Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

R





Raisonnement (types de)
Rasoir d'Ockham
Rationalité vs Croyance
Recherche

Recherche (périmètre de)
Récompense vs Rançon
Reconstitution (motifs)
Référence
Relecture et cold case
Religion
Répétition
Réputation
Répondre (droit de ne pas)
Responsabilité (parentale)
Rumeur
Rhétorique


Raisonnement (types de)

- Le raisonnement inductif : il part d’observations particulières pour aboutir à une conclusion de portée générale, il part de faits en apparence non connexes ou insignifiants, de témoignages, de déclarations des protagonistes, pour en tirer une loi générale qui les relie entre eux et les explique.
Le terme zadiguisme provient du roman «Zadig» où, dans le troisième chapitre, Voltaire raconte l'aventure de Zadig qui est emprisonné parce qu'il a réussi à décrire le cheval de la reine et sa petite chienne sans les avoir vus, en observant les traces que ces animaux ont laissées dans la poussière. 

- Le raisonnement déductif : il part d’une idée ou d'un principe général pour en déduire des propositions ou applications particulières.

- Le raisonnement par analogie : il procède à une comparaison avant d’aboutir à une conclusion.

- Le raisonnement par l’absurde : il imagine les conséquences absurdes d’une idée pour la réfuter.

- Le raisonnement critique : il consiste à contester une opinion adverse

- Le raisonnement dialectique : il consiste à peser les arguments favorables ou défavorables à une thèse.
- Le raisonnement concessif : il consiste à admettre en partie des arguments de la thèse adverse et à leur opposer d’autres arguments.
Le raisonnement inductif est la forme de tous les arguments qui démontrent qu'une conclusion découle vraisemblablement des prémisses. On peut considérer que le raisonnement abductif est la forme des arguments qui commencent par un ensemble de preuves, puis choisissent une hypothèse censée leur convenir le mieux possible.

Peirce disait que le but du raisonnement est de découvrir par l’examen de ce qu’on sait déjà, quelque autre chose qu’on ne sait pas encore. Aussi, la validité du raisonnement est une question de fait et non simplement d’idée. Il réfute trois approches scientifiques en raison de leur incapacité à supprimer le doute. Au sens peircien, ces méthodes ne produisent pas de croyances, c’est-à-dire des connaissances faillibles, puisque l’on y décèle un mépris pour l’expérience.

1) - La méthode de la ténacité exprime l’idée qu’un individu peut détourner sa pensée de toute inférence qui pourrait le faire changer d’opinion et s’obstiner à la conserver en tant que croyance. Cette méthode fixe l’opinion sur la base d’une volonté immuable d’y croire .

2) - La méthode de l’autorité attribue à une opinion une immense supériorité intellectuelle et morale, si elle est émise par une institution prestigieuse ou par un individu socialement reconnu compétent en la matière. Cette méthode impose à une collectivité une opinion. Or, le danger est qu’elle peut avoir pour effet la fixité de la croyance individuelle, une forme d’esclavage intellectuel. 
3) - Enfin, en parlant de la philosophie métaphysique, Peirce souligne que des propositions fondamentales ont été acceptées parce qu’elles paraissaient agréables à la raison, sans s'accorder avec l’expérience et le réel. 





Rasoir d'Ockham

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? 
Le principe de parcimonie est le modèle mental selon lequel les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables. L'hypothèse qui explique le plus simplement les choses a beaucoup de chances d'être la bonne. En tout c'est celle qu'il est sage de considérer en premier lieu.
On prête au franciscain Guillaume d'Ockham l'idée que, face à plusieurs explications possibles et concurrentes, celle qui fait le moins appel à des suppositions, a des chances d'être la bonne. Ce principe, dénommé "rasoir" parce qu'il permet d'éliminer les hypothèses improbables, ne prône pas la solution la plus courte, ni l'explication la plus simple.
On retrouve le principe de parcimonie chez Albert Einstein Tout devrait être rendu aussi simple que possible mais pas plus, Léonard de Vinci La simplicité est la sophistication suprême ou encore Isaac Newton La vérité se trouve dans la simplicité, et non dans la multiplicité et la confusion des choses.

Pour appliquer le "rasoir d'Ockham", il faut déterminer combien d'hypothèses et de conditions sont nécessaires pour que chacune des explications soit correcte. Une explication qui exige des hypothèses ou conditions supplémentaires demande des éléments de preuve proportionnels à la force de l'affirmation. Les affirmations extraordinaires exigent des éléments de preuve extraordinaires.

La « simplicité » dont il est question ici ne signifie pas que l'hypothèse la plus simpliste, la plus évidente ou la plus conventionnelle est forcément la bonne. Le rasoir ne prétend pas désigner quelle hypothèse est vraie, il indique seulement laquelle devrait être considérée en premier1.

les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables ».


Rationalité vs Croyance


Gérald Bronner prône un nouveau discours de la méthode afin de contrer les obscurantismes contemporains à l'heure des vérités frelatées, des manipulations de l'information, des théories échevelées et de la tyrannie des opinions personnelles.

Les flambées d'irrationalité ne sont évidemment pas nouvelles. Le combat rationaliste pouvait même sembler d'arrière-garde avec la sécularisation, l'augmentation du niveau d'études... Mais la dérégulation du marché de l'information est arrivée. Ce phénomène historique majeur a donné un avantage systématique à la crédulité sur la rationalité. Dans notre temps d'occupation de cerveau, cette dernière a perdu beaucoup de ses parts de marché. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que toutes les propositions intellectuelles sur le réel, toutes les représentations du monde, se trouvent en concurrence frontale. Aujourd'hui, le détenteur d'un compte Facebook peut contredire un membre de l'Académie de médecine. Certes, on fait encore la différence entre un expert et un internaute lambda, mais cette concurrence engendre une baisse de notre vigilance intellectuelle.

L'être humain peut croire une information parce qu'il a envie qu'elle soit vraie. S'il a à portée de main des arguments qui vont dans son sens, ce que lui offre Internet, il ne va pas chercher plus loin. Les intuitions fautives de notre cerveau peuvent ainsi butiner sans hiérarchie dans toutes les propositions mises en concurrence.

Ce ne sont pas les propositions les mieux argumentées qui l'emportent, en effet, mais celles qui sont les plus subjectivement satisfaisantes. L'internaute va vers les informations qui confortent ses croyances. Penser que la Terre est ronde ou qu'elle tourne autour du soleil à une vitesse moyenne de 106 000 kilomètres/heure est parfaitement contre-intuitif. Des milliers de gens font désormais sécession avec la raison et produisent leurs propres données en vue de créer une autre réalité. Ce phénomène est un défi qui traverse les démocraties. Défendre la rationalité, c'est défendre un monde intellectuel commun.

Chacun a droit à la rationalité. Il y a une forme de mépris social à enfermer les gens dans leurs erreurs en considérant qu'ils ont un "ressenti" à prendre en compte tel quel. La dérégulation du marché de l'information place nos démocraties à un moment carrefour de leur histoire : elles doivent faire des choix intellectuels, qui conditionneront leur nature.

Le monde rationaliste est en plein renouveau, mais il doit se coordonner et ne pas verser dans l'idéologie. Contraints par l'urgence, les médias contactent des interlocuteurs pas toujours compétents.

La première chose à faire est de s'interroger soi-même : pourquoi a-t-on envie que telle information soit vraie ? A-t-on utilisé les bonnes sources, a-t-on conservé sa vigilance intellectuelle ? Quels sont les arguments contradictoires ? Et, face à autrui, on doit partir du principe de charité ou de l'interprétation charitable - la formule est du philosophe américain Donald Davidson : considérer que l'autre croit ce qu'il croit non parce qu'il est bête, mais parce qu'il a des raisons de le faire. On demande à son interlocuteur d'exposer ses arguments pour y déceler d'éventuelles erreurs. On ne discute pas sur le fond, mais du processus de raisonnement. 

Le rationalisme n'interdit nullement de porter un regard poétique sur le monde. Il propose de libérer l'individu de toute aliénation mentale. Mais il manque à la rationalité une narration qui lui donne un souffle. La défense de la rationalité est la grande aventure intellectuelle de notre temps.




Recherche
Les MC reprochent à la PJ de ne pas suivre "leurs" pistes, sans indiquer de quoi il s'agit et en insinuant que la PJ pourrait avoir peur de trouver Madeleine vivante, ce qui serait embarrassant pour les théories échafaudées.

Quand on a égaré une chose à laquelle on tient énormément, on la cherche. Que fait-on si on sait que la chose n'est pas égarée mais on veut le faire croire ?  On cherche, autrement dit on adopte le comportement de quelqu'un qui a vraiment perdu une chose. Force est de conclure que les MC, qui veulent convaincre de leur innocence, ont adopté la seule attitude plausible, bien qu'ils n'ont jamais cherché eux-mêmes, mais fait chercher. Operation Grange, en ce sens, a été pour eux un soulagement, car il est pénible de lancer des détectives sur une quête sans objet.

Aucune photo d'enfant n'ayant été autant et aussi longtemps répandue sur la planète, il est difficile de croire que Madeleine puisse être si bien cachée pendant si longtemps sans éveiller l'attention.

La force des MC est que nul ne songerait à les blâmer de n'avoir en tête que l'idée constante de la disparition de Madeleine. Sauf si elle n'avait pas disparu dans les circonstances "officieuses".
Leur faiblesse, devenue évidente après des années, compte tenu de l'arrêt de campagnes de poudre aux yeux, c'est que les MC n'ont jamais personnellement cherché. Ils ont, dès la première heure, délégué cette fonction à d'autres et en particulier au public en général. À qui s'en étonnait, ils ont répondu "Chercher ? Nous avons travaillé très dur" a répondu KMC ) Jane Hill (BBC).
Recherche (périmètre de)

Aucun signe de la fillette n'ayant été trouvé au cours des deux premiers jours dans les zones fouillées, étendre le périmètre des fouilles s'imposait. À partir du troisième jour l'hypothèse selon laquelle la fillette aurait pu être kidnappée par quelqu'un a été considérée et le mode opératoire a été modifié, la recherche visant  une fille «vivante ou morte» (la deuxième possibilité étant la plus probable), abandonnée ou séquestrée quelque part par un ravisseur.


Récompense
Cette question n'a jamais été très claire. Il semble que de l'argent a été offert spontanément de l'argent sans aucune publicité. À quoi sert l'offre de récompense si on n'en parle pas ? Selon Kate MC (M*), on leur aurait dit qu'une récompense mettrait la tête de Madeleine à prix. "Hugh" de Control Risks leur aurait conseillé de ne pas mentionner de récompense car elle "mettrait un prix sur la tête de Madeleine". Pourquoi une récompense "mettrait-elle un prix" sur la tête de Madeleine, pas sur celle du ravisseur ?
La récompense xiste-t-elle encore ? Si quelqu'un “out there” sait quelque chose, il est fort à parier qu'il ne s'agit pas d'un honnête citoyen et que sans appât du gain il ne bougera pas. On voit mal ce qu'il y a à perdre à offrir une récompense. Puisque l'argent, beaucoup d'argent, a été offert..


Reconstitution (motifs)


La PJ a demandé une reconstruction parce que les déclarations de leur famille et de leurs amis ne laissaient guère de possibilité d'enlèvement.

La confusion de Gerald McCann dans sa première déclaration (faite 13 heures après la disparition de sa fille, il aurait donc dû se rappeler) sur la façon dont Kate et lui sont entrés dans l'appartement respectivement vers 21h et vers 22h (porte d'entrée avec clé ou porte patio déverrouillée). 

Qui aurait-eu l'audace de s'approcher de l'appartement avec tous ces gens qui allaient et venaient ?

Ils disent qu'étant les parents de MMC ils ne peuvent abandonner, qu'ils n'abandonneront jamais, et tout le monde comprend, mais jamais, jamais ils ne disent qu'ils espèrent qu'on va retrouver leur fille.
Les TP7 disaient vouloir tout faire pour aider à retrouver Madeleine, mais le "tout" était sélectif. Aucun d'eux n'a dit "Rien ne m'empêchera d'aider la police à investiguer un crime commis contre une petite fille, à la trouver et à arrêter ceux qui l'ont enlevée.
Tous ont craint que, s'ils revenaient au Portugal et coopéraient avec la police ils seraient impliqués dans la disparition de MMC.


RéférenceQuand on ne peut fournir de citation ou de référence à propos d'un fait, les chances sont grandes que ce n'en soit pas un. Différentes personnes lisant le même texte peuvent le comprendre différemment, elles peuvent le citer par inadvertance ou le modifier en le paraphrasant. Parfois, les gens déclarent quelque chose comme un fait alors que ce n'est pas le cas. Il est donc important de citer la source.

Relecture et cold case
Toutes les enquêtes criminelles ont des failles, d'où la nécessité, lorsqu'une enquête s'enlise, est dans l'impasse et est classée en attente d'un élément nouveau, d'en faire la re-lecture afin de déterminer de nouveaux axes d'enquête qui auraient pu être négligés ou occultés et ainsi ouvrir de nouvelles pistes, qui avaient pu apparaître comme secondaires au départ.
Le mot "cold case" est devenu familier depuis la diffusion d'une série américaine où une inspectrice de la police criminelle de Philadelphie exhume des dossiers criminels classés et non résolus. Il n'existe cependant aucune définition juridique claire de ces affaires restées sans réponse judiciaire. Ce sont des dossiers criminels non prescrits et sans mobile apparent sur lesquels l'enquête n'a pas abouti faute de mise en cause formelle d'un auteur présumé. Reste à définir au bout de combien de temps une affaire criminelle rejoint les rangs des cold cases. Là non plus pas de définition claire. Mais policiers et gendarmes s'accordent à dire que si, au bout de quatre ans d'investigations, rien n'a pu être obtenu dans un dossier, il porte alors le sceau non résolu.

Une  révision sert à déterminer quelles erreurs ont été commises, quelles leçons ont été apprises et quelles informations n'ont pas encore été rassemblées.

Si telle était la motivation, alors ceux qui appelaient à la révision étaient clairement convaincus que des erreurs avaient été commises, qu'il y avait des leçons à tirer et des informations non collectées. Le résultat souhaité était donc que la re-lecture du dossier mette en évidence les éventuelles «erreurs» commises, indique les enseignements à en tirer et mette de l'ordre dans les informations.
Trouver et mettre en évidence des «erreurs» discréditerait officiellement l’enquête initiale et son orientation. Les personnes qui avaient demandé la révision avaient peut-être eu raison de croire que leurs propres forces de police trouveraient effectivement l'enquête inférieure à la norme. Le discrédit de l'enquête initiale discréditerait également ses conclusions.

Il est impossible de prédire ce que les autres pourraient faire ou pourquoi. Il n'est pas plausible que des gens hypothétiquement coupables s'évanouissent dans l'obscurité en remerciant leur bonne étoile de les laisser s'en tirer. Il n'y a guère de coupables qui puissent vivre en paix, car  leur mauvaise conscience est présente à chaque minute de chaque jour. Les autres peuvent tout oublier, mais, eux, ils ne le peuvent pas. Ils vivent chaque jour dans la crainte que quelqu'un détienne une pièce du jigsaw puzzle qui les incriminera.

Il y a des années qu'ils vivent ainsi et ils n'en peuvent plus. Ils voudraient que tout le monde reconnaisse leur innocence et arrête de spéculer sur eux. La re-lecture de l'enquête originale pouvait travailler pour eux. Elle pouvait démontrer que les soupçons soulevés par l'enquête étaient sans fondement. Elle pouvait jeter une lumière sur toutes les erreurs commises et discréditer une fois pour toutes ceux qui les avaient commises. La pièce du jigsaw pouvait surgir, mais ils l'ont cherchée eux-mêmes pendant des années et ne l'ont pas trouvée. Peut-être qu'elle n'existe pas. C'est un pari sur l'avenir, un coup de poker de demander une re-lecture, mais l'autre solution était de passer le reste de sa vie à regarder derrière son épaule, être constamment sur ses gardes, sans pouvoir contrôler la situation. 

Sans la révision, le maîtrise de la situation n'était pas assurée. Les MC ont demandé que les informations détenues par les deux forces de police fassent l'objet d'une lecture indépendante, ils n'ont pas demandé d'enquête. Cette initiative a pu être vue comme un bon stratagème de marketing (marketing ploy) – il n'y avait aucune raison de croire que la demande serait accordée. Il était peu probable que l'une des forces de police en particulier accepte, car elle ne s'y tromperait pas, la démarche était une tentative de les discréditer.

Imaginons que le couple ait écrit un livre sur leur épreuve. Un journal entre en contact avec eux pour publier les bonnes feuilles. Ils refusent, mais finissent par accepter quand le propriétaire du journal leur offre de soutenir leur campagne auprès du ministre de l'intérieur pour que soit faite une re-lecture du dossier. Le propriétaire du journal détient maintenant l'exclusivité des bonnes feuilles et un bon atout de marketing. Les ventes devraient grimper. La lettre ouverte pourrait avoir été l'idée du propriétaire du journal, l'un des administrateurs aurait persuadé le PM d'accepter d'aider.


Les MC ont dit vouloir une "révision" du dossier, ils voulaient qu'une entité indépendante, mais officielle (donc financée par des fonds publics) analyse de fond en comble les milliers de pages du dossier d'instruction. L'objectif ultime était, on les comprend, que leur innocence soit établie sans équivoque ni réserve et, par ailleurs, que si des pistes se dessinaient elles soient suivies (par la PJ forcément). Les moyens financiers de Madeleine's Fund ont beau dépasser tous les moyens dont ont jamais bénéficié les parents d'un enfant disparu, ils ne sauraient couvrir les frais d'un organisme indépendant si l'on songe que beaucoup d'argent a été investi en avocats haut de gamme, les détectives privés, à rendement égal à zéro, étant plutôt bas de gamme.

Pourquoi les MC n'ont-ils pas voulu passer à la phase d'instruction de l'enquête portugaise, comme ils en avaient le droit ? Craignaient-ils d'avoir à répondre à des questions précises, d'être confrontés à des témoins qui jetteraient un doute sur leur innocence, de se plier, comme tout simple citoyen, à la procédure démocratique d'une enquête où il n'est pas permis aux gens susceptibles d'être impliqués dans un crime, de refuser de répondre en s'offusquant qu'on les soupçonne ?


Religion (foi)
Beaucoup ont fait confiance aux MC à cause de leur recours  très public à leur religion. "Priez pour Madeleine, elle est adorable", répétait la mère face aux caméras, comme si l'attention portée à l'enfant disparue dépendait de sa beauté.

Répétition
"Répéter un mensonge assez souvent et cela devient la vérité", est un principe de propagande souvent attribué à Joseph Goebbels. Parmi les psychologues, on parle d'illusion de vérité. Des expériences ont monté qu'on a tendance à estimer que les éléments qu'on a déjà vus sont plus vrais (qu'ils soient vrais ou non), apparemment pour la seule raison qu'ils sont plus familiers.

Ici semble se trouver la source du dicton selon lequel un mensonge répété mille fois devient la vérité. Mais un effet produit en laboratoire n'a pas nécessairement d'impact important sur les croyances réelles des gens. Si on pouvait vraiment faire en sorte qu'un mensonge, par le seul effet de la répétition, prenne l'apparence d'une vérité, toutes les autres techniques de persuasion deviendraient caduques.

Ce que l'on sait déjà constitue un obstacle. Même si un mensonge semble plausible, pourquoi chasserait-il ce qu'on sait du seul fait qu'on l'a  entendu à plusieurs reprises?
Les résultats d'expériences montrent que l’illusion de vérité fonctionne de manière aussi efficace pour les éléments connus que pour les éléments inconnus, ce qui suggère que la connaissance antérieure n’empêche pas la répétition d’influencer nos jugements de plausibilité.

La répétition augmente les chances qu'un énoncé soit considéré comme vrai. Qu'il s'agisse de faits ou de fictions, connus ou inconnus, la répétition leur donne à tous l'apparence d'être plus crédibles.

Mais le facteur d'influence majeur est la vérité. L’effet de répétition ne peut masquer la vérité. Avec ou sans répétition, les gens sont plus susceptibles de croire les faits réels par opposition aux mensonges.



Cela montre quelque chose de fondamental dans la façon dont nous actualisons nos croyances - la répétition a le pouvoir de rendre les choses plus vraies, même lorsque notre connaissance dit le contraire, mais elle ne met pas à bas cette connaissance.

Si chaque fois que l'on entend quelque chose on l'évaluait par rapport à tout ce qu'on sait déjà, on n'en finirait pas. Parce que nous devons former des jugements rapides, nous adoptons des raccourcis - des heuristiques qui ont raison plus souvent que tort. Se fonder sur le nombre de fois qu'on a entendu quelque chose pour juger de la véracité d'une chose n'est qu'une stratégie parmi d'autres.

L'illusion de vérité n'est pas inéluctable - lorsque nous sommes armés de connaissances, nous pouvons lui résister.

Si la répétition était la seule chose qui influence ce que nous pensons nous serions en difficulté, ce n'est pas le cas. Nous pouvons tous avoir recours à un raisonnement plus large, mais c'est une ressource limitée. Notre esprit est en proie à l'illusion de vérité parce que notre instinct est d'utiliser des raccourcis pour juger de la plausibilité de quelque chose. Souvent cela fonctionne, parfois, cela trompe.
Une fois que nous connaissons l’effet, nous pouvons nous en protéger. Il s'agit en partie de vérifier pourquoi nous croyons ce que nous faisons - si quelque chose semble plausible, c’est parce que c’est vraiment vrai, ou bien parce qu'on nous l'a répété à plusieurs reprises? C'est pourquoi les universitaires sont obsédés par les références – il faut que nous puissions retracer l'origine de n'importe quelle déclaration, croire est risqué.

Mais pour nous protéger de l’illusion, il nous incombe également d’arrêter de répéter des mensonges. Nous vivons dans un monde où les faits importent et devraient avoir de l'importance. Si on répète des choses sans se soucier de vérifier leur véracité, on contribue à créer un monde où mensonge et la vérité sont se confondent

La répétition rend un fait plus vraisemblable, qu’il le soit ou non. Comprendre cet effet peut aider à éviter de tomber dans la propagande, explique le psychologue Tom Stafford.

Qu'a-t-on finalement à perdre (hormis la paix de sa conscience peut-être) plutôt qu'à gagner à répéter sans relâche qu'on est innocent, car c'est glisser un doute dans l'opinion publique, minuscule au départ mais qui va grandissant, et on finit par convaincre le public et le public finit par se méfier de la justice. Pauvres juges, pauvres jurés.


Réputation (qui dit quoi de qui)

Ou comment nous nous voyons vus, comment la réputation influence ce que les autres disent de nous.
Les raisons d'un anonymat prolongé ou d'une célébrité fulgurante, de la dégradation ou de l'embellissement de notre image, nous échappent le plus souvent. Pourtant, la réputation traverse de part en part nos vies. D'un côté, nous nous soucions tant de l'opinion des autres qu'il nous arrive de commettre des actes inconsidérés ou déraisonnables dans le vain espoir d'améliorer l'opinion que les autres ont de nous. 

Assurément, la réputation tient à ce que les autres pensent de nous (ou à ce qu’on suppute qu’ils pensent), à la façon dont ils nous évaluent, notre image ressemblant à un gazon où toute "mauvaise herbe" est arrachée, tâche infinie.
En vérité, écrit G. Origgi, «nous avons deux ego, deux identités qui conditionnent qui nous sommes et comment nous agissons» : d’une part notre subjectivité, «faite de nos expériences proprioceptives, nos sensations physiques, incarnées dans notre corps», de l’autre, justement, la réputation, le moi second, mais non secondaire, qui intègre «en miroir», dans notre auto-perception, la manière dont «nous nous voyons vus». Cette image «déviée et multipliée» ne dépend pas de nous et échappe au contrôle. Mais ce qu’elle provoque - la fierté, l’orgueil, la flatterie ou la blessure de l’amour-propre, l’embarras, la honte, la culpabilité, la haine de soi… - atteint les profondeurs de la subjectivité et peut «amener à des actes extrêmes». Aujourd’hui comme autrefois, « la perception de notre identité se tisse en y incorporant ce que nous croyons que les autres pensent de nous.
Quelle est donc la texture de ces nuages d’opinions que chacun ­convoite, tente de contrôler, subit malgré lui ? Qu’est-ce qui se joue, pour un sujet, dans cette obsession de l’idée que se font les autres de ce qu’il est, de ce qu’il fait, de ce qu’il vaut ?
La réputation, qui n’est rien d’autre qu’« un amas d’opinions » dont la circulation nous échappe largement, est un instrument stratégique et parfois destructeur.


La réputation est un second ego qu’il vaut mieux bien connaître, car c’est une partie entière de l’identité qui permet de mieux « comprendre qui je suis et pourquoi j’agis. Nous croyons être l’opinion des autres ou, parfois, ce que nous voudrions que les autres pensent de nous.
GO analyse l’impact de la trace sociale de notre image sur nos actions et nos motivations. Manière de signaler que la réputation travaille nos esprits, jamais totalement tranquilles lorsqu’on les confronte à l’évaluation par les autres de nos actes et de nos gestes. Il s’agit au fond pour elle d’expliquer pourquoi la réputation est si importante dans nos sociétés actuelles, "comment elle circule et se transforme", et comment "elle influence ce que les autres disent de nous".
Le moi social, cette "partie de nous qui vit dans les autres", n’est donc que le résultat d’une construction permanente de soi, d’une mise en scène de soi dans la vie quotidienne. Chaque personne est l’acteur de sa propre mise en scène sur un grand théâtre social ; chacun projette une situation initiale donnée qui conditionne la façon dont il sera perçu. C’est d’ailleurs ce qui nous distingue le plus clairement des autres espèces : "ce regard des autres intériorisés qui nous obsède en permanence". Cette obsession émerge même à un âge très précoce, dès le fameux stade du miroir analysé par Freud et ses disciples.

Mais, comme nous le savons tous, le contrôle par nous-mêmes de notre double nous échappe souvent et reste par définition imparfait, voire impossible. D’où l’angoisse répétée qui accompagne la perte de la réputation : une "anxiété proustienne concernant notre statut toujours incertain auprès des autres et l’ambivalence profonde que ces sentiments provoquent". Notre réputation, "à la fois familière et étrangère", indexée aux signes que nous émettons, reste dans les mains du monde social. Ses mains peuvent être sales autant que magiques, tout dépend du processus de construction et de développement de cette réputation, autant stratégique qu’incertaine.
Ce qu’on dit de nous nous confère toujours une certaine place dans l’espace social. "Etre, c’est pouvoir être comparé" : c’est dire combien jouer de sa réputation consiste à jouer avec sa vie ; à ses risques et périls.




La réputation des McCann était déjà passablement abîmée quand fut publié le livre de GA. Pourquoi ? Principalement à cause de leur laxisme quant à la surveillance de très petits enfants laissés seuls dans un appartement ouvert. Ensuite leur mise à distance des médias après les avoir courtisés excessivement. Leur théorie de l'enlèvement ne reposant que sur des spéculations dont nul ne voyait la logique. Leur manque apparent d'émotion.
En septembre 2007, quand ils furent faits arguidos, les médias, surpris, furent rétrospectivement horrifiés de ce qu'ils avaient publié, mais les gens n'ont pas été vraiment surpris.


MW étaient naturellement préoccupé par sa réputation. Il est clair que les crèches étaient mal gérées, les parents oubliaient de signer, les nannies complétaient les "trous" en signant à leur place.

Les T9 étaient également préoccupés par leur réputation. Ils savaient tous très bien que laisser les enfants seuls à la maison n'est pas recommandé au Royaume-Uni. Les deux groupes étaient donc quelque peu sur leur garde et faisaient attention à ce qu'ils disaient.

L'enquête portugaise aurait fait plus de dégâts que le livre de G. Amaral si les gens avaient lu les PJFiles au lieu de lire le livre.
 
Le capital social dépend toujours des autres, des liens que nous tissons avec eux et du fait qu’ils les reconnaissent. Dans l’histoire, comme dans les faits divers, certains ont préféré sacrifier leur vie plutôt que leur réputation.
Chacun projette une situation initiale donnée qui conditionne la façon dont il sera perçu
Chacun perçoit naturellement dans sa propre existence combien sa réputation, produite et véhiculée par de nombreux circuits, forme le cœur de son identité sociale, par-delà les malentendus et les manipulations toujours possibles. La réputation forme ce "puissant système rétroactif de soi sur soi-même qui constitue notre identité sociale et qui intègre dans notre auto-perception comment nous nous voyons vus", écrit l’auteur. Ce double de nous-mêmes, précise-t-elle, "n’est pas créé par la simple réflexion, mais par la réfraction de notre image déviée et multipliée dans le regard des autres".

Le moi social, cette "partie de nous qui vit dans les autres", n’est donc que le résultat d’une construction permanente de soi, d’une mise en scène de soi dans la vie quotidienne, pour reprendre les mots célèbres du sociologue Erving Goffman. Chaque personne est l’acteur de sa propre mise en scène sur un grand théâtre social ; chacun projette une situation initiale donnée qui conditionne la façon dont il sera perçu. C’est d’ailleurs ce qui nous distingue le plus clairement des autres espèces : "ce regard des autres intériorisés qui nous obsède en permanence".
À l’heure où le statut social d’un individu est forcément rehaussé par l’attention que les médias et le web lui portent. La réputation a la valeur d’une "grandeur symbolique", c’est-à-dire d’un signal qui "stabilise ou déstabilise notre identité sociale". De l’âge de l’information, nous sommes ainsi passé à l’âge de la réputation dans lequel "l’information n’aura de valeur que si elle est déjà filtrée, évaluée et notée par les autres". c’est dire combien jouer de sa réputation consiste à jouer avec sa vie ; à ses risques et périls.


Les MC ont endommagé leur réputation quand ils ont laissé leurs enfants seuls dans cet appartement et ont dépensé une partie de l'argent de MF pour essayer de redorer leur blason et pour se dégager de toute responsabilité quant au sort de leur fille quel qu'il ait été.



Répondre (droit de ne pas)
L’évitement n’est jamais une bonne tactique, surtout si votre enfant est porté disparu. Comme elle le montre par sa réponse à la 49è question de la PJ, après avoir refusé de réponse aux 48 premières, Kate MC était pleinement consciente que son silence entraverait l'enquête et aurait donc une influence négative sur la recherche de sa fille.
Après tout, s'ils étaient innocents, s'ils n'avaient joué aucun rôle dans la disparition de leur fille, comment risquaient-ils de s'incriminer par maladresse en répondant à ces questions ?
Kate MC a refusé de commenter et, ce faisant, a potentiellement rendu plus difficile la progression de l'enquête.



Responsabilité parentale

Selon la tante de Kate MC, Jannet K, les MC prenaient soin de ne pas laisser leurs enfants pleurer. Mais avec une ronde toutes les demi-heures ils couraient le risque d'une demi-heure de pleurs.

Il appartient aux parents de réfléchir et de décider des risques qu’ils sont prêts à prendre en matière de sécurité de leurs enfants. 
Les MC n'ont même pas pensé aux risques ordinaires que courent des enfants laissés seuls. Selon KMC "ils se sentaient tellement en sécurité" (bien qu'elle se soit inquiétée le 3, à table, du fait de la porte du patio ouverte). Se sentir en sécurité n'empêche pas des petits enfants de vomir, de s'étouffer, d'avoir un cauchemar etc.

Rien ne prouve que Madeleine ait été enlevée mais si elle l'avait été sa sécurité ne relèverait pas de la responsabilité du criminel, mais de celle de ses parents, car si les criminels potentiels réprimaient leurs penchants, nous n’aurions pas besoin de forces de police pour les mettre hors d'état de nuire.

Comment protéger les enfants de l'enlèvement ?

1. Rester avec eux.

2. Verrouiller les portes et les fenêtres.

3. Payer une baby-sitter.

Si, malgré ces précautions, un enfant est enlevé, la responsabilité parentale n'est pas engagée, ils ont fait tout ce que l'on pouvait attendre d'eux.

Comment faciliter la tâche d'un ravisseur éventuel ?

1. Laisser les enfants seuls à la maison dans un appartement non verrouillé.

2. Raconter que vous les laissez seuls.

3. Faire des rondes toutes les demi-heures.

Si alors un enfant est enlevé, vous n'avez pas commis de crime, le ravisseur est le criminel, mais vous n'avez pas pris les précautions raisonnables en matière de protection de vos enfants.

Quand on est cambriolé, le police donne des conseils sur la manière de rendre votre maison plus sûre. On vous dira que verrouiller portes et fenêtres est fondamental pour protéger votre foyer. Les policiers savent bien que le coupable est le cambrioleur, s'ils mettent en garde c'est pour que les cambrioleurs désistent dorénavant. Police et compagnie d'assurances attendent de vous que vous fassiez quelque chose pour protéger votre propriété.  
Personne ne s'attend à ce que le cambrioleur désiste de sa tendance à cambrioler.
On constate souvent que ceux qui ne veulent pas, ne peuvent pas assumer la responsabilité de leurs propres manquements n’éprouvent aucune difficulté à blâmer autrui (comme le f ..... g tosser, le tweedle dum and tweedle dee).
Enlèvement ou non, si les MC avaient dîné dans leur patio ou sur leur véranda, personne n'aurait rien trouvé à dire.


Rumeur
Plus vieux média du monde, la rumeur ne doit pas seulement se transmettre de machine en machine : il lui faut s’introduire dans les cerveaux. Plus que ses qualités propres — fiabilité et pertinence —, c’est son adéquation au milieu dans lequel elle évolue qui, d’une divagation, peut faire une information puissamment relayée. Face à la perte de confiance vis-à-vis des médias traditionnels, l’opinion publique a fini par se persuader que la vérité lui est cachée, explique Guillaume Brossard. On ne sait jamais, si c’était vrai ? 
Ainsi, aux vecteurs classiques de diffusion des pensées — l’instruction, les médias de masse, la culture, les discussions —, l’interconnexion entre le cyberespace et la noosphère ajoute un canal supplémentaire aux caractéristiques inédites : immédiateté, décentralisation, dimension planétaire. Propriétés particulières dont découlent quelques effets :
un total découplage entre vérité et diffusion : qu’elle soit « vraie » ou « fausse » n’entrave ni ne facilite la marche d’une rumeur ;
un irrépressible jaillissement d’« informations » douées pour la reproduction mentale, et la nécessité pour les autres canaux d’« information » de les analyser, de les valider, de les critiquer ;
l’impossibilité de faire parcourir à un « démenti » les mêmes chemins qu’à l’« information » initiale ; le « démenti » ne pourra qu’emprunter un autre chemin (tribunaux, campagnes publicitaires dans la presse, informations télévisées, école...) ;
le sentiment d’hébétude qui saisit notre contemporain face au déluge informationnel.
Les tabloïds comme marchands de rumeurs, de marketing viral, comme arnaqueurs et officines de propagande. Mais la rumeur est la créature la plus apte à survivre dans la société de la communication immédiate.

La rumeur joue sur nos peurs et se nourrit de nos préjugés.

Selon Gérald Bronner, les rumeurs d'enlèvement relèvent des légendes urbaines, des serpents de mer de l'imaginaire, qui remontent à très loin. Des récits de rapts d'enfants par des Juifs se retrouvent dès le XIIe siècle. 



Mais comment naissent-elles ?

Beaucoup d'histoires circulent mais celles qui vont survivre, qui sont mémorisées, seront les plus horribles. Parce qu'elles attisent notre peur, elles attirent notre attention. L'enlèvement angoisse parce qu'il est pire que la mort : on ne sait pas ce que sont devenus les individus. 


Aujourd'hui, les Roms sont accusés...

Dans les rumeurs, il y a deux grandes catégories de coupables : les élites, comme dans l'affaire de Toulouse, en 2003, où on imaginait un réseau de prostitution et de pédophilie, et ceux considérés en marge de la société, tels les Juifs et les Tziganes. Quand on est face à une énigme, l'épidémie, on puise, pour la résoudre, dans les stéréotypes sur les marginaux.



Pourquoi croit-on ces histoires ?

Même si pendant l'enquête, les témoignages sont démontés, entre-temps, ils se sont diffusés. Cela donne des raisons de devenir déraisonnable. Quand les gens réagissent, ils croient faire le bien.


Les autorités démentent, la rumeur continue de circuler

Malgré les différents démentis des autorités, ces rumeurs continuent de circuler, aidées par des réseaux sociaux qui offrent une caisse de résonance aux rumeurs les plus infondées. Lorsque l’on creuse un peu pour remonter à la source de ces rumeurs, c’est toujours la même histoire. Les personnes qui ont relayé ces supposées informations affirment rarement disposer de preuves concrètes.
Lorsque des rumeurs de kidnapping d’enfants en banlieue parisienne ont ressurgi au début du mois de mars, LCI avait interrogé des relayeurs : « Nos interlocuteurs se ravisent, indiquent tenir leurs informations “d’amis” qui, eux, auraient vu des choses. Et d’évoquer des “trafics d’organes derrière ces rapts”. » Dans ce cas précis, le parquet de Nanterre a affirmé qu’il n’avait été saisi d’aucune affaire d’enlèvement de ce genre. Comment expliquer, alors, que malgré les démentis des autorités, ces rumeurs continuent à être relayées ?
« Les internautes qui diffusent ces rumeurs le font pour montrer qu’ils sont solidaires et bienveillants, qu’ils font partie d’une communauté. Au fond, peu importe qu’il y ait eu ou non une tentative de kidnapping, l’important c’est que les enfants soient prudents et n’entrent pas dans les voitures d’étrangers.  
Les démentis des autorités, quant à eux, n’atteignent pas les gens qui relaient car ils ne suivent pas les bons comptes ou parce qu’ils sont noyés sous tous les messages qui relaient la rumeur.
Rumeur
La malveillance emprunte la rumeur parce que c'est un canal discret, sûr, permanent, efficace, de surcroît gratuit, sans auteur à payer.
 
La parole était d'argent,

mais la rumeur est de plomb.

C'est bien plus fort qu'un mensonge

Ça grossit comme une éponfe,

Démentir et protester,

c'est encore la propager.

Rumeur et fama (renommée) vont ensemble pour démolir et honorer

La nouvelle se diffuse par ruissellement, comme par capillarité.

Mais quels sont les facteurs qui favorisent la diffusion galopante de la rumeur, jusqu’à l’établir en un fait durablement installé ?Pour qu’une rumeur se propage, il faut qu’elle rencontre l’imaginaire de l’époque – c’est le même phénomène que pour les fake news, aujourd’hui.

Quand il s’agit de rumeur ou d'infox, la question des sources et de leur vérification est primordiale. C’est dans ce sens que face à l’ampleur des phénomènes de fake news on voit surgir aujourd’hui les sites de fact checking, c’est-à-dire de vérification des faits.

les historiens Raymond Aron et Paul Veyne nous ont appris que l’histoire racontée est le résultat d’une hypothèse certes vérifiable mais falsifiable, et que séparer le fait historique de son interprétation est une entreprise vaine.




Rhétorique
Voir aussi Argumentation

La communication orale FLORENCE CAUHÉPÉ

Techniques d’expression orale : Le débat