Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

T



Tabloïd
Témoignage
Temps (ligne de)
Théorie v Doctrine
Tour-opérateur (ou voyagiste)
Translation (lost in)
Transparence et WikiLeaks
Troll
Tromperie

Tabloïd
Depuis le début du siècle, l'emploi de "tabloïd" (format opposé à "broadsheet") pour désigner par métonymie une certaine presse à scandale, pour ne pas dire "de caniveau" (Sun, Daily Mirror, Daily Star, Daily Express, Daily Mail), n'est plus guère en vigueur au Royaume-Uni car des publications de qualité se sont mises à réduire la taille du papier. L'acception est tombée en désuétude afin d'éviter la confusion entre forme et contenu. On parle maintenant des MSM, mainstream media, par opposition aux autres journaux, dits "compacts". L'avenir semble être au petit format, plus maniable et plus séducteur de lecteurs bien que, selon certains, l'analyse et la profondeur diminuent avec le format et bien que le berlinois (Le Monde, Le Figaro...), un peu grand qu'un tabloid et un peu moins qu'un broadsheet, soit le format de beaucoup de quotidiens européens.


Témoignage
Un témoignage est la déposition écrite ou enregistrée de ce qui vous est arrivé. Un officier de police vous pose des questions et note ce que vous répondez. Ensuite il vous demande de lire et, si vous êtes d'accord avec ce qu'il a écrit, de signer avec votre nom.  Signez une déposition, c'est reconnaître qu'elle est un récit fidèle de votre expérience. 

Dans quelle mesure le témoignage d'un individu sain, d'entière bonne foi, et fermement décidé à ne dire que la vérité, peut-il être considéré comme une relation exacte des faits dont il a connaissance. On sait que les souvenirs inexacts sont les plus fréquents, la description erronée n'est pas l'exception, c'est la règle. Un témoignage entièrement fidèle n'est pas la règle, c'est l'exception. Et puis il y a les omissions.

Il ne faut jamais perdre de vue la pente naturelle qu'est la falsification des souvenirs.

Technique de déposition "ouverte", fondée sur l'idée que les meilleurs témoignages, ceux dans lesquels les erreurs sont possibles mais moindres que dans l'interrogatoire sont ceux qui s'expriment spontanément, sans question précise (influençant nécessairement la réponse), sans pression. Les recherches de Binet sur la suggestibilité ont démontré que la valeur d'un témoignage dépend, pour une grande part, de la forme dans laquelle il est recueilli. Les dépositions successives influent les unes sur les autres. Il n'est pas douteux que l'étendue et la qualité des déclarations d'un témoin varient avec l'intervalle de temps qui les sépare de l'objet sur lequel elles portent.
La déposition libre, parfois appelée le récit, a l'avantage de mettre le témoin à l'abri de toute espèce de suggestion ou d'influence.
Par exemple lorsque Martin S affirme que Smithman n'est pas Robert M, il ne s'en porte pas garant spontanément, comment aurait-il l'idée d'un rapprochement entre Smithman et RM, il répond à une question précise.

Les recherches de Stern ont montré, par exemple, que les affirmations relatives à la couleur d'un vêtement, à la coupe d'une barbe, aux traits d'un visage, bref, au signalement d'un individu, ne méritent, en général, aucune confiance.


Temps (ligne de)
L’établissement d'une ligne de temps était indispensable, c'est un point que la PJ et le parquet ont soulevé un peu tard et à propos duquel ils ont fini par conclure qu'une reconstitution judiciaire s'imposait.  Si les rondes étaient aussi strictes et régulières que les TP l'ont prétendu, les conditions permettant à un ravisseur de s'introduire efficacement dans la résidence et d'en sortir étaient extrêmement difficiles à réunir.

Théorie v Doctrine
Une théorie doit être capable de rendre compte des faits, répondre aux critiques qu'on lui objecte par une argumentation pertinente et cohérente, et éventuellement les intégrer en se modifiant. Lorsqu’il est démontré qu’elle cesse d’être pertinente, elle doit accepter sa propre mort.
Une doctrine, en se fermant aux arguments contraires, en se référant toujours à la pensée infaillible de son auteur, se refuse comme dégradable.  

Tour-opérateur (ou voyagiste)
Il est possible que l'intérêt initial du FO et des médias ait eu plus à voir avec Mark Warner qu'avec les MC.

Mark Warner réagit rapidement et sans mégoter à la disparition. Deux directeurs s'envolèrent pour PdL le 4; le directeur général et le directeur des opérations. Alex Woolfall, responsable des risques chez Bell Pottinger, et Alan Pike arrivèrent le même jour. Était-ce par souci pour les parents ou pour protéger l'investissement considérable qu'était l'Ocean Club ? L'ambassadeur britannique a-t-il tout laissé tomber et s'est-il précipité à PdL à cause des parents ou du risque commercial pour Mark Warner ?


Translation (Lost in)
Kate dit dans M*
Nous craignions que certaines des déclarations que nous avions faites à la police portugaise, en particulier le premier jour, se soient perdues dans la traduction. Nous avons également estimé que ces comptes-rendus n'étaient pas suffisamment détaillés et nous voulions avoir tous les détails dont nous puissions nous souvenir enregistrés correctement.
La raison invoquée de la déposition auprès de CRG le 13 mai est la préoccupation des MC à propos des dépositions faites à la PJ : qualité des traductions et des détails.
Le 4 mai, cependant, ils ont été reçus au poste de police par deux membres du personnel consulaire britannique. L'ambassadeur britannique, John Buck, est arrivé de Lisbonne plus tard avec deux attachés. Lorsqu'ils ont quitté le poste de police Angela Morado, la proconsule était avec eux. John Buck, Liz Dow et Andy Bowes, et
le consul Bill Henderson les attendaient dans leur appartement. Trois officiers de liaison venant du LC sont arrivés le 5 mai. Au cours des jours suivants, ils ont vu les FLO tous les jours et John Buck et Bill Henderson sont revenus les voir. Gerald a demandé à John Buck et Margaret Beckett d'essayer d'améliorer la manière dont l'enquête et la recherche étaient menées (M*), mais il ne s'est plaint à personne d'une insatisfaction au sujet des dépositions. Pourtant la liste des diplomates et policiers à qui ils pouvaient demander conseil est impressionnante.  

Transparence et WikiLeaks

L’idéal d’une société transparente à elle-même, par l’effet du travail de la presse, paraît aujourd’hui pris en charge par le Web. Le paradigme du citoyen journaliste n’est que le volet anecdotique de cette aspiration à la transparence. Les débats qui ont surgi, en décembre 2010, à propos de la légitimité des révélations de WikiLeaks ont ouvert un champ nouveau. Ces millions de documents piratés et diffusés en masse sur le Web ont certes jeté une lumière crue sur la boîte à double-fond des affaires publiques (diplomatie, relations militaires, monde politique, etc.). Mais ils ont été bien plus qu’un tsunami de révélations. Plutôt une sorte de manifeste du nouveau régime de l’information qui doit traiter non plus avec un défaut d’information mais avec son excès. Les plus de deux cent mille télégrammes diplomatiques, représentant des millions de pages, qui ont été siphonnés par WikiLeaks, seraient demeurés opaques et sans valeur ajoutée pour le citoyen. Impénétrables, ils n’auraient pas pu servir à la délibération démocratique si Julian Assange n’avait passé un accord de publication raisonnée et étalée dans le temps avec cinq grands titres mondiaux. Sans eux, ces informations auraient-elles été classées, expliquées, validées (et parfois filtrées en fonction de leur dangerosité) ? Cet événement majeur, dans ses dimensions, a mis en tension la presse écrite traditionnelle et les organisations informelles d’internautes. Un nouvel espace, de nouveaux acteurs sont donc apparus qui ont hérité et radicalisé l’action de cet « œil toujours ouvert ». Avec d’autres pratiques, d’autres compétences, une autre déontologie.



Troll
La définition de "troll" a changé. Au début c'était une personne cherchant querelle avec les internautes pour distraire et semer la discorde en publiant des messages incendiaires et digressifs, extrinsèques ou hors sujet dans une communauté en ligne (comme un groupe de discussion, un forum, un forum de discussion ou un blog) dans l'intention de provoquer les lecteurs à afficher des réponses émotionnelles et à normaliser une discussion tangentielle, que ce soit pour le divertissement du troll ou pour un gain spécifique.
Les médias, semble-t-il, ont élargi la définition pour inclure le harcèlement en ligne. Par exemple, les médias ont utilisé le terme "troll" pour désigner "une personne qui détruit les sites d'hommage dans le but de causer du chagrin aux familles".
La définition utilisée dépend souvent de l'opinion du lecteur plutôt que d'une norme neutre. Les personnes qui se comportent de la manière décrite dans la définition initiale sont souvent celles qui accusent les autres de «troller» en se référant à la deuxième définition.





Tromperie (comprendre la)

Cela arrive tous les jours, un drame se produit, on l'apprend en écoutant la radio, on voit des mères éplorées, des beaux-pères  effondrés et la compassion nous envahit, nous nous identifions à cette détresse brute dont en fait on ignore tout. Plus tard on apprend qu'on a été floué, que ces individus qui nous ont émus nous ont dupés, nous nous sentons trahis, manipulés et la colère s'empare de nous. Est-ce bien légitime de voir là un simple mensonge ? Finalement le meilleur moyen de se cacher n'est-il pas de se montrer, d'occuper le devant de la scène ? Le relâchement de notre esprit critique nous place-t-il du côté du bien ? N'y a-t-il pas des réalités très difficiles à affronter ? Faut-il s'étonner que les mythomanes finissent par croire à leurs mensonges et oublient ce qu'ils ont fait ? On n'entend pas de la même manière une interview lorsqu'on ne sait pas et lorsqu'on sait que l'interviewé est coupable. L'identification à la détresse de quelqu'un empêche de faire attention à des détails qui ne nous échappent pas lorsqu'on sait.


Quand on essaie de comprendre, on est accusé d'excuser. On cherche à comprendre la réaction de ces coupables qui jouent l'innocence, se mettent en avant, courent vers les médias et nous touchent le plus, dont les messages nous semblent poignants, il y a là quelque chose qui nous incite à comprendre ce qui se passe dans l'esprit de quelqu'un qui a commis un acte criminel sans être totalement dépourvu d'empathie pour son prochain, paradoxalement. La naïveté est de croire que ces individus en débattent avec eux-mêmes, se sentent suffisamment coupables, honteux, pour essayer psychiquement de s'en sortir au niveau de l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes. La réaction la plus fréquente, c'est ce que les psy appellent le clivage, la scission. Tout se passe comme si ce n'était pas eux qui avaient commis, comme si c'était une autre personne. C'est ce que les psy rencontrent tout le temps. Le criminel n'est pas que criminel, il a fait d'autres choses, il est capable d'aimer, de réaliser etc. Le noyau d'estime de soi fait que le sujet proteste, il estompe ses souvenirs, sauvegarde sa personne, il ne se reconnaît pas tout à fait responsable, dans certains cas il finit par croire à son propre mensonge. Et il faut bien avouer qu'on a presque envie de le croire aussi.

À un premier niveau il s'agit de se disculper publiquement avec aplomb, à un deuxième on occupe son esprit avec quelque chose qui n'est ni le conflit ni le deuil et à un troisième niveau on finit par y croire et on exprime des sentiments qui peuvent nous paraître sincères parce qu'ils sont sincères. Les enquêteurs arrivent, mettent le nez dans le réel, entrecroisent les faits et, à moins d'interventions extérieures il y a évidemment un moment où cette bipartition de la personne finit par se dissiper, se décliver et où il faut bien admettre que c'est bien soi qui...
Le piège infernal du mensonge. On commence à mentir parce qu'on ne peut pas avouer, s'avouer, puis on est comme prisonnier de son propre mensonge et ce qui se passe ensuite c'est qu'on tente d'incarner le personnage qu'on prétend être, fuite en avant, ça tient jusqu'à ce qu'on soit démasqué