Ce que l'on a entendu sur l'affaire MC est-il vrai, bon et utile ?
01 – Christian B, qui vivait dans l'appartement d'un ami dans le quartier où il habitait avant sa détention et où il tenait un kiosque, semble avoir quitté Brunswick. Le porte-parole de la police, Lars Dehnert, a déclaré au Braunschweiger Zeitung qu'il se trouve actuellement dans un autre Land. L'escorte policière s'est déplacée avec lui.Les habitants auraient organisé des veillées de surveillance et appelé la police à la rescousse. CB n'aurait pas facilité la tâche de ses gardes, il aurait réussi à échapper brièvement à ses surveillants à vélo, pour ensuite appeler les secours et demander où se trouvait son escorte. Officiellement, il n'y a eu aucun incident, mais CB aurait régulièrement joué au chat et à la souris avec la police.
Presque 19 ans et on en parle encore de l'affaire MC, tout simplement par manque de point final.
Le cerveau maintient une tâche inachevée dans un état de tension active, y revenant sans cesse, la gardant en veille, refusant de la classer. Tant que la tâche n'est pas menée à bien, elle est en suspens jusqu’à ce qu’une résolution soit trouvée et elle refait surface dans les moments d’inactivité, attirant notre attention en marge d'autres tâches. Ce n’est pas un défaut, c’est une caractéristique de la cognition. Le cerveau a évolué pour mener les choses à leur terme. Maintenir un signal actif augmente la probabilité d'y revenir.
Dans le monde moderne, c’est la vulnérabilité de l’attention humaine qu'on a le plus exploitée. Netflix n’a pas inventé le cliffhanger, mais l’a industrialisé : lorsqu’une série se termine sur une question en suspens, non seulement la curiosité est éveillée, mais un signal dans le cerveau reste actif jusqu’au prochain épisode le referme. Le cerveau fait exactement ce pour quoi il a été conçu : revenir à ce qui n’est pas terminé.
Chaque tâche accapare une part modeste mais bien réelle de notre attention disponible, détournant légèrement notre concentration et réduisant notre capacité à être pleinement présent dans ce que nous sommes en train de faire à un instant précis. Les tâches inachevées ne restent pas passivement en mémoire, le cerveau exécute son système de reprise simultanément sur plusieurs signaux, dans un environnement qui en génère de nouveaux plus rapidement que n’importe quel système nerveux humain n’a été conçu pour en traiter.
David Allen a fondé l'intégralité de son système Getting Things Done (approche de gestion de temps et de productivité qui vise à aider les individus à se libérer de distractions mentales et à se concentrer sur les tâches les plus importantes) sur l'idée que la seule façon de s'affranchir des signaux est soit d'accomplir la tâche, soit de s'engager fermement à la mener à bien plus tard. Noter quelque chose produit le même effet sur le cerveau que l'accomplissement. La capacité mentale est libérée et, sans avoir résolu le problème, on est soulagé. Le système de relance du cerveau s'est mis en veille.
L'inverse est tout aussi vrai et bien plus destructeur. Chaque tâche qui ne vit que dans votre tête, non notée et non planifiée, épuise nos ressources cognitives 24 heures sur 24. Le coût mental n'est pas proportionnel à l'ampleur de la tâche. Une minuscule obligation lancinante consomme autant d'énergie qu'un grand projet. Le cerveau fait la distinction non en fonction de l'importance mais en fonction de l'achèvement.
Un signal actif est le levier le plus puissant à la disposition de quiconque souhaite retenir l'attention humaine. C’est la découverte la plus précieuse de l’histoire des médias. Et personne ne l'enseigne à l’école.
03 – Le Deception Detective est de retour, brièvement.
I, Robot
Mai
04 – Heretics : The biggest cover-up in British History - Andrew Gold interroge Matthew Steepples. Sauf que ce dernier ne veut pas aller au bout de son observation tabou (l'enlèvement est une couverture) et déploie une grande volubilité pour noyer le poisson qu'il vient de sortir de l'eau. Comme pour diminuer le poids d'une déclaration aux implications incontournables (s'il n'y a pas d'enlèvement, les parents ne peuvent pas ignorer ce qui est arrivé), MS essaie de relativiser, de maintenir dans le flou et de détourner l'attention sur la négligence (or les parents étaient peut-être radins, mais ils étaient de bons parents). Penser qu'il lui suffirait de lire quelques PGFiles pour comprendre ce qui s'est passé !
05 – Gonçalo Amaral, 19 ans plus tard, interviewé par une journaliste qui manifestement sait si peu de l'affaire MC qu'elle ne relance pas son invité sur des propos qu'il est le seul à tenir mais qui, rapportés de manière quelque peu décousue, risquent fort d'échapper aux auditeurs.
GA précise qu'il n'était que le coordinateur opérationnel de l'affaire MC, dirigée par le directeur de la PJ en Algarve, décédé (Guilhermino Encarnação), le directeur national de la PJ, Alípio Ribeiro (réformé) et le directeur national adjoint de la PJ dans la lutte contre le banditisme (Luis Neves, aujourd'hui ministre de l'Intérieur).
Il remarque que, étrangement, les parents de M ont fait pression sur la police pour savoir ce qui était arrivé à leur fille, mais n'ont pas dit qui elle était, ni permis que cela fût connu, la police ne sachant que son nom et pas grand chose d'autre car les autorités britanniques ont considéré injustifié de fournir, par exemple, les données cliniques concernant M.
Quant au point sur lequel, malheureusement, GA n'a pas été relancé, il s'agit du prétendu viol de DM. On comprend que le BKA, anxieux de découvrir une preuve de la culpabilité de CB et ayant fait chou blanc en Californie où DM, souffrant de la maladie d'Alzheimer, était inaccessible, aurait prélevé un cheveu sur un drap et fait déclarer par un laboratoire allemand qu'il appartenait à CB, alors en prison préventive pour trafic de drogue : " Il y a des enquêtes que le ministère public au Portugal devrait mener. Il devrait savoir pourquoi (les Allemands) sont allés chercher ce CB, pourquoi ils sont allés chercher ce dossier de pseudo-viol à Praia da Luz des années auparavant ? Pourquoi le matériel de preuve, dûment analysé par la PJ, n'a rien révélé ? Pourquoi ce matériel, remis ensuite à la police allemande à Portimão, a-t-il été gardé à l’hôtel où les policiers allemands ont séjourné pendant une semaine avant de l’emporter en Allemagne ? Comment ils ont eu le culot de dire au tribunal, lorsque le juge leur a posé la question, que tout était scellé ? C'était un mensonge, rien n'était scellé. Alors, comment ce cheveu est-il apparu là-bas ?"
Une famille de 4
06 – Selon les médias britanniques, les enquêteurs de la police métropolitaine tenteraient actuellement de faire venir au Royaume-Uni le suspect allemand Christian B afin qu'il soit jugé pour le meurtre et l'enlèvement de M.
Jim Gamble en rêvait, Christian coche toutes les cases ! L'espoir est vif et le Met a sûrement un élément de plus que les Allemands l'incitant à demander l'extradition de CB. JB souhaite que les MC puissent tourner la page ainsi que les Britanniques, "très divisés sur cette affaire".

