perben II. Elle vise toute personne qui, du fait de ses fonctions (un avocat ?), a connaissance d’informations issues d'une enquête ou d'une instruction en cours concernant un crime ou un délit, et qui en informerait « sciemment » un suspect dans le dessein d'entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité (art. 434-7-2 du CP).

L’addition peut être lourde : de 2 à 5 ans de prison et de 30 à 75 000 € d’amende, selon les cas. Et pour un policier, comme c’est devenu la règle, la présomption de culpabilité prévaut sur la présomption d’innocence. La mise à pied immédiate est de rigueur.
Les réticences de la plupart des enquêteurs à parler d'une affaire en cours sont aussi notoires que l’insatiable curiosité des journalistes. Le dialogue de sourds est rituel ("l’enquête suit son cours, aucune piste n'est écartée, à ce stade on ne peut e dire plus" face au "les citoyens ont le droit d'être informés"). Ce n'est pas un jeu, la réalité ne se livre pas en morceaux épars, il ne s'agit pas de la "cacher", mais souvent aussi, pour les enquêteurs, de ne pas révéler ce qu'ils savent afin d'obtenir des aveux dits circonstanciés, c’est-à-dire fondés sur des détails que seul le coupable peut connaître. N’importe qui peut s’accuser de n’importe quoi, mais seul le vrai coupable pourra donner certaines précisions qui le rendront crédible.


Sécurité vs Sûreté 
La sécurité est associée aux événements accidentels et involontaires. C'est l'ensemble des moyens destinés à faire face aux risques techniques, physiques, chimiques et environnementaux accidentels pouvant nuire aux personnes et aux biens.
Ainsi quiconque fait savoir qu'il a laissé une porte ouverte pour permettre à un petit enfant de sortir d'un appartement sur un balcon dangereux oublie que le complexe avait multiplié les mises en garde, bien que cela tombe sous le sens, déconseillant de laisser les enfants sur la véranda sans surveillance.  
La sûreté est liée aux actes de malveillance volontaires. C'est l'ensemble des moyens mis en œuvre pour faire face aux actes spontanés ou réfléchis ayant pour but de porter atteinte aux personnes et aux biens. 
Ils ont dit avoir pensé que les lieux étaient "sûrs",  on ne leur a jamais demandé pourquoi ils pensaient qu"il était "sûr" de laisser un enfant  seul dans une situation où il pouvait accéder à un dangereux balcon ou à une cuisine. On ne leur a jamais demandé non pourquoi, à leur avis, il était acceptable de risquer, en les laissant seuls, que des enfants pleurent pendant une demi-heure.Est-ce que Praia da Luz était suffisamment "sûr" pour laisser une porte ouverte et visiblement ouverte avait du sens? 

La sécurité a des composants émotionnels et physiques, bien-être émotionnel et protection doivent aller de pair pour que la sécurité soit réalisée. Un câlin ne suffit pas à protéger l'enfant du monde qui l'entoure. Un enfant dans son lit peut être en sécurité la nuit, mais il ne se sentira pas en sécurité s’il croit qu’un monstre se cache dans le placard. La sécurité est comme un parapluie lors d’une tempête, il vous protège de la pluie. Les prévisions météorologiques vous avertissent qu'il va pleuvoir, mais la sécurité exige toujours notre participation: Sensibilisation + Préparation = Sécurité.
En tant que société, nous ne pouvons plus nous permettre de vivre dans un monde où nous espérons simplement que rien ne se passera et que nous compterons ensuite uniquement sur les premiers intervenants pour nous sauver lorsque quelque chose se produira.


Sédation 
Les moyens de distinguer un "sommeil" profond d'un coma sont multiples. Il y a des arguments cliniques de base et toute une flopée d'examens complémentaires accessibles. Aucun médecin "d'expérience" ne peut actuellement être blousé entre un sommeil profond et un coma. Frédéric Joye
Inhalation, ingestion, injection ? Surtout indétectable.
Un gaz anesthésique peu volatile, à diffusion rapide, incolore, inodore, et non toxique exige

un dispositif car ils existent tous sous forme comprimée pour les blocs opératoires (gaz halogénés principalement : halothane, isoflurane, etc.), ou bien sous forme d'obus de transport (du type bouteille d'oxygène) comme le protoxyde d'azote, kalinox ou l'entonox (très utilisés en pédiatrie).
Dans la dimension éther ou chloroforme, soit tout le monde l'aurait senti, soit les gaz répondent aux critères "inodore, incolore...", mais ce sont des toxiques lésionnels dont on ne se remet pas ou très mal, genre cyanidrés ou monoxyde de carbone ou...

En revanche, l'ingestion répétée de petites doses de produits sédatifs, notamment sous forme liquide ou orodispersable "fortement" dosés pour des nourrissons est envisageable. Dans ce cas, la batterie potentielle des produits est beaucoup plus conséquente, depuis les benzodiazépines en passant par les antihistaminiques. Il existe notamment des formes très concentrées, à usage anesthésique exclusif, comme par exemple le midazolam à 50 mg dans 10 ml. La posologie d'entretien d'une sédation par voie intraveineuse est de 0.1 à 0.2 mg/kg/heure. Une goutte du produit de temps en temps par voie orale, la diffusion muqueuse étant bien connue est utilisée en pédiatrie, permet certainement d'entretenir une sédation savamment dosée pour un bébé ou petit enfant. Les doigts qui régulièrement vont s'assurer que les petits respirent ?

Une bonne administration de diazépam (Valium) injectable en intra-rectal marche parfaitement, aucune trace sur la peau, la face, pas d'odeur... A tel point que c'est le traitement préconisé des convulsions hyperthermiques de l'enfant à faire administrer par les parents. Il n'est pas très difficile de s'en procure. Le Valium, indépendamment d'être un anti-convulsivant, est un excellent sédatif, comme toutes les benzodiazépines. Et tout parent qui a eu à administrer du Valium à son enfant pour une crise convulsive reconnaît que ce qui fait peur, c'est l'état de léthargie profonde et prolongée dans lequel est plongé leur enfant...

Les benzodiazépines ont une demi-vie d'élimination rapide. Si un prélèvement sanguin ou un recueil d'urines n'est pas réalisé dans les 12 à 24 heures, la molécule a été totalement métabolisée et éliminée dans les urines (métabolisme hépatique puis élimination urinaire). Quand à la détection de traces de ce produit dans l'environnement immédiat (vêtement, drap, oreiller, etc) est-elle possible ? L'administration intra-rectale ne laisse aucune trace.

Could  Madeleine's apparently excessive tiredness on that last Thursday afternoon have been caused by some kind of tranquillizer administered earlier in the day, or even the night before ? (M*)  
Quel soporifique aurait-on pu lui administrer la nuit précédente (avant minuit, heure du retour des parents) qui l'aurait laissée normale le lendemain matin et à l'heure du déjeuner ? Existe-t-il des sédatifs à effet retard d'une trentaine d'heures ? Kate a une certaine formation en anesthésie, elle devrait donc savoir de quoi elle parle. Les benzodiazepines, par exemple, n'ont pas d'effet retard, une demi-vie très courte et ne laissent pas de traces. Qui aurait pu sédater Madeleine pendant la journée ? Une nanny ? Secrètement ?
Les MC comme tout couple «normal» ont voulu avoir un peu de temps pour eux. Il en est (peut-être) résulté qu'ils ont risqué tout ce qui leur importait et qu'ils ont perdu. C'est une effrayante punition pour avoir fait quelque chose que beaucoup d'autres font. De nombreux parents ont admis avoir sédaté leurs enfants lors de vols et de longs trajets en voiture. Ainsi, sédater des enfants afin de passer une nuit sans problèmes ne fait pas d'un parent un «monstre».



Sens  
La seule culpabilité qu'admettent les MC est de "n'avoir pas été là lorsque Madeleine a été prise". Cette déclaration n'a pas de sens si un enlèvement a eu lieu puisque Madeleine n'aurait évidemment pas été enlevée si au moins un de ses parents avait été là. Mais si on entend, au lieu "a été prise", "est morte", alors la phrase prend tout son sens.

Sépulture
La majorité des dépôts de restes humains correspondent à des sépultures, autrement dit trahissent des rites funéraires. Quand le corps ne pouvait être récupéré, on construisait un cénotaphe.
Lorsque le corps disparaît en mer, privé des rites funéraires appropriés, le défunt habite un « entre-deux », entre le monde d’en haut des vivants et le monde souterrain auquel il n’appartient pas encore, ne pouvant passer les portes d'Hadès. La mort en mer représente ainsi une forme « “d'outrage au cadavre”, c’est-à-dire le traitement qu’on veut infliger aux ennemis morts pour qu’ils ne deviennent pas mémorables, pour les laisser pourrir » (Vernant, 2009, p. 91).
«Dans le monde grec ancien, le devoir de sépulture est lié au culte des morts. C'est ce culte qui assure au défunt une survie, non pas d'abord dans un au-delà de confort individuel, mais au tréfonds de la mémoire collective, dans le souvenir entretenu (ou enfoui) au sein de la communauté qui seule survit. La privation de sépulture équivaut à une condamnation, un manquement à la mémoire et à l'intégrité du mort, à la seule survie qui lui soit assurée, celle de la pérennité de son image dans la mémoire sociale. Le tombeau est un signal, marquée par une stèle. Un signe renvoyant à un signifié. Négliger ce signe, c'est tuer une seconde fois le mort. La sépulture est trace physique qui unit les survivants au mort, une nécessité pour le deuil.
Antigone nous a appris que pour certains, la privation de sépulture est insupportable. Quel que soit le lieu, il faut savoir où se trouve le mort..
De nombreux restes humains sont mis au jour au sein d'espaces détritiques. Abandon ou d’une privation de sépulture ? Volonté délibérée d’assimiler le cadavre à un déchet ? Pour quelles raisons ? Où, quand et dans quels contextes ? Comment, par qui et pourquoi certains individus sont-ils délibérément jetés dans des dépotoirs ou les décharges ? Qui sont-ils ?



Servitude (médiatique)
Pour avoir une chance de retrouver Madeleine vivante, l'histoire des MC doit rester dans l'actualité. Pour ce faire des initiatives sont entreprises, dotées chacune d'un parfum de nouveauté, de l'annonce de découvertes inédites afin de "vendre" médiatiquement. En même temps il faut protéger la vie privée, c'est là que s'avère utile le spin doctor. Il contrôle l'accès. Ainsi, dans Madeleine was here, on ne voit que ce que les MC veulent montrer, une vie familiale quotidienne parfaite avec une seule ombre, l'absence de Madeleine. Les médias ont besoin des MC, mais réciproquement les MC ont besoin des médias. Le compromis est délicat quand, une fois de plus, il s'agit d'avoir le beurre (la notoriété médiatique) et l'argent du beurre (la préservation de la vie privée)
 


Signalements (aléas des)
Les signalements, même se révélant faux, ont un étonnant et durable pouvoir de persuasion, ils suggèrent que MMC est vivante (comme en témoignent les propos de l'avocate portugaise des MC). Ils se multiplient exponentiellement au fur et à mesure que l'affaire gagne en visibilité médiatique. Il est inévitable que les signalements à haut profil génèrent des dizaines de témoins soucieux de leur quart d'heure de gloire. Les forces de police doivent au moins vérifier le non-invraisemblable, mais les effectifs sont limités.
Incroyable, mais vrai : Une femme était si convaincue d'avoir vu Madeleine avec un homme qu'elle a essayer de la prendre à cet homme, qui s'est révélé être un footballeur croatien. Quant à l'enfant, c'était un garçon et son âge 2 ans... Dans les Midlands un homme, dénoncé par un passant parce que sa fille ressemblait à Madeleine, a été mis en garde à vue.

Faut-il supposer que Gerald et Jeremy sont incapables de vision périphérique et sont limités à une vision tunnelisée, puisque aucun d’eux n’a remarqué Jane à aucun moment alors qu’elle marchait le long de cette rue ?
Ce n'est pas dire que Jane a inventé Tannerman que dire qu'il n'est pas possible qu'elle soit passée à moins d'un mètre de deux personnes dans une rue déserte sans qu'au moins l'un d'eux ne l'aperçoive. Le sens commun le veut.

Jane portait des "flips flops", autrement dit des sandales sonores, qu'aucun des deux hommes ne les ait entendues dans le silence de la nuit n'est pas plausible.
À partir de là, nous pouvons examiner comment les témoins peuvent faire des déclarations fausses ou erronées.
Il n'y a pas de solution de substitution et il n'est pas nécessaire qu'il y en ait une pour questionner la déposition non plausible de Jane. Jane avait-elle une raison de ne pas dire la vérité ? Ou s'est-elle trompée ? Ou a-t-elle confondu ? Et en fait rien de cela n'a d'importance, parce que ce qui a poussé Jane à faire cette déposition ne change pas un iota au fait que sa narration est hautement improbable. Pour ne rien dire du fait qu'il s'agit d'une seconde version du signalement, celle contée pendant la nuit est bien différente.

Silence (droit au)
Le droit au silence procure certains bienfaits, surtout aux personnes qui ont quelque chose à se reprocher.


 Solidarité
Se tenir par la main est une chose, se tenir par la main devant les caméras en est une autre. Mais ce que l'on tient vous tient. Qu'est-ce qui unit profondément, solidement ? La solidarité dans la culpabilité (la négligence) et/ou l'innocence ? Le partage d'un lourd et terrible secret?


Sophisme


Un sophisme est un argument, raisonnement, qui apparaît comme rigoureux ou logique, mais qui en réalité est faux, malgré une apparence de vérité.






Souffrance
Selon les MC, la confirmation, par le tribunal (février 2010) du retrait de la vente du livre de Gonçalo Amaral démontre l'absence d'élément matériel indiquant que Madeleine ait souffert. À la limite, s'il en est ainsi, si Madeleine va bien, grandit sans traumatismes, faut-il la chercher ? Pourquoi ne pas attendre qu'elle revienne de son plein gré ?
 

Soupçon 
Engager une batterie multinationale et prestigieuse d'avocats, lui adjoindre une batterie multinationale et prestigieuse de chargés de communication pour se défendre alors que votre enfant vient de disparaître est propre à éveiller les soupçons. Les éléments des dépositions, pris un à un, semblent inoffensifs, ce n'est lorsqu'on les recoupe avec d'autres que le soupçon surgit, car la logique voudrait que, sémantiquement, ces éléments points dans la même direction et, clairement, ce n'est pas le cas. 


Source (origine)





Spin doctor ou Docteur Folimage
C'est une personne qui tord les vérités impopulaires pour les rendre plus acceptables, plus digestibles, un embobineur. 
Faiseur de roi, éminence grise, conseiller de l'ombre, expert en retournement d'opinion, modeleur ou doreur d'image, fabricant de consensus, maître ès manipulation, gourou.
 


Story Telling

L’histoire qu'assène jour après jour la propagande médiatique n'a aucun fondement, c'est donc une mauvaise cause. Rien n'indique que MMC ait été enlevée, on ne sait pas ce qui lui est arrivé. Elle a aussi bien pu mourir accidentellement ou être sortie et avoir fait une mauvaise rencontre 
Le volumineux dossier de la PJ raconte une histoire bien différente du story telling médiatique. C’est à partir de cette réalité-là que le procureur de la république, souverain dans cette affaire, a statué, mais les médias n'ont pas voulu lire son rapport, pourtant traduit pro bono sur la Toile. Il en a résulté un enchaînement de réactions lamentables, symptôme du délitement de l'institution médiatique (défiance) et de ses conséquences sur l’opinion (désarroi).

Story telling
La narration est un élément clé de la culture humaine. En matière de politique et de pouvoir, les histoires ne sont plus seulement bonnes à raconter, elles sont une matière à façonner et sur laquelle influer - de sorte qu’elles sont souvent utilisées pour induire en erreur ou pour tromper.
On préfère toujours une histoire qui vous réconforte à une vérité qui vous fait le la peine.


Stun Gun
Aussi appelé "Taser" et "Choker", cette sorte d'arme, qui propulse sur la cible deux électrodes, s'utilise à bout portant. Le point d'impact est sans importance. La décharge, de haut voltage (plus il est élevé, plus rapide est l'effet) mais de faible intensité, traverse les vêtements et la peau. Bien que les fabricants garantissent que la vue et le son d'un tir en l'air suffisent pour intimider, la vente est libre sur Internet, la livraison étant restreinte aux EUA à certains États, mais possible en Europe.
Bouleversant les transmissions entre le système nerveux et les muscles, il paralyse transitoirement la cible. Un impact d'un quart ou d'une demi-seconde secoue désagréablement. Un impact d'une ou deux secondes provoque des spasmes musculaires douloureux et plonge dans un état d'hébétude. Un impact de plus de trois secondes déséquilibre, fait perdre tout contrôle musculaire et provoque une confusion mentale. La cible récupère entre 5 et 15 minutes plus tard, sans dommages à moins que la décharge n'ait été longue et répétée.



Suicidaire (état)

Quand KMC a dit à Alan Pike (selon le témoignage de ce dernier) qu'elle avait des pensées suicidaires, il n'était pas qualifié pour évaluer le risque de suicide chez elle. Cependant il a déclaré être arrivé (arbitrairement car il croit que Kate n'a parlé de ces pensées qu'à lui) à la conclusion qu'elle ne le ferait pas. Pike n'avait pas autorité pour en décider et ni pour se prononcer sur ce sujet. Il n'est pas un professionnel de santé mentale, et même pas psychologue, il est un "conseiller de crise". Ou bien le livre de GA a dévasté leurs vies et amené KMC au bord du suicide, comme ils le prétendent devant la cour, ou bien il n'avait pas d'importance et est resté téléchargé sur leur ordinateur pendant des mois (après avoir été envoyé par Michael Wright), non lu, parce qu'ils avaient "mieux à faire qu'à le lire".

Où est la vérité ?

Si quelqu'un souffre de dépression et va voir son médecin, ce dernier émet un avis sur la sévérité des symptômes décrits. Il peut prescrire des médicaments et un l'appui psychologique ou seulement un appui psychologique. Si quelqu'un va voir son médecin à cause d'une dépression telle qu'il/elle a des idées suicidaires, le médecin prend RV immédiatement avec un psychiatre afin d'évaluer la gravité du risque. Il est incompréhensible que ce protocole courant n'ait pas été appliqué à KMC, agitée par des idées suicidaires à cause du livre de GA, le dossier conséquent devant être remis au tribunal. Il est possible que l'histoire médicale de KMC n'ait pas été présentée à la cour parce que le traitement anti-dépresseur/anxiolytique a été administré avant la sortie du livre de GA. Il serait facile de comprendre que le traumatisme d'avoir perdu Madeleine, quelles que fussent les circonstances, ait exigé une telle aide médicale. Le problème est que si KMC a été prise en charge médicalement avant la publication du livre, elle ne peut s'y référer devant la cour puisqu'elle réclame des dommages à GA pour avoir été la cause de sa dépression.


Supporter

Ils ne croit pas, ils veut croire et donc ne s’intéresse pas à ce qui peut briser le mythe. Au fond ce n’est pas bien nouveau. Ce qui l’est, c’est qu’il ne semble plus exister de garde-fou contre cette tendance à préférer l’erreur qui plait à la réalité qui dérange. La raison est sommée par l’émotion de s’incliner. Et l’émotion trouve un puissant allié dans ce post-modernisme qui affirme qu’il n’existe pas une vérité, mais des vérités et qu’il est donc possible de choisir la sienne.
le populisme, sous couvert de défendre le peuple contre les élites, il ne fait jamais que jouer le peuple contre le peuple.


Suspect (idéal) 
Pourquoi avoir accusé des maghrébins (question posée à Marie, la fausse victime de la fausse agression anti-sémite du RER) ? 

Parce que, quand je regarde la TV, c'est toujours eux qui sont accusés"



Suspect ou non suspect
À l'inauguration de la re-lecture, Andy Redwood n'avait d'autre choix que de dire que les MC n'étaient pas suspects. Compte tenu du cahier des charges limité à l'enlèvement, il ne pouvait rien dire d'autre. Compte tenu des médias à l'affût non plus.



Synergologie
C'est l'étude du rapport entre le langage du corps et celui des mots.

Un témoin qui cache sciemment des éléments d'information importants pour la progression d'une enquête criminelle, doit prendre garde à l'auto-contradiction et à l'incompatibilité avec ce que l'enquêteur sait ou peut découvrir. L'état de tension que suppose la construction d'un discours à allure véridique s'inscrit dans le discours, des hésitations, l'auto-rectification, un ralentissement du débit, des pauses, un délai dans la réponse, le regard qui fuit, les bras et les mains suspendus.

Le polygraphe est une méthode permettant de détecter un mensonge à travers l'enregistrement et la mesure de trois système physiologiques (respiratoire, circulatoire et glandes sudoripares). Il détecte l'émotion, ce qui en soi ne prouve rien.

L'analyse du stress de la voix (voice stress analyser) est une méthode permettant de détecter un mensonge à travers les changements de fréquence vocale dans l'enregistrement des micro-vibrations de la voix. Là encore l'émotion ne révèle rien de plus qu'elle-même.

Parmi les indicateurs langagiers associés au récit mensonger, il y a l'utilisation d'adverbes généralisant comme toujours, jamais, personne, tout le monde, la généralisation permettant de se distancer des événements, l'abondance de détails superflus, les lapsus, etc.