Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

P




Panique et culpabilité
Parents/enfants

Parents (d'enfant disparu)
Parole et pensée

Pédophile
Penser par soi-même
Performatif

Personne
Petit Chaperon rouge
Porte (ouverte ou fermée ou verrouillée)
Porte (hantée)
Portrait-robot
PPPP (prétendu plaisir pervers du prédateur)

Préjugé
Presse (selon Zola etc.)
Preuve (charge de la) : renversement
Preuve et culpabilité 

Preuve directe vs preuve circonstancielle
Preuve moral vs élément probant légal
Prisonnier (Dilemme du)
Probabilité et pantalon à boutons décoratifs
Procédure inquisitoire (v. Common Law)

Procuration (par, by proxy)
Profiling
Propagande
Publicité (du crime)


 
Panique et culpabilité
Vous partez en vacances à l'étranger et un enfant a un accident mortel. Grâce à votre profession, vous savez à quel point les autorités de votre pays sanctionnent le manque de surveillance des enfants, mais vous ne savez pas ce qu'il en est dans le pays où vous vous trouvez.

Vous venez d'un milieu modeste, vous vous êtes battu pour être là où vous êtes professionnellement, vous tenez à votre style de vie et à votre famille, vous craignez que ce que vous avez conquis ne soit pulvérisé par une accusation  de négligence envers un enfant .

Il n'a pas été facile de concevoir vos enfants et vous les adorez. Vous savez que des enfants laissés seuls dans des situations similaires ont été retirés de la garde de leurs parents dans votre propre pays. Et si  le pays où vous êtes en vacances faisait de même ?

Il est facile de voir comment quiconque se trouvant dans une telle situation pourrait s'affoler et faire un choix aberrant qu'il aurait probablement rejeté avec le temps et en prenant du recul.

Parents/enfants
On forme sur les parents en général toutes sortes de suppositions. En réalité, tous les parents ne correspondent pas à ces hypothèses. Tous les parents ne créent pas de liens, ne font pas preuve d'empathie ou ne font pas passer leurs enfants en premier, même s'ils le disent.
On ne sait presque rien des relations des MC avec leurs enfants. Ce que l’on sait, c’est qu'elles avaient lieu lorsque les crèches n'étaient pas disponibles, sauf en une occasion que personne n'a semblé apprécier. L'attitude des parents est révélée par le fait qu’ils considéraient acceptable de laisser leurs enfants sans surveillance permanente tous les soirs. 


Parents (d'enfant disparu)
Il est difficile pour les policiers en charge de la disparition d’un enfant de ne pas se laisser envahir par l'empathie devant des parents désespérés. Comment rester objectif et s'abstenir de se former une opinion face aux pleurs des parents ? Il n'est pas rare que des parents suppliant, par médias interposés, qu'on les aide à chercher l'enfant qu'on leur a enlevé, l'ont en fait enterré ou savent ce qui lui est arrivé.

Discriminer entre parents innocents et parents coupables est d'autant plus difficile que les seconds sont probablement malheureux aussi. Il faut savoir y faire, car le déni est firme et indigné. La technique souvent consiste à laisser les parents en liberté et à les placer sous écoute. Entretemps l'urgence, la priorité est de retrouver l'enfant vivant et la hantise est de manquer une chance de le sauver, d'arriver trop tard. Pendant un temps raisonnable, douze jours et un. Puis vient le temps des analyses de témoignages, des résultats de la police scientifique, des recoupements, des surveillances et de l'examen des écoutes.

Parole et pensée
 La phrase de Talleyrand "la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée" illustre remarquable l'utilisation du langage faite par les MC dans l'intention d'éviter un discours direct qui aurait pu renvoyer d'eux une image négative. Ainsi ont-ils prononcé des phrases alambiquées, devant les caméras et donc gravées dans le marbre, comme celle-ci, passablement absurde : nous regrettons de ne pas avoir été là au moment où Madeleine a été prise, afin d'éviter la phrase beaucoup plus lucide et honnête : nous regrettons de l'avoir laissée seule.

Ils tentent d'atténuer un comportement qu'ils savent irresponsable en exprimant le regret de ce qu'ils n'ont pas fait au lieu d'être désolés de ce qu'ils ont fait.
Ils ont martelé dans les médias le mot "enlèvement" afin qu'il soit employé aussi souvent que possible

Pédophile

Pierre Lamothe a évoqué très justement à propos des pédophiles qu’ils étaient le dernier racisme autorisé, voire encouragé. Si nous ne parvenons plus aujourd’hui à penser, diversifier, hiérarchiser, différencier... les diverses formes de pédophilie, c’est justement parce que nous sommes sidérés par cet attracteur qui nous interdit de penser la singularité de sujets face à leurs victimes, comme si nous étions face à une image insupportable, unique, mythique : celle du monstre s’attaquant à ce à quoi nous tenons aujourd’hui le plus au monde : l’idéalisation de l’enfant désexualisé et hyper-narcissisé, dépouillé de sa sexualité infantile. Avec une telle représentation envahissante, il n’est plus question de comprendre ce qui s’est passé entre un agresseur particulier et sa victime singulière. On est dans la transcendance. Mais cette transcendance, que nous voudrions du côté du registre des valeurs, est en fait du côté du fantasme.



Penser par soi-même
Oser ne pas penser comme les autres, Ionesco, Antidotes (1977) :

Ne pas penser comme les autres vous met dans une situation bien désagréable. Ne pas penser comme les autres, cela veut dire simplement que l'on pense. Les autres, qui croient penser, adoptent, en fait, sans réfléchir, les slogans qui circulent, ou bien, ils sont la proie de passions dévorantes qu'ils se refusent d'analyser. Pourquoi refusent-ils, ces autres, de démonter les systèmes de clichés, les cristallisations de clichés qui constituent leur philosophie toute faite, comme des vêtements de confection ? En premier lieu, évidemment, parce que les idées reçues servent leurs intérêts ou leurs impulsions, parce que cela donne bonne conscience et justifie leurs agissements. 
Il y a aussi les cas de ceux, nombreux, qui n'ont pas le courage de ne pas avoir "des idées comme tout le monde, ou des réactions communes". Cela est d'autant plus ennuyeux que c'est, presque toujours, le solitaire qui a raison. C'est une poignée de quelques hommes, méconnus, isolés au départ, qui change la face du monde. La minorité devient la majorité. Lorsque les "quelques-uns" sont devenus les plus nombreux et les plus écoutés, c'est à ce moment là que la vérité est faussée... Ainsi donc, je suis vraiment un solitaire parce que je n'accepte pas d'avoir les idées des autres.

Mais qui sont "les autres" ? Suis-je seul ? Est-ce qu'il y a des solitaires ?

En fait, les autres ce sont les gens de votre milieu. Ce milieu peut même constituer une minorité qui est, pour vous, tout le monde. Si vous vivez dans cette "minorité, cette "minorité" exerce, sur celui qui ne pense pas comme elle, un dramatique terrorisme intellectuel et sentimental, une oppression à peu près insoutenable. ... Souvent, rompant avec le "tout le monde" de mon milieu restreint, j'ai rencontré de très nombreux "solitaires " appartenant à ce qu'on appelle à juste raison, la majorité silencieuse.




Performatif
How to do Things with Words (Quand dire, c'est faire)
De nombreux énoncés, tels les questions ou les ordres, échappent à la problématique du vrai et du faux car ils ne décrivent pas la réalité. À travers l'énonciation, un certain type d'acte s'accomplit.

L'énoncé performatif s'oppose donc à l'énoncé constatif qui rapporte un fait, décrit simplement une action dont l'exécution est, par ailleurs, indépendante de l'énonciation : dire « J'ouvre la fenêtre » ne réalise pas, ipso facto, l'ouverture de la fenêtre, mais décrit une action. L'énonciation est une affirmation (vraie ou fausse), qui constate mais ne fait rien. Entre l'énonciation performative et l'énonciation constative il existe toute la gamme des énonciations mixtes, le performatif et le constatif ne sont que deux pôles de l'acte de parole.

Différencier trois types d'actes de paroles visant à "faire quelque chose" en parlant :

- La simple «locution» consiste à émettre une suite de sons auxquels est attachée une signification dans une langue donnée. 
- l'illocution (comment l'acte de parole est reçu par le destinataire)

- la perlocution (obtention de certains effets concrets ou conséquences au moyen de la parole)



La réussite des énoncés performatifs (qu'ils fassent vraiment quelque chose) suppose certaines conditions et des circonstances précises et appropriées  : seul le président devant l'assemblée réunie peut dire avec effet « Je déclare la séance ouverte »

Bien entendu, l'accomplissement visé par l'énonciation performative exige souvent le concours d'autres éléments que les paroles elles-mêmes. Le contexte de l'énonciation, particulièrement, est primordial, tout autant que la personne de l'énonciateur. Le statut du locuteur importe puisque c'est grâce son statut particulier qu'il parvient à créer des effets avec son énoncé.


auto-référent : n'a d'autre référent que sa profération


Personne (masque)
Le masque est ce qui permet de se construire un personnage.
Dans le théâtre antique, "personne" désigne le masque qui fait porter la voix, à travers lequel le son passe : per-sona. Ainsi, visage, personne et masque se recouvrent-ils.  

Persona en latin désigne le déguisement, l’apparence extérieure d’un homme, imités sur la scène ; et parfois, plus précisément, la partie du déguisement qui recouvre le visage : le masque. De la scène, le mot est passé à tout homme qui donne en représentation ses paroles et ses actions, au tribunal aussi bien qu’au théâtre. Personne est donc l’équivalent d’acteur, tant à la scène que dans la vie courante ; et personnifier c’est jouer le rôle, ou assurer la représentation, de soi-même ou d’autrui. Thomas Hobbes  (Léviathan)
Au tribunal aussi bien qu’au cinéma, porter le masque serait donc une manière de nous représenter en nous couvrant pourtant le visage, de façonner notre personne plutôt que la cacher. Porter un masque non seulement pour se faire voir, mais pour se faire entendre, littéralement.
 


Petit Chaperon Rouge et pédophilie 
Ce conte, qui met en scène trois générations de femmes et exclut du conte toute figure paternelle,  relate l’histoire de la passion dévorante ou carnassière qui unit les mères à leurs filles et désigne l'enfant comme objet obsessionnel du désir féminin. le processus de transmission de l’obscur objet du désir féminin (qui ne serait donc pas le phallus mais l’enfant, surtout s’il est lui aussi une mère en puissance). En dépêchant sa fille auprès de la mère-grand – autant dire la Grande Mère, l’archétype de la Mère imaginaire –, la mère réelle du Petit Chaperon Rouge envoie son enfant vers la matrice originelle, d’où elle est issue et où l’amour maternel excessif, abusif, aliénant, dévorant, menace de la précipiter de nouveau. Le loup, on l’aura compris, incarne cet amour équivoque et carnassier, cette tentation mortifère de retrouver l’état fusionnel des origines, éprouvée tout autant par le Petit Chaperon Rouge que par ses mères. Perrault inflige sournoisement à ses lecteurs la banalité des moralités versifiées, comme pour mieux dissimuler ce que ses contes ont de scandaleux et d’inavouable. La véritable morale de l’histoire est un amour maternel abusif et mal canalisé, monstrueux et destructeur, aussi bien pour les mères que pour leurs filles.
Si Une faim de loup (Anne-Marie Garat) soulève des problématiques dignes d’intéresser la recherche universitaire – en littérature ou en psychanalyse –, il est une œuvre littéraire à part entière, composée dans un style magnifiquement maîtrisé, en même temps qu’un récit touchant de la façon dont plusieurs générations d’une même famille s’approprient un conte raconté de mère en fille.

Car ce conte est celui de la dévoration aux multiples significations, ce moment d’intimité « de ravissement et d’effroi » lové, protégé, au creux de ce monde de mots et d’images de l’imaginaire; imaginaire collectif occidental.
Du conte du Petit chaperon rouge, on retient surtout la triste fin, l'innocente enfant dévorée par un loup cruel. Le rouge qu'elle porte invite les jeunes lecteurs et lectrices à la prudence. Mais hormis la version de Charles Perrault, il existe de nombreuses autres versions relevant de la tradition orale. Les sources du conte remontent même au Moyen Âge où il apparaît sous le titre de : La petite robe rouge. 

Dans toutes les versions du conte, quelle que soit l'époque, la petite fille suit la même trajectoire, de la maison de sa mère à celle de sa grand-mère, qu'elle ne rencontre jamais. Tantôt le loup la lui donne à manger, tantôt c'est la petite fille elle-même qui cuisine les restes de son aînée, sans le savoir. Le rouge du Petit chaperon exprime la transgression, mais le rouge est aussi la couleur des péchés de la chair.

La cuisine tient finalement une place importante dans ce conte, c'est parce que la mère a préparé des galettes de beurre qu'elle envoie sa fille porter ceux-ci à sa grand-mère, aux risques et périls de la petite fille. Toutefois, dans certaines versions, le Petit chaperon rouge parvient à échapper au loup, à sa roublardise et s'enfuit de la maison, bien vivante et encore plus vaillante. Le Petit chaperon rouge est une dure à cuire. 

Pas de magie, de fée, d’ogre ou de sorcière, mais l’effrayante forêt des contes, celle où se déchaîne le Mal, où s’expriment la cruauté et le chaos de la nature.

La question de la pédophilie est un élément central. Il est un rite de passage.


Porte (ouverte ou fermée ou verrouillée)

Personne ne sait avec certitude quelles portes (de l'appartement 5A) ont été laissées ouvertes et pourquoi. Laisser la porte du patio (légèrement afin de pouvoir la faire glisser) ouverte tout en fermant la barrière de sécurité pour enfants n'a aucun sens, puisque cette dernière ne barre que le chemin que d'enfants de moins de deux ans, par ailleurs incapables de s'extraire de leurs lits.


Porte (hantée)
ou ce qu'on voudrait faire croire.

Le ravisseur est le premier à avoir ouvert cette porte quand il est entré dans la chambre des enfants. Il aurait alors entendu Gerald MC entrer par la porte du patio et se serait caché derrière cette porte dont Gerald remarque qu'elle est "trop ouverte", sans s'interroger très longtemps sur cette étrangeté car, parcourant la chambre des yeux, il voit sa fille dormir dans la même position que lorsqu'ils sont partis à 20h30, elle n'a donc pas bougé, la question de qui ou quoi a déplacé la porte n'en est plus une, il sort en ramenant la porte à la position entrebâillée.
Le ravisseur sédate les enfants qui dorment, ouvre le volet et la fenêtre (fausse piste ?), saisit Madeleine, laisse la porte de la chambre à nouveau "trop ouverte" et est sort par la porte d'entrée.

Matthew MO voit la porte des enfants grande ouverte vers 21:30, ce qui lui a permis de vérifier de loin que tout était tranquille.

Comme Gerald avait laissé la porte entrebâillée, on en déduit que le ravisseur a opéré entre sa sortie et le passage de Matthew

Comme, par ailleurs, Jane TB a vu le ravisseur au moment où elle voyait aussi Gerald bavarder dans la rue avec Jeremy W, le créneau pour le moment de l'enlèvement est très étroit. Si étroit qu'on peut même se demander s'il existe même.



Portrait-robot

Dans l'immense majorité des cas le portrait-robot est très approximatif. Élaboré à partir de témoignages, il peut conduire les enquêteurs sur une fausse piste. Le témoin, qui a en tête une image floue, produit environ 50% d'erreurs, ce qui rend difficile une reconnaissance. Sa publication peut se révéler une erreur fatale dans une enquête. Il y a toujours le risque que, à défaut du reste du monde, le suspect se reconnaisse ou pense qu'on va le reconnaître et prenne la fuite ou change drastiquement d'aspect physique. Le portrait-robot peut avoir un intérêt quand le suspect possède un trait distinctif manifeste, comme un cicatrice ou une barbe


Postulat
Un postulat est une proposition qui ne peut être démontrée, mais qui est nécessaire pour établir une démonstration. L'éventuelle fausseté d'un postulat ne peut être démontrée, il n'y a aucun moyen d'en vérifier la validité ou non.

Post-vérité

Ce n'est pas un euphémisme pour éviter l'odieux "mensonge", c'est une technique de communication consistant à habiller la réalité pour la rendre plus défendable.



PPPP (prétendu plaisir pervers du prédateur)
Les parents ont prétendu à plusieurs reprises (voir Oprah) qu'on les avait mis en garde contre l'expression en public de leurs sentiments. Dans "Madeleine" Kate MC rapporte que des experts de la police britannique lui avaient recommandé de montrer le moins d'émotion possible lors des conférences de presse, parce que le ravisseur pourrait en tirer un plaisir pervers. KMC est horrifiée à l'idée de mettre en péril la sécurité de sa fille en révélant ses émotions. Mais comment ? Un ravisseur mu par une vengeance personnelle, peut-être, mais un pédophile ? En quoi le malheur des parents le réjouirait-il ?
Un googlage rapide produit de nombreux exemples d'une dissimulation brillante vis-à-vis de la presse, si parfaite qu'on accusa Kate MC d'être impassible.

Préjugé

OG a considéré la disparition de MMC comme un acte criminel commis par un étranger. C'est peut-être pour cela qu'ils n'ont trouvé ni MMC ni le criminel.


Presse (selon Zola etc.)

Si des sujets d'émotion manquent, ils en inventent.

Le journal nouveau tend à mettre à la porte la littérature. Les faits divers, sous plusieurs appellations différentes, ont envahi les quatre pages. La presse à informations est née ... Il faut raconter le crime de la nuit en 300 lignes avec le portrait de l’assassin, ce qu’il mangeait, ce qu’il buvait ..

Le directeur doit «contenter son public. Il n’a pas charge d’âmes, il veille avant tout à la prospérité d’une affaire commerciale». Pour cela «il gorge le public de ce qu’on sait devoir lui plaire».

Le journalisme actuel maintient la nation dans son état de surexcitation nerveuse ... Chaque feuille tâche de pousser au tirage en satisfaisant davantage la curiosité de ses lecteurs.

Zola note que le public est habitué à «lire un journal en courant... Il avale les petits faits, mais les études en trois colonnes ne passent plus ... Il veut de courts entrefilets, aimant les nouvelles toutes mâchées, et servies dans de petits plats». Et ceci amène Zola à poser la question –il y a trois quarts de siècle: «Où veut-on qu’un homme vivant notre vie affolée trouve un quart d’heure pour lire un article grave?»Il nous dépeint, ou plutôt il dépeint nos pères, ses contemporains, «pénétrés jusqu’aux os, par le virus de l’information ..., secoués par l’événement du lendemain ...» Nous sommes comme le «malade mis heure par heure au courant de sa maladie, écoutant battre son pouls, assistant à la désorganisation de sa machine; il s’exagère les accidents, il meurt de la fièvre qu’il se donne.»

Les «feuilles à un sou ... spéculation franche sur la sensiblerie des portières et sur la bonne foi des ignorants qui croient s’instruire». Oui, il le reconnaît, «la presse détraque nos nerfs, charrie de la prose exécrable ... est souvent inepte et violente ...» Cependant, il salue au nom de l’avenir «cet outil puissant des temps modernes», cette«force qui sûrement travaille à l’expansion des sociétés de demain.»
La presse, selon Zola, est un «formidable levier»

Mon unique désir est de ne parler de rien sans avoir vu et compris.

Il a fixé une règle –règle d’or du journalisme -: "Il faut d’abord poser nettement les faits."

Le flux des critiques qui se dirigent vers la profession des journalistes paraît s'enfler d'année en année. Ce décri n'est nullement apparu récemment. Au contraire, il est aussi ancien que les journaux eux-mêmes, depuis qu'ils sont nés au XVIIe siècle.
La vitalité d'une presse libre constitue, avec l'instruction du peuple, l'un des deux piliers primordiaux d'une démocratie vivante. Lorsque les journalistes sont déconsidérés, c'est aussitôt cette démocratie qui s'affaiblit.



Le décri de la presse n'est nullement apparu récemment, mais au contraire qu'il est aussi ancien que les journaux eux-mêmes, depuis qu'ils sont nés, au XVIIe siècle. N'est-ce pas Balzac qui disait que si la presse n'existait pas, il ne faudrait sûrement pas l'inventer ? Je ne relève certainement pas cela pour nourrir je ne sais quelle résignation à l'inévitable, car cette attitude serait délétère. Mais l'idée s'impose que ce phénomène, qui a connu des hauts et des bas, a forcément des causes plurielles et évolutives, et que, par conséquent, l'examen de celles-ci peut révéler beaucoup, au-delà du phénomène lui-même, sur les régimes politiques successifs, sur l'équilibre des sociétés et sur les représentations qu'elles se donnent d'elles-mêmes, d'âge en âge. 




Preuve (charge de la): renversement
C'est à celui qui affirme quelque chose d'apporter la preuve de ce qu'il affirme. Autrement dit, je n'ai pas à prouver ce que j'avance, c'est à vous de prouver que j'ai tort.






- Je crois en l'existence d'une divinité céleste : une petite théière en orbite autour du soleil... Cette divinité existe, essayez de prouver qu'elle n'existe pas !
- Non. Je n'ai pas à vous croire sur parole, c'est à vous d'apporter la preuve de ce que vous avancez. Ce qui est affirmé sans preuve peut être rejeté sans preuve.

Dans les systèmes démocratiques, la charge de la preuve revient à l’accusation. C’est sur ce point qu’il faut réfléchir : dans le cas d’agression sans témoin, la victime se retrouve en position de faiblesse. Sa parole seule ne suffit pas et le doute profitera à l’accusé. Mais à l’inverse, la charge de la preuve était transférée sur l’accusé, celui-ci devrait alors établir son innocence, ce qui contredit les principes généraux du droit. Peut-on rééquilibrer les procédures sans heurter les principes ?


Preuve et culpabilité
La tendance est trop fréquente de confondre preuve morale et preuve légale de culpabilité. Seule la seconde envoie le coupable devant un tribunal.


Preuve directe vs preuve circonstancielle
La preuve directe est un élément qui, s'il est avéré, prouve un fait pertinent de façon concluante. Par exemple, le témoignage oculaire est un type de preuve directe. La preuve directe n'est pas nécessairement plus fiable que n'importe quel autre type de preuve. Le témoin oculaire, par exemple, peut se tromper. La preuve directe établit un fait important sans que le juge des faits en tire des inférences. 

La preuve directe est censée établir un fait. Si elle est vraie, elle prouve de manière concluante, preuve péremptoire (conclusice proof). La preuve directe n'est pas nécessairement plus fiable qu'une autre. Un témoin oculaire peut s'être trompé, bien qu'il ait, en identifiant, fourni une preuve directe. 
La preuve circonstancielle (circumstancial evidence), la présomption, permet d'établir indirectement un fait. On infère de ce type de preuve l'existence d'un fait. Du sang trouvé sur une scène de crime est une preuve circonstancielle. La preuve circonstancielle est un élément qui, indirectement, aide le juge des faits à inférer l'existence d'un fait. Par exemple, les empreintes digitales ou l'ADN trouvé sur la scène de crime sont des preuves circonstancielles. La preuve circonstancielle est parfois plus fiable que la preuve directe.


Circumstancial evidence: preuve circonstancielle/présomption

Corroborating evidence : preuve corroborant

countering evidence : preuve contraire

cumulative evidence : preuve cumulative

Decisive evidence : preuve décisive

disputable presomption : présomption réfutable

enactment : édiction ?????????? promulgation

evidence : preuve

explanatory evidence : preuve exégétique/explicative

false evidence : faux témoignage

first hand evidence : preuve originale/première

formal proof : preuve formelle

inferential evidence : preuve par inférence

mean of proof : moyen de preuve

mediate testimony : preuve secondaire

narrative evidence : témoignage narratif

negative proof : preuve négative

onus of proof : charge de la preuve

prima facie : de prime abord

real evidence/tangible evidence : preuve matérielle

rebuttal evidence : contre-preuve/preuve en réfutation

rebutting evidence : contre-preuve

receivable evidence : preuve recevable

rule of evidence : règle de preuve

satisfactory evidence : preuve satisfaisante

scintilla of evidence : parcelle de preuve

second-hand evidence : preuve dérivée, preuve par ouï-dire

spark of evidence : parcelle de preuve

testimonial evidence : preuve testimoniale

uncorraborated evidence : preuve non corroborée

unoriginal evidence : preuve dérivée



Preuve morale vs élément probant légal

Les détracteurs du travail déployé par la police britannique pour amener des criminels devant la justice ignorent en général la distinction importante entre la preuve morale et l'élément prouvant la culpabilité.Dans un certain nombre d'affaires classées comme non élucidées, l'identité du criminel ne fait aucun doute, mais on ne peut le prouver et le traduire en justice. Les coupables s’échappent parfois à travers un système conçu pour protéger les innocents accusés à tort. Il faut saluer ce système au lieu de le dénigrer.


Prisonnier (Dilemme du)

Énoncé en 1950 par Albert W. Tucker à Princeton, il met en situation deux joueurs qui auraient intérêt à coopérer, mais qui, en l’absence de communication, choisissent chacun de trahir l'autre (si le jeu n'est joué qu'une fois). La raison est que si l’un coopère tandis que l'autre trahit, le coopérateur est fortement pénalisé. Pourtant, si les deux joueurs trahissent, le résultat leur est moins favorable que s'ils avaient tous deux choisi de coopérer.
Deux suspects sont arrêtés par la police et interrogés séparément avec la même offre. « Si tu dénonces ton complice et que celui-ci ne te dénonce pas, tu seras remis en liberté et lui écopera de 10 ans de prison. Si tu le dénonces et il fait de même, vous écoperez tous les deux de 5 ans de prison. Si aucun de vous ne dénonce l'autre, vous aurez tous deux 6 mois de prison. »
Chacun des prisonniers réfléchit de son côté en considérant les deux cas possibles de réaction de son complice.
  • « Dans le cas où il me dénonce :
    • Si je me tais, je ferai 10 ans de prison ;
    • Mais si je le dénonce, je ne ferai que 5 ans. »
  • « Dans le cas où il ne me dénonce pas :
    • Si je me tais, je ferai 6 mois de prison ;
    • Mais si je le dénonce, je serai libre. »
« Quel que soit son choix, j'ai donc intérêt à le dénoncer. »
Si chacun des complices fait ce raisonnement, les deux vont probablement choisir de se dénoncer mutuellement, ce choix étant le plus empreint de rationalité. Conformément à l'énoncé, ils écoperont dès lors de 5 ans de prison chacun. Or, s'ils étaient tous deux restés silencieux, ils n'auraient écopé que de 6 mois chacun. Ainsi, lorsque chacun poursuit son intérêt individuel, le résultat obtenu n'est pas optimal au sens de Vilfredo Pareto.



Probabilité et pantalon à boutons décoratifs
Quelle est la probabilité qu'un homme portant un pantalon beige avec des boutons purement décoratifs sur le côté et portant une enfant pareille à Madeleine, le 3 mai, à peu près au moment où Madeleine a disparu, un homme qui, selon un couple, pourrait à 60-80% être GMC ne soit pas GMC ? Combien d'hommes à PdL correspondraient à tous ces critères ? Une recherche sur Google montre qu'un tel pantalon est inexistant sur la Toile. Or des photos prises en juin 2007 montrent que GMC en avait un.

Peut-on simplement accepter sans investiguer davantage que tout cela n'est qu'une énorme coïncidence ?


Procédure inquisitoire (v. Common Law)

Culturellement, pour les citoyens de pays à procédure accusatoire, il est difficile de comprendre qu'au Portugal, comme en France et ailleurs, ce n'est pas la meilleure histoire qui l'emporte.

Quelle valeur, quelle force de conviction pourrait avoir la prosaïque hypothèse de la PJ selon laquelle les parents, découvrant le corps de leur enfant morte accidentellement en leur absence, auraient caché, enseveli, jeté à la mer son corps en faisant croire à un enlèvement pour s'épargner les reproches éternels de leurs proches ? La honte aurait-elle sa place ici ?

Douterait-on en revanche du succès d'une histoire de ravisseur sans visage s'introduisant par la fenêtre forcée, volet arraché, rideaux emportés par le vent dans la chambre paisible de trois petits enfants endormis ? Il en emporte un sur ses bras étendus, comme une victime sacrificielle, scellant définitivement le destin dramatique d'une paisible et honnête famille.

Les séries télévisées ont popularisé les différentes manières de rendre la justice, familiarisant les pays européens où prévaut le système inquisitoire à la procédure dans les pays de Common Law où règnent négociation et persuasion, le pouvoir de convaincre le jury ou le juge dépendant de l'habileté des avocats et des capacités financières de chaque partie. Dans le système accusatoire on est dans une optique de négociation permanente et de persuasion sur la valeur des preuves et des témoins présentés devant un jury sous l’arbitrage d’un juge régulateur. 


Procuration (par, by proxy)

Les MC sont littéralement leurs pires ennemis à cet égard, car ils ont tendance à se cacher et à ne pas commenter ce qui est dérangeant, préférant s'en remettre aux déclarations de leurs proches/amis/source proche de l'enquête/ etc. Laisser filtrer des informations vagues si ce n'est fausses tout en s'accrochant à la bouée du secret de l'instruction pour ne pas parler a contribué à l'éclosion des histoires les plus folles.
Les MC ont toujours maintenu qu'ils entretenaient de bonnes relations avec la PJ, du moins jusqu'à ce qu'ils soient interrogés en septembre 2007. C'est la source proche de la famille qui a briefé les médias au sujet de l'incompétence de la PJ.


Profiling (analyse comportementale)
Le profilage criminel (terme inventé par la TV), fondé sur l’analyse comportementale, est une méthode permettant à des enquêteurs de dresser le portrait psychologique  d'une personne recherchée.
Lesdits profileurs sont des psychologues maîtrisant de surcroît le droit criminel et souvent diplômés universitairement en victimologie et/ou en criminologie. Il est le plus souvent obligatoire d'être policier ou gendarme.
En psychologie appliquée, la psychologie d'investigation tente de décrire les infractions et de mieux comprendre la criminalité afin de résoudre des crimes et de contribuer aux procédures de poursuite et de défense. Elle regroupe les problèmes de recherche d’informations, de déduction d’informations à partir de l'enquête et de la manière dont la prise de décision de la police peut être étayée par divers systèmes issus de la recherche scientifique. 
Dans les années 1990, le profilage est devenu un mot à la mode populaire. Depuis, il a été présenté dans des films de Profiler à Red Dragon. Ces histoires sont prenantes, mais toute ressemblance entre leur contenu et la réalité est généralement fortuite. Leur but est de divertir, pas d'informer. Par conséquent, le public a souvent mal perçu l'objectif et les méthodes du profilage. Le profilage criminel, tel qu'il a été inventé par le FBI, peut être défini comme un processus utilisé pour analyser un crime donné afin de développer la composition comportementale d'un délinquant inconnu.
Les 4 étapes d'une enquête criminelle
1) on détermine d’abord si un crime a été commis ou non
2) à partir de cela on essaie d'identifier avec précision le crime
3) il s'agit ensuite d'identifier et d'appréhender le délinquant
4) enfin, on présente les preuves au tribunal
En tant que sur-spécialité des enquêtes pénales, l'analyse du comportement dans le contexte d'un crime nécessite une formation approfondie en psychologie et en application de la loi. Plus on évalue le motif, plus il est nécessaire de comprendre la psychodynamique criminelle et la psychopathologie. Les profileurs du FBI appartiennent aux rangs d’agents aguerris qui ont des années d’investigation et qui suivent deux années supplémentaires de cours, formation et autres travaux pour se qualifier.
Cependant, la tendance, grâce aux médias populaires, est de croire qu'il s'agit simplement de développer ses capacités de raisonnement déductif. Vous trouverez même des personnes proposant des séminaires accélérés le week-end promettant un certificat de profileur pouvant consulter les organismes chargés de l'application de la loi. Cependant, la tentative de mener une analyse criminelle approfondie sans formation approfondie en psychologie et en enquête criminelle peut donner lieu à des erreurs coûteuses. Cela peut faire dévier l'enquête sur la mauvaise voie, la faire dérailler complètement ou saper l'affaire devant un tribunal pénal.

La suggestion du Behavioural Investigative Advisor Lee Rainbow d'enquêter autant sur la famille que sur un hypothétique ravisseur ne s'appuyait sur aucun élément probant particulier, la règle est que la famille concernée doit toujours être scrutée en premier lieu en cas de disparition d'enfant. LR avait simplement remarqué que les contradictions dans les déclarations de Gerald MC devaient être investiguées.

Lee Rainbow aurait écrit

"L'implication potentielle de la famille dans la disparition de Madeleine McCann ne peut pas être écartée, et on peut considérer que, lorsqu'on établit les bases de la recherche, cette hypothèse mérite autant d'attention que le criminel aux motivations sexuelles qui avait été prioritaire auparavant.

"Il convient de souligner qu'aucune preuve n'étaie directement l'implication de la famille. Pourtant, en l'absence de preuves décisives prouvant le contraire, un tel scénario doit être exploré."

Le Foreign & Commonwealth Office a également clairement exprimé son point de vue, post-arguido, en décembre 2009, lorsqu’il a répondu à une demande d’accès à l’information concernant l’enfant disparu, Ben Needham. Ils ont écrit: «Vous serez également au courant de l'affaire Madeleine McCann. L'affaire MC et l'affaire Needham sont classées dans la catégorie des personnes disparues, plutôt que dans celles de l'enlèvement d'enfants, car rien ne permet de prouver que ces enfants ont été enlevés ou non.
 
Est-ce une surprise que le rapport de plus de 30 pages de Lee Rainbow ne soit pas dans les PJFiles ? Bien que cela ne rentre pas dans la liste des documents que les autorités britanniques ont ordonné de ne pas inclure dans le DVD. Nous n'aurions jamais su l'existence de ce rapport si les MC n'avaient pas intenté un procès à GA (qui fut bien aisé d'en conserver copie).
La fascination populaire à l'idée d'entrer dans l'esprit d'un tueur et les nouvelles programmées 24h sur 24, l'apparente promptitude avec laquelle certains individus se sentent poussés à satisfaire de tels appétits peuvent être vues comme contraires à ce qu'on attend d'un professionnel.


Propagande

a beaucoup plus de poids que "fausse nouvelle" ou infox.

La propagande est faite de faits sélectifs, de rumeurs et d’un langage chargé conçu pour faire dérailler une personne, un groupe, un mouvement, une institution ou une nation.

Si vous répétez un mensonge assez souvent, les gens le croiront et vous pourrez même le croire vous-même.

La technique de propagande la plus brillante n'aura aucun succès si ce principe fondamental n'est pas respecté constamment : se limiter à quelques points et les répéter encore et encore.

Dans les années 1940, le Bureau des services stratégiques des États-Unis a décrit Hitler en citant un livre de Walter C. Langer : ne jamais laisser le public se calmer, ne jamais admettre une faute ou un tort, ne jamais songer qu'il puisse y avoir du bien chez ton ennemi, ne jamais laisser de place aux solutions alternatives, ne jamais tolérer le blâme se concentrer sur un ennemi à la fois et mettez-lui sur le dos tout ce qui ne va pas.

C'est une technique classique de diaboliser son adversaire pour éviter d'affronter ses arguments, le but étant de rendre impossible à l'adversaire de se faire entendre.

Ce que certains font, c'est promouvoir l'idée qu'il n'y a pas de faits valides ou de preuve solide, seulement différentes opinions en conflit. Ceux-là utilisent la méthode de propagande antirationnelle suivante : c'est juste mon opinion contre votre opinion et tout est tellement controversé que nous ne pouvons réellement rien savoir de sûr. C'est un dodge pour éviter la vérité : oui, il y a des choses dont nous pouvons être sûrs. Il ne faudrait pas s'esquiver via le relativisme et généraliser que si "chacun a sa propre opinion" chaque opinion s'adosse à une preuve aussi valide qu'irréfutable, ce qui n'est pas vrai bien sûr.

En vocabulaire propagandiste, le tour de passe-passe consistant à redéfinir l'argumentation de l'adversaire afin qu'elle s'ajuste mieux à vos préjugés s'appelle 'exchanging a term'. Les MC n'ont pas hésité à insinuer que ceux qui pensaient que l'enfant était morte en fait désiraient qu'elle le soit.

Publicité (du crime)

En faisant part immédiatement à leurs proches, avant même l'arrivée des policiers, puis en lançant dans le domaine public, à travers les médias et dans les heures qui suivirent l'annonce de la disparition de MMC, leur opinion (comme un fait) sur la nature du crime, ainsi que les plus ou moins prétendus malentendus sur l'appartement fermé à clef, le volet cassé et la fenêtre fracturée, pour ne rien dire de la mise en question de l'efficacité de la police portugaise, les MC n'ont donné à la PJ aucune possibilité de mener une enquête avec l'esprit ouvert et dans le respect de leur manière de procéder (secret de justice).

Ils n'ont jamais démordu, comme si la méthode avait fait ses preuves, de la conviction que la publicité est essentielle lorsqu'un enfant est porté disparu, alors qu'il n’existe aucune preuve fiable à l’appui de cette affirmation, où la photo du petit Etan Patz sur les emballages de lait n'eut hélas pas l'effet escompté. Dans le cas de Madeleine MC, les excès publicitaires à l'échelle mondiale n'ont fait que compliquer le travail de la police en dispersant l'attention sur les centaines de signalements que déclenchait chaque campagne de sensibilisation.

La suite de l'histoire a montré que les MC ne pouvaient pas faire mieux que la police.
Le mot de “publicité” a été détourné de son sens originel par l’usage marchand. La publicité renvoie historiquement à la publicité des débats et à la publicité dans la chose judiciaire.

Le mot est né pendant la Révolution française et il contient une leçon de choses essentielle: la publicité relève de ce qui appartient au public.