Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

C


Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement




Cacher
Cadavre
Campagne (faire)
Campagnes (effets pervers des)
Calomnie
Cat
Cat (Cuddle)
Catholicisme, culpabilité et blâme 

Célébrité et hubris
Censure et esprit de contradiction
Cerveau (tri-unique)
Chambre
Charité (Bienfaisanxe)
Chasse (au ravisseur)
Choeur (de la tragédie grecque)
Choix
Chronos vs Kairos : temps des horloges et instant T
Cirque (médiatique)
Clef
Clivage
Cold Case
Colobome
Comment or No Comment
Compassion
Complot (théorie du/ Conspiration
Confabulation
Connivence
Conseils
Consensus (recherche du)
Corps médical
Corrélation
Crèche
Crédo
Crime (non élucidé)
Crime (scène de)
Crise (gestion de)
Croyance et Confiance
Croyance et Crédulité
Croyances et Internet
Culpabilité


Cacher
Il n'aurait jamais cru probable ou possible que le ministre ait déposé la lettre immédiatement sous le nez du monde entier, de manière à empêcher le mieux possible une partie de ce monde de la percevoir. La meilleure cachette est celle qui est à la vue de tous. C'est celle qui crève les yeux, on a tendance à chercher loin ce qui se trouve tout près. 
Dans "la lettre volée" de E.A. Poe, la lettre volée est en sus dérobée au regard, détournée. Le principe est qu'un objet ne peut être mieux caché qu’à sa place, en évidence mais retourné en son contraire. La meilleure cachette est dans l’objet à cacher lui-même. La police cherche un objet caché, non pas cachant, mais se cachant à l'intérieur de lui-même. 
On ne cherche pas de la même façon une petite fille vivante et une petite fille morte. Par complaisance vis-à-vis de la conviction inébranlable des MC (enfant enlevée, séquestrée) et malgré la totale absence d'indice fiable, la PJ a cherché une petite fille vivante, détournant ce faisant la recherche de la petite fille morte.



Cadavre
L'inspecteur en chef Peter Kirkham, de la brigade criminelle de Scotland Yard, observe que trouver le corps, lorsqu'un meurtre a été commis, est absolument crucial, même plusieurs mois après. L'enquête peut ainsi avancer immensément et suivre de nouvelles pistes. Il y a des échantillons de terre à analyser, d'autres traces forensiques à détecter et des objets à examiner. Sans corps, vous êtes à la première marche, avec un corps, à la neuvième
Trouver le corps d'un disparu ne résout rien, mais il est vrai que l'affaire est plus à même d'aller devant les tribunaux.  
Traditionnellement, une fois séparé de la personne, le corps humain est une chose. Cependant la dépouille est une chose sacrée, à savoir digne de respect, dont on ne peut pas faire n'importe quoi. Le cadavre reste une personne humaine bien qu'ayant perdu le statut d'être humain. Le respect dû à l’intégrité corporelle, ne cesse pas avec la mort, qui traduit simplement un changement interne indéniable et non un changement de nature.
Un cadavre de dix jours ou de mille ans est toujours un cadavre aux yeux de la loi même si un examen approfondi tend à mettre en évidence une distinction pratique entre un cadavre récent et les restes humains anciens.
On peut kidnapper un corps afin que les éléments de preuve trouvés sur le cadavre ne mène la police jusqu'à vous.
Tout prédateur se serait hâté de sortir de PDL aussi rapidement que possible et se serait débarrassé du corps aussi loin que possible de la scène du crime au lieu d'attendre, une pelle à la main, d'être pris en flagrant délit.
Quand SY cherche un corps enterré dans un terrain vague à PdL on comprend que l'enquête ne recherche pas un ravisseur, car un prédateur enterrant l'enfant aussi près de la scène du crime ne semble pas un scénario viable. Le terrain est sec et dur et le risque d'être aperçu et identifié trop grand. Or, le seul motif du fossoyeur était d'éviter d'être identifié par son ADN.


Campagne (faire)
Beaucoup de gens pensent (ou préfèrent penser) que MMC est sortie de sa propre volonté, car c'est la seule manière de justifier le fait que les parents aient lancé des campagnes pendant si longtemps. L'argument est pourquoi feriez-vous cela et augmentiez ce faisant le risque d'être découvert ? Cet argument n'est pas irréfutable. S'ils convainquent les gens de leur innocence en lançant des campagnes, cela ne vaut-il pas la peine de continuer ? A fortiori si vous savez qu'il n'y a aucune chance que ce qui est arrivé soit jamais découvert. Il est tout à fait possible que les MC continuent à faire campagne précisément parce qu'ils sont certains que le corps de MMC ne sera jamais trouvé. Il est quelque peu sinon paradoxal du moins surprenant qu'on songe à ponctuer le moyen terme d'événements sensibilisant sur la disparition (50è, 100è, 200è, 500è jour) alors qu'on affirme que Madeleine est vivante et donc trouvable à court terme. N'est-ce pas au fond essayer de maintenir Madeleine en vie virtuelle le plus longtemps possible ? Tant qu'il n'y a pas de preuve de sa mort, elle est vivante (voir argumentum ad ignorantum). Il serait aussi absurde de dire que tant qu'il n'y a pas de preuve qu'elle est en vie, elle est morte.
Ils parlent de "crime haineux", de "ravisseur horrible", comment peuvent-ils en même temps décréter que leur enfant n'a pas souffert (no harm) ?
Faire campagne est du boulot : demander aux gens de chercher Madeleine, leur vendre des Tshirts, des rubans, des posters, mais aussi garder le monopole des questions (et des réponses), exiger des gens qu'ils s'en tiennent à ce qu'on leur dit, etc., et puis suppose des fonds, ce dont les MC ne manquaient pas.
Il doit être enrageant (pour eux) de constater que tout l'argent dépensé pour la gestion de leur réputation a été gaspillé. Ils n'ont toujours pas compris que leur notion de parentalité satisfaisante n'est pas partagée par d'autres. Cela n'a rien à voir avec leur sentiment de culpabilité, mais avec la pure ineptie de croire que tout ce qu'ils ont dit avoir fait était parfait. Ils s'accrochent au "comment pouvez-vous nous critiquer alors que nous avons perdu une enfant ?" S'ils n'avaient pas perdu une enfant, personne n'aurait rien su de leurs arrangements irresponsables, mais ils ont perdu et on le sait.
Que les gens fassent ou non campagne ne nous dit rien sur les raisons qui les y poussent.
Russell Bishop distribuant un tract demandant des informations sur les Babes in the Wood murders trois ans après son acquittement à l'issue d'un premier procès montre que faire campagne n'est preuve de rien. Les supporters des MC font constamment valoir que si les parents étaient coupables, ils n'auraient pas demandé une révision du dossier? Bishop était coupable mais a néanmoins lancé des appels à informations alors qu'il aurait facilement pu retomber dans l'oubli.
Un coupable qui veut qu'on le croie innocent doit logiquement adopter le comportement d'un innocent. C'est une réaction pertinente, car bien des gens ne soupçonnent pas les coupables de jouer les innocents s'ils ont l'opportunité de disparaître des radars.
Il a été suggéré que des coupables ne feraient pas campagne pour une révision de l'affaire. Un coupable l'a fait.... Par conséquent, il est possible que d'autres le fassent aussi.
Simple, logique et possible. 
"Faire campagne" est un bon slogan de relations publiques pour l'image des MC. Nous ne saurons peut-être jamais qui a eu l'idée de faire campagne pour rouvrir l'enquête. Les MC se sont entourés d'une équipe de relations publiques très habile qui s'est très bien tirée de ses campagnes successives depuis la disparition de Madeleine. Comment les parents réagiraient si l'un de leurs chargés de com suggérait de faire campagne pour une nouvelle enquête? Comment interpréterait-on le rejet des MC ? 
Lorsque vous utilisez un type pour gérer vos relations publiques et vous défendre coûte que coûte, quelle que soit votre culpabilité, il vous appartient de lui fournir des détails sur la raison pour laquelle on doit vous croire.
La campagne des MC a commencé vers 3 heures du matin le 4 mai 2007 et s'est poursuivie tout au long de la première enquête de la PJ.


Campagnes (effet pervers des)
Chaque campagne des MC se soldait par une avalanche de signalements aux quatre coins de la planète, impossibles à ignorer mais exigeant l'investissement de ressources policières et financières.
Les MC ont, malgré les préconisations de discrétion, mené des campagnes médiatique inacceptables dans la mesure où elles déclenchaient chaque fois des milliers de signalements qui ont fait perdre du temps et occasionné plus de dégâts que tout ce que la PJ a pu mal faire. Si l'affaire avait eu lieu au Royaume-Uni, la police serait certainement intervenue à en juger par l'action de OG qui néanmoins a mis un certain temps à devenir efficace.
 
Calomnie
Certains disent qu'on ne devrait pas discuter de l'implication possible de quelqu'un, parce que cela revient en fait à condamner sans jugement devant le tribunal de l'opinion publique. C'est ridicule : opinions et spéculations ne peuvent condamner personne. 
Ce qui est illégitime, c'est de tenir un discours sur quelqu'un en se fondant sur des faits qui n'existent pas ou affirmer qu'untel est coupable au lieu d'envisager clairement sa culpabilité comme une hypothèse. Les gens sont responsables de leur comportement et il n'est pas illégal d'en discuter en public (en prenant soin d'éviter ragots et commérage). Nous faisons tous des choix dans nos vies et nos choix nous suivent. S'ils amènent le public et la police à suspecter que nous sommes impliqués dans un crime, nous sommes responsables.

Cat
If it walks like a cat and talks like a cat, it may very well be a cat !


Cat (Cuddle)
Il s'agit d'un personnage essentiel de l'affaire MC, tout peluche qu'il soit, qualité qui du reste permet d'en parler sans réserve. Sa première apparition date des moments qui ont suivi la disparition de la petite fille à qui il appartenait. Selon KMC, qui dans une déclaration ????y voyait une preuve d'enlèvement (Madeleine ne serait jamais sortie sans lui ?), il se trouvait sur une commode ???? à côté du lit de Madeleine. Selon d'autres versions et sur les photos de la PJ ??? il était sur le lit, à côté d'une petite couverture "de réconfort" qui disparut on ne sait ni où ni comment (peut-être donnée aux chiens pisteurs et égarée ensuite). A partir de la disparition de Madeleine MC, CC vécut en grande intimité avec KMC, du moins en public ou devant les caméras qui se plaisaient à filmer ses doigts le caressant. Cette symbiose de substitution s'acheva avec le retour au RU. CC disparut totalement de la scène médiatique. Il semblerait pourtant qu'avant ces tragiques événements, CC accompagnait de temps à autre KMC dans son activité ponctuelle de médecin généraliste. Il serait même allé avec elle faire des constats de décès. D'où l'état de transe dans lequel il mit Eddie, le détecteur de cadavre. Il était pourtant passé par la machine à laver.
En revanche, sur aucune des très nombreuses photos de Madeleine à des âges différents qui ont été publiées, Madeleine n'apparaît ni avec CC, ni avec sa petite couverture rose, ni du reste avec un objet avec une peluche ou une poupée. On en déduit que cette petite fille n'avait pas le "syndrome de Linus"2. Et on s'étonne moins que CC et couverture n'aient pas disparu avec elle.
En revanche, un ravisseur souhaitant soumettre ou séduire le plus aisément possible sa victime aurait emmené avec elle et CC et la couverture de réconfort.
CC rapté ? Les photos du premier technicien de la police scientifique montrent CC et la couverture rose sur le lit de MMC. La petite couverture a été remise aux maîtres-chiens vers 2:30 h du matin. On suppose que les MC ont emmené CC lorsqu'ils ont quitté l'appartement, car il n'était plus sur le lit lorsque l'équipe médico-légale suivante a pris ses photos (après-midi du 4 mai). La PJ avait donc une très petite fenêtre d'opportunité pour prendre CC.


Catholicisme, culpabilité et blâme
KMC est catholique et à l’en croire prie énormément. Dans M* elle s’adresse à Dieu une fois toutes les deux pages et quand elle sent un danger elle envoie des textos à son groupe de prière pour monopoliser l’attention divine.


Célébrité et hubris


L'être humain s'installe facilement dans la célébrité, le statut social et la richesse, il se persuade vite qu'il doit cela à ses mérites et n'a pas à être reconnaissant pour ces bienfaits (sont-ce du reste des bien-faits ?). Mais la magie n'opère plus si bien, l'histoire arrive tôt ou tard à un point de saturation, faute d'arguments et d'éléments convaincants, elle est sous inspiration assistée, déjà les spin doctors sont à bout, enfin les tabloïds avec leurs grotesques titres tentent vainement d'attiser le feu et suscitent des heures de discussions et de disputes sans fin sur les forums, ne mènent nulle part.


Censure et esprit de contradiction 
Les MC veulent que le livre de GA soit retiré de la vente, etc... parce que, disent-ils, les gens risquent fort de croire au décès dans le G5A et de ne plus chercher Madeleine. C'est faire fi du principe de contradiction. Ne voit-on fréquemment des chevaliers de ce vieux principe combattre les théories de X ou Y ? Acharnés à prouver que les choses ne se sont pas passées comme tel ou tel écrit le prétend ? Les croit-on plus que X ou Y ? Certainement pas, on en conclut que les thèses de X ou Y ont une part d'ombre, comme à peu près toutes les thèses.
La recherche de Madeleine n'est plus active comme elle le fut au début lorsque des dizaines de personnes arpentèrent les environs de PDL parce qu'on espérait encore que Madeleine avait marché très loin, s'était égarée ou blessée. 
Quiconque croise une petite fille seule ou à l'air perdue, ou au comportement bizarre ou en larmes et seule est interpelé, qu'elle ressemble ou non à Madeleine. Et c'est heureux. Si Madeleine est détenue par un ravisseur, ce dernier ne peut ignorer qu'elle sera bien accueillie quoi qu'il soit arrivé. Prendre un bâton de pèlerin pour sillonner l'Algarve ? On s'intéresserait à un tel sacerdoce si quelque houlette était là pour guider ou, mieux, si quelque exemple était donné.
Censurer l'ouvrage de GM, c'est aussi faire fi de l'esprit critique des lecteurs. La vérité des MC se réduit-elle aux mensonges dont GA les soupçonne ? Ne se juge-t-il pas lui-même, intitulant pompeusement et oxymoriquement son livre "la vérité du mensonge" ? "La" plutôt que "ma" vérité sur un mensonge ? L'usage courant veut que la "vérité" soit le contraire de "mensonge", mais au même "vérité" s'opposent plusieurs termes ("erreur", "fausseté", "tromperie"). "Vérité" caractérise-t-il "mensonge" (il y aurait de vrais mensonges et d'autres qui, ne l'étant pas, seraient finalement des vérités) ou bien "vérité" est-il une composante de "mensonge" (il existerait une part de vérité dans le mensonge)
Ce sont des antonymes complémentaires ou polaires du fait de l’absence de terme médian (vrai ou faux) : la négation de l'un entraîne la vérité de l'autre. Le mensonge peut-il avoir une vérité ? Il y aurait des mensonges vrais et des mensonges mensongers ? Les seconds étant en fait des vérités ? GA sans doute veut-il parler de vrai mensonge et non de mensonge vrai ? Expose-t-il sa vérité sur un certain mensonge ou parle-t-il de la part de vérité d'un mensonge ?
En fait GA ne s'est pas posé toutes ces questions et n'a pas pris en compte la polysémie de "de" qui rend le titre ambigu. L'allemand a traduit "la vérité sur le mensonge" et c'est très le sens auquel songeait GA.
Une autre raison de censurer le livre de GA est imaginable, quoique sûrement erronée. Toutefois les plus de 12 mois qui séparent la sortie du livre du référé demandant le retrait de la vente, comme l'importance des dommages (1.250.000 €), invitent à se demander si le livre n'est pas surtout une menace pour l'approvisionnement du fonds. Si l'enfant est morte, à quoi bon un fonds, à quoi bon envoyer de l'argent pour aider les parents ? Curieusement cet argument n'a pas été avancé par les MC. Et pourtant il est autrement pertinent ! Car s'ils sont innocents, si M. est vivante, comment la chercher sans financement ?
La seule façon de couler véritablement la thèse de GA eut été d'obtenir de son équipe un désaveu.
Avoir obtenu le retrait de la vente et l'interdit de parler de la thèse a été dans un premier temps efficace : plus besoin de menacer de sévir (toujours par l'intermédiaire du spin doctor), la seule crainte de la sanction suffit.
Il s'agit de l'inférence (B s'infère de A si B est vrai dès que A l'est), de la paraphrase (A et B sont vrais dans les mêmes situations) et de l'antonymie, terme générique qui recouvre la contradiction (A et B ne sont ni vrais ni faux ensemble), la contrariété (A et B peuvent être faux ensemble, mais non pas vrais ensemble) et la subcontrariété (A et B peuvent être vrais ensemble, mais non pas faux ensemble).

Cerveau (tri-unique)
La réalité est plus complexe que la thèse de MacLean du cerveau tri-unique, qui défendait une certaine autonomie entre chacun des 3 cerveaux, reptilien, limbique et cortical.
Le cerveau reptilien est le siège de nos instincts de survie et de nos besoins fondamentaux comme la conservation, la reproduction, la respiration, le rythme cardiaque ou l’alimentation. A l’origine de nos réflexes innés et de nos pulsions les plus primaires, on dit qu’il est le cerveau de l’intelligence situationnelle. Lorsqu’il identifie un danger, il déclenche presque instantanément l’alarme pour libérer de l’adrénaline, ce qui a pour effet de mettre notre corps en état de stress de façon à ce que nous puissions répondre à la menace le plus rapidement possible.Le cerveau reptilien a la particularité de n’avoir qu’une mémoire à court terme. Il est « préprogrammé » selon les espèces et les individus, et puis ne peut pas s’adapter ou se modifier. 

Le cerveau limbique est le siège de nos émotions, de nos intuitions et de nos croyances. Il nous aide à différencier le bien du mal. C’est lui qui perçoit nos émotions ainsi que celles des autres, et qui exprime nos émotions. C’est grâce à lui que nous pouvons interagir avec autrui. Le cerveau limbique est rapide dans ses actions, comme le reptilien. Il peut déclencher des émotions presque instantanément. En revanche, contrairement à ce dernier, le limbique peut apprendre et s’adapter lentement. Son apprentissage est long et difficile car il a tendance à utiliser ce qu’il connaît de mieux, et donc à agir par réflexe plutôt que par de nouveaux comportements qui nécessitent plus d’efforts.

Le cerveau cortical, ou néocortex, est le siège de l’analyse, du raisonnement, du langage et de la créativité. C’est là que sont prises nos décisions rationnelles. Le néocortex est capable d’imaginer et de se projeter dans le futur. Il est curieux, nuancé et apte à prendre du recul. Il est le centre de l’intelligence rationnelle, et est apparu en dernier au cours de l’évolution.
Chez l’homme, le néocortex comprend environ 80 % de la matière cervicale. Il est capable de se modifier et de se développer de façon extraordinaire, au moyen d’apprentissages qui entraînent la création de nouvelles connexions neuronales.
Sans entraînement, il dispose de temps de réaction plus lents que les deux autres cerveaux, mais il peut maîtriser ces derniers grâce à sa faculté de conscience.
La conscience n’est rien d’autre que la capacité de notre cerveau cortical à observer les agissements de nos cerveaux reptilien et limbique. C’est donc avec de l’entraînement et notre capacité à tirer des leçons des expériences passées que nous pouvons augmenter la vitesse de traitement de notre néocortex et ainsi piloter le reste de notre cerveau, c’est-à-dire nos émotions et nos instincts.


Chambre
Dans l'inconscient collectif la chambre est le lieu de la naissance, de l'amour, de la mort. Quand la porte de la chambre des parents se referme, l'espace des mystères et des désirs est frappé d'interdit. Dans sa propre chambre l'enfant affronte les terreurs des cauchemars mais découvre aussi les paradis oniriques. C'est le lieu privé, à l'opposé de la vidéo-surveillance de l'espace public. L'individu y cesse d'être social pour n'appartenir qu'à lui-même, soustrait au regard d'autrui. De là il peut regarder le monde en restant hors de sa portée, dans l'ombre, enfermé dans la tanière des souvenirs mais à l'abri, assoiffé d'évasion mais protégé dans l'espace des secrets qui construisent, des secrets qui protègent, des secrets qui pèsent. La chambre est l'espace de l'intime par excellence. Que dire de la chambre d'emprunt, celle que l'on habite de manière transitoire ? N'est-elle pas un lieu de particulière vulnérabilité. On songe au Petit Chaperon rouge, dévorée par le loup dans une chambre étrangère, celle de sa grand-mère malade, où la protection de sa mère ne joue plus
Aussi toute intrusion est-elle ressentie comme une violation. Que dire alors si celle-ci s'effectue par la fenêtre, après crochetage des persiennes ?
Dans les contes, quand les parents laissent leurs enfants seuls, c'est afin de les abandonner, qu'ils soient des parents indignes ou qu'ils ne puissent subvenir aux besoins de leurs petits. Les laisser seul, c'est en quelque sorte les mettre en demeure de quitter leur demeure et de braver toutes sortes de dangers.


Charité (Bienfaisance)
Madeleine's Fund n'est pas une association caritative, mais une société privée LTD. Imaginons que le 1000è jour de la disparition ait été dédié à toutes les associations liées aux personnes disparues, imaginons que dîner et vente aux enchères aient été organisés pour financer ces associations. Imaginons qu'ait été annoncé à cette occasion que la recherche privée s'était aérée infructueuse et que, Madeleine étant une personne parmi des milliers de personnes disparues, faire bande à part était devenu obsolète. Aider les autres en fusionnant fonds et notoriété avec une association spécialisée en enfants disparus ne serait-il pas apparu comme le plus sûr moyen désormais de faire en sorte que la planète n'oublie pas Madeleine ?



Chasse (au ravisseur)

Une chasse au ravisseur est comme un jeu de chasse au trésor. Ou bien le trésor n'existe pas, ce qu'il faut deviner, ou bien il est caché et il faut interpréter les indices ou bien la chose a les apparences d'un trésor mais n'en est pas un.

Choeur (de la tragédie grecque)
Le choeur a une importance capitale dans la tragédie grecque, il est formé par les citoyens, costumés et masqués, l'assemblée anonyme du peuple. C'est "l'instance qui éprouve, accepte ou refuse, établit la vérité dite". Le choeur réclame des choses visibles, des preuves, une démonstration.
Le choeur tragique, en même temps qu'il prend part à la fiction du drame peut signaler aussi le rôle de la communauté civique, évoquant une dimension culturelle et des traditions de pensée indispensables à la compréhenion de l'oeuvre entière.
Comme si le fait que je l'affirme suffisait à constituer la garantie de la vérité.
Paroles oraculaires des mediums.



Choix
Dans Sophie's Choice , on ne peut pas vraiment dire que Sophie sacrifie un de ses deux enfants pour sauver l'autre, même si c'est cela qui la hante. L'alternative posée est perdre les deux enfants ou n'en sauver qu'un. Mais peut-on encore parler de choix dans un contexte de contrainte ? Le choix n'exige-t-il pas une liberté existentielle ? Tout au plus peut-on parler de sélection entre deux maux. Mieux vaut en sauver un, cela paraît évident. Ce qui est terrible, c'est la question du choix : lequel sauver ou lequel sacrifier ? Celui qui, si on sacrifie l'autre, s'en remettra le mieux ? Ce qui hante Sophie, vouée à une culpabilité abusive et à la haine de soi, c'est le regard de son fils quand elle hurle aux soldats qui emmènent ses deux enfants "sauvez le garçon !"

Certains êtres humains, face à une situation dramatique incontournable, sont capables de peser leurs options et de faire des choix. La décision prise changera probablement leur vie pour toujours. Nul ne sait, jusqu'au moment où il se trouve dans une telle situation, comment il réagirait. Il est difficile d'imaginer que les autres, même ceux que l'on connaît ou croit bien connaître,  puissent avoir des réponses ou des processus de pensée différents de ceux que l'on pense avoir. Ce qui semble être un choix monstrueux peut, pour ceux qui font ce choix, sembler être le seul ou le meilleur possible. À tort ou à raison.
Les individus réagissent différemment tout le temps. La plupart des gens savent ce qui est juste, mais certains ne font pas le choix du juste si ce choix a pour eux des conséquences catastrophiques.
Quid, par exemple, si la sédation a, comme tout autre choix, des conséquences inattendues, voire dramatiques. Cela place les parents face à un autre choix. Une autopsie peuvent révéler la sédation et déterminer si elle a causé la mort. Une chose sans gravité devient un désastre potentiel. Les parents pourraient perdre leur emploi, leurs autres enfants et l'amour et le respect de la famille et des amis. Le choix est à présent avouer ou non. Avouer serait sans effet pour l'enfant, mais pourrait détruire la famille restante. Décider de ne pas avouer doit être considéré et si cela devient la décision, les parents n'en deviennent pas pour autant des «monstres». À leurs yeux, ils ont été forcés de prendre une décision qu'ils ne voulaient pas prendre parce que l'alternative était la ruine de ce qui était jusqu'à présent leur vie.
D'autres conséquences inattendues s'ensuivent, y compris la question du fonds. Les parents sont maintenant pris au piège de leurs choix précédents et doivent continuer à aller de l'avant, car il est devenu pratiquement impossible d'avouer. Les conséquences d'un aveu seraient encore pires que ce qu'ils avaient prévu avant de prendre leur décision.


Chronos vs Kairos : temps des horloges et instant T
Pendant que les TP établissaient une et même deux chronologies, deux lignes de temps, l'attention de la PJ se portait sur les circonstances, le kairos, autrement dit une dimension du temps dont le chronos, la linéarité physique, n'est pas à même de rendre compte. Kairos qualifie un moment, propice à l'action., l'instant T de l'opportunité.  Avant il est trop tôt, après il est trop tard. Le kairos renverse les situations et leur donne une issue définitive.
Il opère aux confins de l’action et du temps, de la compétence et de la chance, du général et du particulier. Cette indétermination est liée à son pouvoir de décision. Il retient les éléments pertinents pour agir, mais ne se confond pas avec eux. Il est aussi insaisissable qu'indéfinissable.

Le dieu grec Kairos est représenté par un jeune homme avec une touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe près de nous, ou bien on ne le voit pas, ou bien on le voit et on ne fait rien ou bien on tend la main pour saisir ses cheveux, autrement dit l'occasion, ce qui ne tolère ni retard ni hésitation. Il n'est pas donné à tout le monde de le faire, il faut pouvoir appréhender la particularité d'une situation, le hasard n'y a pas sa part, toute imprévisible que puisse être la situation. Saisir l'opportunité, ce n'est pas seulement attirer le moment à soi, c'est aussi renverser une situation et lui donner une issue juste. Seulement grâce à ce mystérieux "presque rien" dont parle Vladimir Jankélévitch Kairos a donné en latin opportunitas (opportunité, saisir l'occasion).


Cirque (médiatique)
L'expression "cirque médiatique"  (media circus), en usage depuis les années 70,  est une métaphore colloquiale décrivant assez péjorativement, en la comparant à un spectacle, la couverture médiatique d'un évènement sans commune mesure avec son importance réelle en fait de reportages, journalistes, émissions.  Le français préfère "surmédiatisation" ou "battage médiatique".
Les raisons de critiquer les médias sont variées, ce qui est impliqué ici est le coût d'opportunité lorsque le buzz médiatique mis sur une nouvelle sans importance détourne l'attention du public sur celles qui en ont. 


Clef 
La symbolique de la clef a une double connotation puisqu'elle détient le pouvoir d'ouvrir et de fermer. La clé a à la fois un rôle d'initiation et de discrimination, de décision et de responsabilité. Le maître des clés est celui qui lie et délie, ouvre ou ferme l'accès à. La clé d'or et la clé d'argent sont les emblèmes de Janus, le dieu romain, guide des âmes (d'où son double visage : l'un tourné vers la terre et l'autre vers le ciel). Janus garde toutes les portes et gouverne toutes les routes.
Dans les contes et légendes, la clé est symbole du mystère à percer, de l'énigme à résoudre, des étapes qui conduisent à l'élucidation et à la découverte. 

Clivage 

Le clivage est un mécanisme d'adaptation qui déforme certes la position du sujet mais en même temps le sauvegarde. Mettre en place un clivage introduit une espèce de barrière interne entre le sujet et des affects qu'il ne serait pas à même de supporter. Un sujet clivé a deux fonctionnements psychiques. D'une part il est comme vous et moi, il vit sa vie quotidienne sans rien montrer aux autres de particulièrement préoccupant et il y a une part cachée, une part d'ombre qui ne s'exprime que par des conduites. À aucun moment sa conduite et sa vie psychique ne sont en connexion. D'une certaine façon c'est une forme de mascage, c'est une tromperie, mais ça va au-delà du mensonge, c'est un mensonge qu'il se fait aussi à lui-même depuis longtemps. La culpabilité est hors sujet, elle est hors champ bien entendu. La personnalité du sujet a des distorsions pathologiques mais pour autant il a gardé une part de libre-arbitre et de responsabilité par rapport à l'acte qu'il a commis, tout en ayant la capacité de le rayer de sa propre vie. La particularité du clivage réside dans l'absence de communication entre les deux personnalités clivées.
Il s’agit de la coexistence de deux attitudes psychiques opposées et indépendantes l’une de l’autre. D’un côté, on ferraille, moins contre le ravisseur que contre tous ceux qui n'y croient pas, de l’autre, on ne respecte pas les règles qu'on s'attend à voir imposer à tous ceux qui ne pensent pas comme vous. La première attitude tient compte de la réalité et même du bien public, la seconde dénie la réalité et met à sa place une production du désir. Une personne ambivalente chercherait un compromis entre ces deux attitudes avec la culpabilité qui va avec tandis que le clivage les maintient sans relation dialectique entre elles.
Quand le voile se déchire, ils se soustraient à une règle qui ne vaudrait donc pas pour tous. On est cependant surpris qu'ils ressentent un sentiment d’injustice et pas la moindre culpabilité ; c’est probablement que le clivage est toujours opérant ; la réalité ne s’impose qu’à une seule partie d’eux-mêmes tandis que l’autre ne renonce pas.
Le voile se déchire grâce ou malgré eux, ouvrant la voie à d’autres dénonciateurs qui s’en donnent à cœur joie.



Cold Case
Pat Brown explique ce qui l'a contrainte à ne plus y toucher. Ce sont des boîtes de Pandore où la justice elle-même a peut-être plus à perdre qu'à gagner et où tout redresseur d'erreurs fait figure oiseau de mauvais augure mettant en péril les erreurs passées.

Il est plus efficace de mieux former les détectives.

Colobome 
Un colobome est une affection particulière nécessitant un examen pour déterminer quelle partie de l'œil est impliquée et une surveillance continue afin de vérifier la vue et de s'assurer qu'il n'y a pas d'autres problèmes de santé associés, comme des problèmes cardiaques.
Il est logique de donner à la police toutes les informations possibles. Est-il judicieux de diffuser cette information dans le monde entier alors même que la PJ leur avait recommandé de n'en rien faire ? La PJ avait deux raisons pour ce faire : 
- ce détail, maintenu confidentiel, pourrait s’avérer utile comme moyen de contrôle en cas de signalement plausible. 
si MMC était en vie, cela pouvait être son arrêt de mort.
Les parents avaient-ils réellement le choix et une terrible décision à prendre ? S'ils se sont posé la question, ils ont rapidement conclu qu'utiliser cette particularité en valait la peine et informé les médias de l'oeil droit unique de MMC, en faisant une petite fille universellement identifiable.
Comment ont-ils pu décider que l'atout publicitaire lié au défaut oculaire l'emportait sur la possibilité qu'elle soit tuée ou mutilée à cause de cela?  
Piers Morgan : Madeleine avait un motif oculaire très particulier, n'est-ce pas? Parle-moi de ça, Kate, au cas où les gens verraient quelqu'un qu'ils pensaient être Madeleine. Parlez-moi de son œil.
Kate MC: Si je suis honnête, nous n'avons pas mis trop d'emphase sur son œil, car je pense que vous devez être très proche d'elle pour le voir. Mais ses yeux ont des couleurs légèrement différentes, et l’un d’eux a cette tache brune. Mais vous remarquez, en particulier sur les photographies..
Gerald MC (à Vanity Fair) ne parle aucunement d'une décision déchirante qu'ils auraient prise : L'iris est le seul véritable trait distinctif de Madeleine. Certes, nous pensions qu'il était possible qu'on puisse la blesser ou, il grimace, que son ravisseur pourrait lui faire mal ... Mais c'était un bon coup de marketing.
Quand Piers Morgan a questionné Gerald MC, il a déclaré qu'il ne pensait pas qu'il s'agissait d'un colobome, mais "d'un peu de couleur supplémentaire", car MMC n'aurait eu aucun problème visuel.
Un colobome n'est pas un défaut de l'iris, c'est un trou dans l'une des structures de l'œil, comme l'iris, la rétine, la choroïde ou le disque optique. Si Madeleine en avait bien eu un, son pédiatre l'aurait envoyée chez un ophtalmologiste, ce qui est impossible à vérifier puisque les autorités britanniques n'ont pas envoyé son carnet de santé à la PJ, malgré des demandes continues. Ses parents auraient alors su si elle en avait un ou non. Apparemment elle en a un ou pas, suivant ce qui convient de dire.

Les MC ont parlé de colobome lorsqu'ils ont alerté The Lancet (02.06.2007)


Comment ou No Comment
Les avocats ne conseillent pas systématiquement à leurs clients de répondre « sans commentaire ». Il faut évaluer tous les facteurs au poste de police avant de conseiller au client de répondre aux questions, de préparer une déclaration ou de recourir au "sans commentaire". Tout lecteur de roman policier britannique sait par cœur la formule obligée au moment d'une arrestation : Vous n'êtes pas obligé de parler, si vous ne le voulez pas, mais tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous devant un tribunal. Ce droit empêchait la partie adverse de tirer des conclusions défavorables lorsque le suspect restait silencieux. En 1994, cette formule a été subtilement modifiée. La mise en garde est maintenant:

Vous n'êtes pas obligé de parler. Mais il pourrait nuire à votre défense de taire, si l'on vous interroge, un élément sur lequel vous vous appuierez plus tard face à un tribunal. Tout ce que vous dites peut être versé au dossier comme élément de preuve.
La décision est donc un exercice d'équilibre délicat: bien qu'il appartienne à la Couronne de prouver la culpabilité, les tribunaux et les jurés peuvent tirer des conclusions défavorables si l'accusé ne répond pas aux questions.  Mises à part les situations dans lesquelles la police ne révèle aucune preuve convaincante à l'encontre d'un suspect, l'équilibre penche en faveur du silence, quand «vous n'êtes pas satisfait de l'histoire du client, car il semble  probable qu'elle ne reste pas debout. Lorsque les clients sont invités à ne pas faire de commentaire et qu’ils décident de le faire,

Aujourd'hui, les tribunaux peuvent utiliser le silence (ou aucune réponse) comme une inférence de culpabilité. Cela signifie que, dans certains cas, ne rien dire peut faire plus de mal que de bien.Cependant, il y a des occasions où il est bon de se tenir coi. Certaines personnes ont du mal à s'exprimer comme elles l'entendent et peuvent facilement être mal comprises. D'autres, malgré une bonne défense, peuvent s'incriminer par inadvertance du fait de se trouver dans une situation stressante. Si quelqu'un utilise 'sans commentaire' (ou opte pour le silence) lorsqu'il est formellement interrogé, la gravité et l'intensité de la situation seront prises en compte par un jury. Cependant, les suspects devraient également s'attendre à être grillés par le tribunal, compte tenu de leur réticence à répondre quand ils en avaient l'occasion. Se souvenir de preuves cruciales de nombreux mois plus tard - par opposition au moment où tout était frais dans leur esprit - est susceptible d'éveiller la suspicion, pas de l'étouffer.
Si vous êtes innocent et que vous êtes prêt à en apporter la preuve, il n'y a vraiment aucune raison de ne répondre lors d'une audition ; c'est du bon sens. Mais si vous n'êtes pas innocent, ou si vous avez peu de preuves pour prouver que vous l'êtes, il semble que dire «sans commentaire» ne sauvera pas nécessairement votre peau. En fin de compte, cela ne fera que différer l'inévitable …
Comment les parents pourraient-ils s'incriminer s'ils n'avaient absolument rien à cacher? Mais arrive-t-il qu'on n'ait rien à cacher ?


Compassion 
Aurait-on, en dépit de tout, de la compassion si quelque preuve absolue de la mort accidentelle de M. surgissait ? Probablement.
Comme peut-on éviter d'être hanté pour le reste de ses jours par l'idée que son enfant est mort seul et, d'une certaine manière, parce qu'on n'était pas à côté de lui  (en cas d'incendie ou de tremblement de terre, par exemple). Ou si un accident s'était produit faute d'attention (en cas de dispute violente, par exemple).



Complot (théorie du)/Conspiration
Un mystère sans au moins une théorie de conspiration, ça n'existe pas. Quoique, dans cette histoire qui se traîne, le fait même qu'on en parle encore semble être un argument contre toute idée de conspiration. Les conspirations se nourrissent de secrets à rebondissements ou dépérissent.
Enlèvement, accident ou sortie de l'appartement, nombreux sont ceux qui tiennent que ce qui est arrivé à MMC est arrivé parce qu'elle était seule, donc en raison de la négligence de ses parents. Si, parce qu'ils n'étaient pas là, leur vulnérable fille s'est grièvement blessée, le sentiment de culpabilité doit être immense et il n'est pas incompréhensible qu'ils aient essayé de se protéger d'un blâme général.
Le mystère alors est de savoir si on l'a enlevée de son lit, si elle est morte par mégarde ou a fait, dans la rue, une mauvaise rencontre ? Stricto senso les parents auraient une part de responsabilité plus nette dans le troisième cas, car ils avaient laissé la porte ouverte précisément pour qu'elle puisse sortir, si elle se réveillait, et aller à leur recherche.
Nombre d'indices rendent invraisemblable la "théorie" de l'enlèvement, mais celle de l'accident pèche par la question d'une sépulture improvisée, d'où l'idée de conspiration.

Pour Popper, recourir à la théorie du complot pour comprendre le monde est une erreur : cela revient à affirmer que tous les évènements sont la résultante d'actions délibérées, effectuées par des personnes qui auraient des intérêts communs et non contradictoires par rapport à cette résultante, et qu'il leur est possible de prévoir avec certitude les conséquences futures d'actions données. Or, pour Popper, rien n'est plus contestable que ce présupposé de départ sur lequel est bâtie toute théorie du complot : il écrit ainsi qu'il est très rare que des actions provoquent exactement le résultat souhaité ou prévu, il y a toujours des effets secondaires imprévus. Popper donne l'exemple d'une personne voulant acheter une maison. Son intérêt est que son prix soit le plus bas possible. Mais du seul fait que cette personne se déclare comme acheteuse, cela fait monter les prix du fait d'un nouveau demandeur sur le marché, ce qui va manifestement à l'encontre de son intérêt. C'est un exemple typique de conséquences néfastes involontaires et inévitables d'une action.



Confabulation
Le risque est d’autant plus élevé que les événements ont été traumatisants et médiatisés.
Une personne confabule lorsque sa mémoire fabrique des souvenirs, souvent en se basant sur des faits réels. Elle va donc restituer de faux souvenirs en toute bonne foi, et elle en soutiendra mordicus leur authenticité, même si on lui met sous le nez des preuves contradictoires.


Confiance et croyance
L'essence de toute vie sociale est la confiance. C'est une croyance très solide parce qu'elle se fonde sur une somme d'expériences importante, mais elle est aussi fragile parce qu'elle n'est qu'une croyance. Pour exister tout ordre social a besoin que cette croyance soit largement partagée.
Il n'y a pas de si grand philosophe dans le monde qui ne croie un million de choses sur la foi d'autrui, et ne suppose beaucoup plus de vérités qu'il n'en établit. Ceci est non seulement nécessaire, mais désirable (Alexis de Toqueville).
La croyance par délégation.
En tenant des propos trahissant une croyance concernant une affaire si fortement médiatisée, le commissaire-adjoint M. Rowley a suscité la méfiance.
Avoir des raisons de croire ne signifie pas que l'on a raison de croire.
Les mythes souvent spectaculaires et frappant les esprits et les cœurs, facilement mémorisés, se diffusent à grande vitesse sur le marché cognitif.


Connivence
Quand une tragédie comme la disparition d'un enfant se produit, les sentiments de culpabilité se chevauchent, s'excluent, se défont, se refont et l'union en prend un coup.  
Mais quand les parents partagent un terrible secret, les décisions qu'ils ont prises renforcent l'union, même si elles sont vouées à les hanter jusqu'à leurs derniers jours. 
Si prêtre connaît la vérité, il l'emportera dans sa tombe. 
La disparition de MMC a suscité une série d'événements qu'une fois mis en branle il était impossible d'arrêter. La boule de neige est devenue énorme en quelques heures. 
Il est difficile de rompre un connivence lorsque les deux, également coupables, ont exactement la même chose à perdre.


Conseils (bon ou mauvais)
Marketing ploy
Il y a toujours des "conseillers" qui donnent de mauvais conseils quand le comportement des MC fait question. Les apparitions de Kate MC à la TV étaient qualifiées de froides et sans émotion, mais c'est parce qu'on leur avait dit de ne pas montrer d'émotion pour ne pas alimenter le plaisir pervers du prédateur. 
KMC ne répond pas aux questions de la PJ, dont elle sait que les réponses sont importantes pour les enquêteurs, mais c'est parce que son avocat le lui a conseillé.
Toutefois GMC base les campagnes sur le coloboma alors que la police leur a conseillé de n'en rien faire.
"Nous pensions qu'il était possible que cela puisse la blesser. Son ravisseur aurait pu faire quelque chose à son oeil. Mais en termes de marketing, c'était un bon stratagème", GMC in Vanity Fair. 
GMC répond aux questions de la PJ alors que son avocat lui a conseillé de ne pas le faire.
Le "on nous a conseillé de" a bon dos et sert en toute occasion.



Consensus (recherche du)
Le terme décrit le processus selon lequel les individus d'un groupe ont tendance à rechercher le consensus plutôt qu'à appréhender de manière réaliste la situation. Il s'agit donc d'une expression plutôt péjorative. La première utilisation du terme date de 1952 par William H. Whyte dans Fortune.
Le danger d'un tel phénomène est que le groupe peut prendre une décision mauvaise ou des irrationnelle, alors qu'individuellement les membres du groupe auraient fait un autre choix. En groupe, chaque membre essaie de conformer son opinion à ce qu'il croit être consensuel, sans se poser la question de ce qui est réaliste. La conséquence est une situation dans laquelle le groupe finit par se mettre d'accord sur une action que chacun considère personnellement comme peu sage.
De manière moins dramatique, le résultat peut être une décision collective qui ne satisfait personne car elle n'est pas le fruit d'une concertation entre les différents besoins individuels.

Les huit symptômes de la pensée de groupe :
1. L’illusion de l’invulnérabilité : lorsque les groupes se croient intouchables, ils ont tendance à réprimer la dissidence ;
2. La croyance en la supériorité morale du groupe : lorsqu’un groupe pense qu’il est moral, il a tendance à ignorer sa propre immoralité ;
3. La rationalisation : un groupe est plus soudé lorsqu'il justifie collectivement ses actions ;
4. La transformation de l’opposant en stéréotype : lorsqu’un opposant est considéré avec partialité ou avec des préjugés, les affirmations qui contredisent les convictions du groupe sont ignorées;
5. La pression de la conformité : une forte pression est exercée sur les individus pour qu’ils s’alignent sur la volonté du groupe et pour qu’ils ne soient pas en désaccord avec lui, sinon ils sont ostracisés, c’est-à-dire écartés des débats, voire sanctionnés ou expulsés ;
6. L’autocensure : les membres du groupe préfèrent garder leurs opinions divergentes pour eux, plutôt que de déserter le navire ;
7. L’illusion de l’unanimité : les dissensions internes sont cachées au groupe. Ainsi, elles semblent inexistantes ;
8. Les gardiens de la pensée : certains membres du groupe s’engagent activement à protéger le groupe de toute dissidence ou information contraire.



Corps médical
Dans l'inconscient collectif, le médecin soigne, il ne meurtrit pas, il panse, il n'endolorit pas, il guérit les maux, il ne les agrave pas, il calme, il n'avive pas, il répare, il n'abîme pas. Que demande-t-on au médecin sinon de nous dire ce qui ne pas pas, de formuler un diagnostic et de prescrire un remède ? On lui suppose donc un savoir hors du commun, on le considère comme un expert. Prend-on en compte la particularité de l'acte médical ? A-t-on idée de la complexité des causes, des effets inattendus des maux ? Imagine-t-on la part de l'observation, du raisonnement, de la décision, celle de l'incertitude, la pression de l'urgence?
On sait depuis longtemps que la maladie caractérise un état anormal du corps humain mais l'idée que cet état était dû à un dérèglement immanent, un désordre interne au corps lui-même (déjà présente dans l'école hippocratique), et non à l'action d'une cause extérieure, malédiction, mauvais sort, court toujours, l'interprétation magique n'a pas totalement disparu.
L'impact de la médecine sur les représentations mentales trahit des pouvoirs perdurant jusqu'à nos jours, que l'on pense au cas étrange de dédoublement décrit par R.L. Stevenson dans Dr Jekyll et Mr Hyde ou au bluff du Dr Knock dont J. Romains fait passer les défauts, comme sa paranoïa manifeste, pour des qualités irremplaçables.


Corrélation vs Causalité
Corrélation n'est pas causalité (CNPC)
Si induire d’une corrélation une causalité est simpliste, en déduire qu’une corrélation n’est pas causalité est tout aussi simpliste. Pire, c’est une façon de se donner des airs de savant en évitant de se fatiguer les neurones. Ce que fait parfaitement Calvin.


Crèche (de l'OC)

Sur l'avis de Bell-Pottinger, MW n'a fourni que deux nannies au premier interrogatoire du 4 mai par la PJ équipée des temps cités dans les registres de crèche qu'ils ont cités et a donc jeté les bases de l'hypothèse selon laquelle ils étaient exacts à 100%. Chaque déclaration faite plus tard devait adhérer à cette première sur la base de registres de crèches éventuellement erronnés, voire falsifiés (il n'était pas rare que la nanny signe à la place d'un parent qui avait oublié de le faire).



Crédo (des MC)
Madeleine aurait été enlevée de l'appartement pendant que son père était dans la rue, près de la grille du patio, en train de bavarder avec un partenaire de tennis, JW. Vers 21:15 JT, qui venait de voir les deux hommes, a vu un homme traverser la rue en portant un enfant sur ses bras étendus. C'est aussi la version des médias et de ceux qui ont suivi l'affaire à travers les médias. Problèmes : JW n'est pas capable de dire quand a eu lieu cette conversation, il donne une fourchette d'une demi-heure (entre 20:45 et 21:15 ?). Autre problème, GMC change de version : il a traversé la rue. Enfin JT voit trois hommes, Tannerman, GMC et JW, mais aucun de ces hommes ne la voit.
Ils ne peuvent en tout cas pas dire que Madeleine a été enlevée avant 21:10 sans impliquer que son père a menti. Cette version implique la présence du ravisseur dans l'appartement avant l'arrivée de GMC vers 21h05 qui l'obligea à se cacher.

La doxa "enlèvement" est fondée sur la raison (Madeleine s'est volatilisée) et sur la foi (quelqu'un l'a prise).Crois ou meurs
Croyez en l'enlèvement, c'est le premier commandement. A-t-on besoin de cet impératif pour réagir si l'on rencontre un enfant mal traité ? Est-on encore au Moyen Âge où il fallait croire sans questionner, sans critiquer, sans réfléchir, ce que les puissants édictaient et décrétaient comme la vérité, sous peine de se trouver dans de mauvais draps ? Certaines firmes d'avocats, Carter-Ruck pour ne pas le citer, se comportent aujourd'hui comme d'antan l'Inquisition : ils censurent les livres et mettent financièrement le couteau sur la gorge de ceux qui ne plient pas.

Crime (non élucidé)
Cold Case. Quand une affaire n'est pas élucidée, et si aucun suspect n'a été arrêté et accusé, on a tendance à spéculer et à penser que la complexité du crime et du cerveau qui l'a conçu ont dépassé les détectives, mais il n'en va pas ainsi le plus souvent : le crime est simple, mais difficile à prouver devant un tribunal.


Crime (scène de) 
Le plus moderne et le plus sophistiqué des laboratoires de criminalistique ne travaille qu’avec les éléments qu’on lui fournit. C’est dire l’importance des phases d’observation, de détection, de collecte, de préservation, d’acheminement des éléments collectés et, plus généralement, de leur traçabilité. Sur la scène de crime, le travail des premiers intervenants puis des techniciens spécialisés et des scientifiques est donc très important. Une bonne gestion de cette étape est un enjeu majeur.
Sans aucun signe d'effraction, sans désordre, sans signe de lutte, il n'était pas évident de traiter la chambre de MMC comme une scène de crime. Il ne l'est toujours pas, l'appartement 5A n'est guère plus qu'une scène de disparition.


Crise (gestion de)  
Il est intéressant d'observer comment des sociétés de communication ont été chargées de manipuler l'opinion publique et ont réussi à modifier l'image des parents en en faisant des icônes de la parentalité souffrante.   
Quand les MC furent mis en examen, les médias se retournèrent contre eux, en partie parce qu'ils sentirent avec raison ou sans qu'ils avaient été manipulés et dupés. Le contrat Justine MG se terminait, les relations n'étaient pas bonnes entre Kate MC et elle, et l'hostilité internationale croissante menaçait. Alors Clarence Mitchell arriva et engagea entre autres doreurs d'image la firme Hanover. Constamment dans les gros titres, Hanover réussit à renverser la vapeur en faveur des MC comme d'un coup de baguette magique,  à dissoudre l'hostilité et à donner à l'histoire une forme positive, de telle sorte que la famille put retrouver un semblant d'ordre et de normalité et échapper à la meute médiatique. Dès que le nouveau porte-parole fut en place, Hanover recula dans l'ombre. 
La campagne Turning the tide ("inverser le courant") remporta le prix d'excellence 2008 de la CIPR (Chartered Institute of Public Relations), dans la catégorie "communication de crise".
Qui sont-ils ? D'ex-journalistes et correspondants aptes donc aux relations avec la presse.
Quelle est leur devise ? Gagner devant la cour de l'opinion publique est plus important que gagner devant la cour de justice. Il suit de là que la réputation d'un organisme n'est jamais plus exposé que lorsque son porte-parole répond sous les feux de la rampe médiatique.
Comment s'y prennent-ils ? Une bonne partie du temps est consacrée à l'observation des journalistes, à les lire et à les écouter afin d'être capable, le temps venu, de monter une stratégie médiatiquement efficace pour leurs clients.
Sur quoi se fondent-ils ? Sur leur compréhension de la manière dont fonctionnent les médias et sur ce qui fait une histoire.
Quel est leur cible ? Toucher une certaine audience selon une approche pragmatique, livrer des solutions répondant aux objectifs, lancer de nouvelles affaires, mener des campagnes politiques, sensibiliser et fournir de nouveaux clients, mais aussi préparer et gérer des controverses légales et l'impact sur la réputation avant, pendant et jusqu'à la conclusion des actions en justice, en association avec les avocats de leurs clients ! "Nous mettons en œuvre jour après jour des tactiques grâce à notre connaissance du moment où il faut parler (ou non), de ce qu'il faut dire et de la manière dont il faut le dire... Bien des réputations ne survivent pas intactes à un conflit légal. Même l'image du vainqueur peut souffrir dans les médias et avoir à livrer bataille pour retrouver un peu de crédibilité."

Les personnes en situation de crise prendront des décisions qu’elles ne prendraient normalement jamais en considération. Quand les MC sont sortis à l'aube, ils pensaient peut-être pouvoir trouver en plein jour quelque chose qui aurait échappé à ceux qui ont cherché toute la nuit. De même, ils auraient pu sortir pour «trouver» ce qu'ils savaient que les chercheurs n'avaient pas trouvé. Lorsque Kate a ouvert cette poubelle, elle était vide.
Si une personne est accusée d'une infraction pénale, elle a le droit d'être présumée innocente jusqu'à ce que l'accusation ait prouvé sa culpabilité au-delà de tout doute raisonnable. Cette protection légale n'est pas nécessaire au civil, car personne n'y est accusé de crime.


Croyance et crédulité

L’idée que les frontières de l’empire des croyances sont définies par l’irrationalité, la bêtise ou le manque d’éducation est une vieille lune de l’histoire de la pensée.

Exige-t-on du croyant qu’il croie au sens moderne du verbe, par conviction personnelle ou illumination intérieure (par infusion extraordinaire, Montaigne), ou qu’il accepte comme véridique ce que d’autres lui assurent être tel ? Credere signifie au sens propre faire crédit, et fides nous renvoie à la confiance, à la fidélité, à la loyauté. On attendait une certaine réciprocité de la confiance investie, en particulier être épargné du mal. L'empire des croyances de Gerald Bronner apporte une contribution très éclairante à la question clé de savoir si les progrès de la science, et de la connaissance en général, sont en mesure de faire disparaître les croyances. Or non seulement celles-ci ne disparaissent pas mais elles se portent très bien. Comment expliquer ce paradoxe ?
GB montre qu'elles relèvent d'une rationalité subjective, alors que la science relève d'une rationalité objective. Ensuite les individus ne sombrent dans les croyances que s'ils n'ont pas, sur un sujet, accès à la claire et complète information, ce qui est une utopie. Les croyances émergent donc des limites de l'accès à la connaissance : limites dimensionnelles (spatiales, temporelles), culturelles (filtres interprétatifs), cognitives (illusions perceptives, impossibilité de saisir une question dans toute sa complexité, etc.). L'homme ne peut rester sans réponse devant certaines questions fondamentales, même s'il ne possède que « quelques indices dérisoires » (p. 118). La connaissance scientifique elle-même n'est considérée que comme la plus « probablement vraie » et la plus « complètement argumentée », mais elle est susceptible de changer (cf. les changements de « paradigme » de Kuhn).

Toutefois, ces limites ne sont que des conditions nécessaires à la croyance, et non des conditions suffisantes : il faut en plus que soient remplies certaines conditions d'émission et de réception sur le « marché cognitif » (processus d'offre, de demande, de concurrence, de monopole, etc.). GB souligne que l'une des caractéristiques de notre marché cognitif contemporain est la « saturation » et la « dissémination » de l'information, « un fait inédit dans l'histoire de l'humanité, et qui donne une forme à l'empire des croyances inédite elle aussi ».

 


Croyances et Internet 
Nous sommes traversés par toutes sortes de croyances, mais le savons-nous ou ignorons-nous que ce sont des croyances ? Ne les prenons-nous pas pour des connaissances ? C'est la ruse ultime de la croyance de se faire passer pour de la connaissance.
Le web fonctionne comme amplificateur de rumeurs. Autrefois la rumeur se diffusait par le bouche à oreille, il y avait les gate keepers, les journalistes, et un marché de l'information auquel n'avaient pas accès les rumeurs et les croyances. Quand Internet est arrivé, les rumeurs ont pu s'infiltrer sur le marché public de l'information et circuler beaucoup plus rapidement que dans le bouche à oreille en étant en outre doté d'un corps argumentatif beaucoup plus important, le web permettant d'agréger plusieurs types d'arguments et de les rendre beaucoup plus performants. Internet est aussi un lieu de déconstruction de rumeurs (hoaxbusters)

Dérégulation du marché de l'information avec une pression concurrentielle extraordinaire. Cette concurrence a des avantages, si un journal ment, les autres le diront, mais trop de pression concurrentielle contribue à une baisse de la qualité de l'information, en particulier quand celle-ci exige du temps pour être assimilée et transmise.
Effet Othello. Au départ la conclusion n'est pas plausible, le doute est semé petit à petit. Comment manipuler une croyance en racontant une histoire qui aboutit à une conclusion qui au départ aurait paru tout à fait invraisemblable.  Le web permet de faire.
Dans le cimetière des rumeurs/croyances infondées il y a de quoi faire !



Croyant
On peut décrire un croyant comme quelqu'un qu'aucun doute n'habite. Ce serait une contradiction dans les termes de dire qu'un sceptique a des croyances. Opinions ou théories oui, croyances, non. Une conviction est une conclusion, une opinion est une possibilité et une théorie est une explication. Les croyances sont plus fortes que les deux autres parce qu'elles ne peuvent être ni prouvées ni réfutées. Elles sont liés à la foi et non à la preuve. Les personnes qui croient en Dieu ne peuvent pas prouver qu'il existe. Ceux qui ne croient pas ne peuvent pas prouver non plus qu'il n'existe pas.

Un sceptique est une personne encline à remettre en question ou à douter des opinions acceptées.



Culpabilité

S'affranchir d'un tel sentiment est une des préoccupations majeures des héritiers du christianisme. Une des manières de faire consiste à chercher un bouc émissaire, entité dont la culpabilité serait susceptible de recouvrir la vôtre. Il y a là un glissement sémantique, car la victime expiatoire ou de substitution décrite dans le seizième chapitre du Lévitique et mise en œuvre dans le rite annuel de Yom Kippour ne paie pas pour les fautes des autres. Le seul objectif est social et il est de faire table rase afin que la vie sociale puisse redémarrer.
Une autre manière consiste à s'auto-absoudre, récuser toute faute, dénier toute espèce de responsabilité. Pour ce faire rien de mieux qu'attaquer quiconque ne se conforme pas à votre façon de penser. Un moyen très efficace est d'avoir des disciples vous rendant un culte discret et dont l'unique point commun est de croire mordicus à votre parole d'évangile (il s'agit à la lettre d'une "bonne nouvelle" pour eux). Dès lors tout questionnement est jugé outrecuidant. 
Comment un être humain pourrait-il éviter d'être hanté pour le reste de ses jours par l'idée que son enfant est mort tout seul et que l'on a failli à son devoir de protection ?
Comme, par exemple, en cas d'incendie ou de tremblement de terre.
Les MC, KMC surtout, ont un sens extrêmement aigu, sensible et douloureux de la responsabilité et de la culpabilité. La clef du mystère est peut-être là.


Et les mots pour le dire arrivent aisément