Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

2014-01-26

2008 - JUI et AOÛ - chap. XVI

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XVI. En marche vers le classement et un certain soulagement



Juillet



01  L'AP fait savoir que l'affaire MC va probablement être classée. Clarence Mitchell se réjouit pour les MC qui vont être libérés de leur statut maudit de témoins assistés. Mais il veut le beurre (recherche de MMC) et l'argent du beurre (acquittement des parents).





03  Conversation entre policiers... pas inutile à lire ici par ceux qui n'en sont pas.

04    Interviews  de l'ex-commissaire Gonçalo Amaral par le journal Expresso et par TVI. Paulo Reis (Gazeta Digital) en fait un compte-rendu.



07 – Les MC souhaitent que leurs enquêteurs privés puissent accéder au dossier du Leicestershire Constabulary, mais le LC fait valoir (ou s'abrite derrière ?) le secret de l'instruction portugais, la souveraineté portugaise sur l'enquête, et la relation de confiance entre le LC et la PJ, essentielle pour le succès de l'enquête (le Chief Constable Matt Baggott y fait référence lors de l'audience du 28 mars 2012 de la Commission Leveson). 
Pour contourner cette difficulté, les MC s'adressent à la gardienne des intérêts de Madeleine, Mrs Justice Hogg, puisque l'accès au dossier est censé servir à la recherche de Madeleine. Lors d'une séance, In the matter of Madeleine Beth Mccann, devant Mrs Justice Hogg et en présence d'un avocat général garant de l'intérêt public, le représentant des MC, Tim Scott Q.C. (de IFLG, International Family Law Group), introduit son exposé par "comme tout le monde le sait, Madeleine MC a été enlevée", alors que deux semaines plus tard le procureur de la république, l'État portugais ayant la juridiction dans cette affaire, déclarera que le crime dont a été victime MMC n'a pu être déterminé
À TS, qui demande communication du dossier du LC, James Lewis Q.C., qui représente le Chief Constable du LC, oppose un refus catégorique, faisant écho à la déposition écrite de Chris Eyre, Assistant Chief Constable il est possible que l'un (des MC) ou tous les deux soient innocents, mais aucune preuve claire ne permet de les éliminer d'une implication dans la disparition de Madeleine.   
Kate MC se demande comment cet adjoint du constable en chef, qui est venu à PdL et les a vus accablés de chagrin, peut-il évoquer l'absence d'élément permettant de les éliminer ? Elle se sent tenue pour coupable jusqu'à preuve d'innocence, que ce soit ou non l'intention de CE.  (in "Madeleine", grâce auquel, soit dit en passant, on a connaissance de cette déclaration). KMC pense-t-elle que le chagrin est un élément probant ?
Finalement, puisque les MC ne seront jamais interrogés, ni par les Portugais, ni par les Britanniques, on voit mal comment la situation évoquée par CE pourrait changer.
Enfin on se demande quel profit des "privés" pourraient tirer de documents sur lesquels planchent depuis plus d'un an et sans succès des enquêteurs chevronnés portugais et britanniques.
Rappelons qu'à la suggestion de leur avocat portugais, les MC avaient demandé, en août 2007, à être assistants du procès, un statut qui leur conférerait des droits, en particulier celui d'avoir accès au dossier. Le MP donna son accord, quelques jours avant l'arrivée des premiers résultats du FSS de Birmingham. Au regard des nouveaux éléments dont ils disposaient, les enquêteurs considérèrent qu'ils ne pouvaient questionner les MC sans les protéger par le statut d'arguido. L' avocat des MC tenta d'argumenter que les deux statuts (assistant et témoin assisté) n'étaient pas incompatibles, mais le procureur ne fut pas de cet avis. Il est clair que le tour qu'avait pris l'enquête depuis l'arrivée des chiens britanniques avait suscité le besoin de savoir ce qu'il y avait dans le dossier. Qu'auraient fait les MC s'ils s'y étaient pris plus tôt et avaient réussi à avoir accès au dossier ? Auraient-ils transmis les informations aux privés espagnols qu'ils étaient sur le point d'engager ? Alors que le Portugal interdit l'immixtion de privés dans une affaire en cours...


À défaut de pouvoir sur le LC, Mrs Justice Hogg préconise un compromis, manière de sauver la (sa) face ? Kate MC est outrée par les paroles de Chris Eyre ("Madeleine"). Le LC consent à livrer (ou plutôt restituer) 81 documents (sur les 1100 en sa possession), liés à des appels téléphoniques reçus par les avocats des MC, documents fournis du reste par ces derniers (probablement après copie), moyennant quoi les MC se désistent d'une action qu'ils ne pouvaient gagner.

09 – Invoquant de nouvelles techniques d'analyse de l'ADN, Touch DNA, la District Attorney du Boulder County (Colorado) déclare l'innocence des parents de JonBenét Ramsey et de son frère et leur demande pardon. 

10 – Le procureur général de la république (PGR), Fernando Pinto Monteiro, demande aux magistrats, dans un délai raisonnable et avant la fin du mois, de conclure soit que d'autres interventions sont nécessaires soit que tout est prêt pour le rapport final.


11 – Le criminologue et romancier Francisco Moita Flores assure au magazine Semanário que Gonçalo Amaral a fait un excellent travail, n'a pas supporté la pression et prononcé quelques paroles déplaisantes à propos des Anglais et qu'il n'aurait pas dû., mais que la terre n'en a pas pour autant cessé de tourner. Selon FMF, GA avait compris où l'enquête s'était enlisée et en avait marre d'être insulté, maltraité sans que personne ne prenne sa défense. L'hypothèse de l'enlèvement est académique et ce n'est pas à l'aune d'un crime non résolu, parmi des centaines qui le sont, que la PJ doit être évaluée. Transcription d'extraits ici.





16 – Le PGR annonce une solution pour l'affaire Madeleine MC et évoque une loi universelle selon laquelle certains crimes sont résolus et d'autres ne le sont pas. 




Le prix Samuel Johnson Prize est décerné à Kate Summerscale pour The Suspicions Of Mr Whicher, une des premières histoires criminelles à avoir attiré l'attention et les spéculations du public, comme on l'a vu dans l'affaire MC. Un "inside job"..   

17 L'ACPO (Association of Chief Police Officers) envoie au Procureur Melchior Gomes, rencontré la veille, une lettre "inquiète" à l'idée que des documents dits "sensibles" puissent être versés dans le domaine public.

 Hors tribunal, Robert M et al  obtiennent de 11 journaux britanniques (tabloïds pour la plupart) des dédommagements s'élevant à 600 mille livres. À cette somme s'ajoute le montant non divulgué payé par Sky News en novembre 2008.



À Orlando, dans l'affaire Anthony (disparition cachée d'une fillette pendant trois semaines), l'officier Jason Forgey amène le chien "cadavre" Gerus près de la voiture de la mère (signale le coffre, mais l'odeur est évidente pour les humains présents qui la connaissent), puis dans l'espace de jeux du jardin où Gerus alerte une seconde fois. Un peu plus tard l'officier Kristin Brewer lâche Bones sur le terrain de la maison où habitait Caylee Anthony et alerte exactement au même endroit que Gerus. Curieusement les deux chiens ignorent l'endroit lorsqu'ils y sont amenés le lendemain : le bêchage du terrain pourrait avoir dissipé les odeurs résiduelles.




21 – Communiqué du cabinet Procureur général de la République sur la décision des procureurs de ne pas donner suite et de classer l'enquête sur la disparition de Madeleine MC, faute d'obtention de preuves de pratique de crime par les arguidos, qui mécaniquement cessent de l'être.

Le rapport final des procureurs Magalhães e Menezes et Melchior Gomes au procureur général de la république, signé toutefois seulement par le second, indique qu'il y a absence de matière à poursuivre, l'infraction n'étant pas constituée. Sans détermination de crime, aucune accusation n'est envisageable. L'accusation de négligence impliquerait une mise en danger délibérée, ce que l'enquête a permis d'exclure (malgré la porte ouverte).
En français : première partie de l'ordonnance de classement ici et seconde partie là.

Un dossier d'enquête criminelle est classé lorsque les éléments de preuve recueillis ou bien sont suffisants, excluant ou qu'il y ait eu crime ou que les suspects soient coupables, ou bien sont insuffisants, excluant d'établir la nature du crime et donc d'en accuser qui que ce soit. L'affaire MC relève clairement de la seconde situation.

Le statut de témoin assisté des MC (et de Robert M) prend fin. Le cauchemar principal reprend ses droits malgré la fragilité des perspectives immédiates d'apaisement, compte tenu du dénigrement insistant, par les tabloïds, d'une police maladroite qui n'a découvert aucun indice au long d'une enquête infructueuse ayant coûté des millions (aux contribuables portugais) avant d'être misérablement close, toutes paroles en majuscules et en titre. 
MCs

 

Nicolas Roeg Ne vous retournez pas ! (1973)
Après la mort accidentelle d'une petite fille.

–  En conférence de presse, le Dr Folimage Clarence Mitchell, brandit l'ordonnance de classement des procureurs comme un gage d'innocence : les MC ont été totalement blanchis. D'où il est facile de conclure que les policiers portugais se sont lourdement trompés. Or il ne saurait être question d'innocence ou de culpabilité, puisque, et c'est la seule conclusion solide du document, l'enquête n'a pu déterminer la nature du crime dont a été victime Madeleine MC. Qui contestera la version biaisée manigancée par le spin doctor selon laquelle  les policiers portugais sont sévèrement critiqués par le MP dans l'ordonnance ? L'ordonnance n'est-elle pas en portugais? Certes elle sera mise en ligne 48h plus tard par de généreux traducteurs, mais si la messe a été dite, qui perdrait du temps à la lire, même en anglais ? 

Tout éventé qu'il ait pu être, le secret de l'instruction a pris fin. À cette heure, personne ne sait que, à défaut de conclusion, la quasi-intégralité des documents officiels seront bientôt accessibles sur DVD. Personne n'imagine que les tuyaux égrainés par la presse au cours des quatorze mois de l'enquête vont pouvoir être confirmés ou démentis. La presse portugaise n'allait guère en faire état, considérant peut-être que l'essentiel avait déjà été divulgué et serait complété par le livre de Gonçalo Amaral.

– Étudier attentivement les pièces officielles permettrait de trier le bon grain de l'ivraie, mais qui a les moyens de pratiquer encore cette activité colossale, propre au journalisme d'investigation ? Quant à elle, la presse britannique n'a guère le choix, compte tenu de la menace latente de procès en diffamation et des campagnes orchestrées par les faiseurs d'opinion. Il faudrait par exemple analyser plus avant la question des analyses effectuées par le FSS. À la lecture de cet article du Guardian, intitulé Forensic lab errors in hundreds of crime cases et daté du 22.02.2007, on est en droit de se demander si la PJ, qui croyait sinon bien faire du moins échapper à toute critique, a été bien avisée d'envoyer des prélèvements en très mauvais état à Birmingham :

Sur une période de cinq ans, le Service des sciences forensiques (FSS) n'est pas parvenu à détecter de minuscules prélèvements d'ADN dans 2 500 cas de meurtres, viols et agressions graves. Les inspecteurs-chefs croient que, dans de nombreux cas, ils auraient pu être trouvés et appariés à des suspects si la FSS avait utilisé des techniques différentes, utilisées par d'autres laboratoires privés.

Le "doreur d'image", qui se pique plus souvent qu'à son tour de donner des leçons, considère que le classement de l'affaire révèle l'injustice dont le couple MC a été victime : le dossier de la police doit être transmis aux enquêteurs privés, il ne saurait prendre la poussière sur une étagère à Lisbonne. Depuis septembre dernier tout n'a été qu'une occasion de distraction par rapport à la recherche de Madeleine.

   
– Il appartient aux témoins assistés, avant le 20 septembre suivant, de recourir du classement et demander que l'enquête se poursuive, la phase suivante étant l'ouverture d'une instruction, s'ils considèrent que l'enquête a été insuffisante. Leur abstention, sans commentaires, sera à l'origine de bien des soupçons, voire de maintes frustrations. On ne peut que constater à quel point leur tenait d'abord à cœur d'être libérés de leur statut de témoin assisté.
Les MC semblent ne pas avoir grande envie que la PJ cherche leur fille en 2009. Nous le savons parce qu'ils l'ont dit. Nous savons qu'ils prirent la décision, dès l'été 2007, d'engager des détectives privés pour recueillir des informations et suivre des pistes. En faisant ce choix, les MC se sont rendus responsables de la manière dont les informations recueillies par leurs détectives seraient traitées. Le cas des portraits-robots est exemplaire à ce propos.

Est-il étonnant que leur avocat portugais n'ait pas conseillé aux MC de s'embarquer dans l'aventure instructionnelle, bien que la preuve et le bénéfice du doute en soient les ingrédients fondamentaux ? Mais, dans l'État de droit, la vérité factuelle et la vérité judiciaire entretiennent des rapports marqués par le respect loyal des procédures et en particulier du débat contradictoire, où culmine la phase de l'instruction. En tout cas tout se passera comme si cette phase n'existait tout simplement pas. Les MC accuseront même, à plusieurs reprises, la police portugaise de mettre à la poubelle les informations concernant MMC. Non que les autorités judiciaires ne se soient pas, elles aussi, satisfait du statu quo établi par l'ordonnance de classement.

– Le dossier toutefois n'est pas congelé, l'enquête peut être ré-ouverte, sans limite de date, si de nouveaux éléments surgissent. En cas d’information nouvelle et solide, le MP portugais est prêt à intervenir à bon escient, mais sans doute pas à investir moyens financiers et énergie dans des pistes improbables, sur des chemins ne menant nulle part. On peut raisonnablement penser qu’il ne prendra pas le risque de laisser pas passer une information prometteuse. Vigilant donc, mais, très légitimement, inactif. C'est la loi, mais cela n'empêchera pas les MC, des autorités et des journalistes britanniques de le reprocher vivement au MP au cours des années qui suivront. Personne ne demandera rien. Une page a été tournée, sans pour autant l'être de manière irrévocable, ce qui a la vertu de rasséréner l'opinion publique, en mal de "dénouement", sinon de "fin".
Le LC, lui, se retranche derrière l’argument massue qu’aucune force de police britannique n’a autorité au Portugal et ne saurait s’y imposer, même si la victime est britannique, pour garder secrets des dossiers élaborés dans le cadre de la coopération avec la PJ.

–  Quelqu'un curieusement se tait et ne soulèvera aucune objection à ce classement du dossier, ni par voie diplomatique ni par voie juridique. Cette personne, c'est celle à qui ont été confiés les intérêts de MMC, Mrs Justice Hogg. Tant que MMC est ward of Court, toutes les décisions la concernant doivent être approuvées par la Cour. Et la recherche n'est-elle pas, comme le répètent inlassablement les MC, l'essentiel de ce qu'il faut faire pour l'enfant disparue ? Pourquoi Mrs Justice Hogg, prête à pourfendre tous les ravisseurs de la terre, ne demande-t-elle pas que l'enquête criminelle continue ? Les MC eux-mêmes ont le pouvoir de déclencher la phase de l'instruction...
 

Clarence Mitchell répond au journaliste qui lui demande pourquoi Kate MC a refusé de répondre aux 48 questions de la PJ (7 septembre 2007) : son avocat lui a conseillé de ne pas répondre, tout simplement. Le journaliste rétorque, évoquant les questions, que l'enquête criminelle avait besoin de réponses, mais CM campe sur sa position. Il est vrai que ce n'est pas aux avocats d’œuvrer en faveur de la vérité, mais de défendre leurs clients. Mais ici les intérêts des clients et de la victime n'étaient-ils pas censés être confondus ?
Le journaliste évoque un certain témoin (Martin S sans aucun doute), mais CM l'interrompt en laissant entendre qu'il s'agit d'un bruit qui court parmi d'autres et souligne qu'il est plus que prouvé que Gerald MC se trouvait à table quand Kate a lancé l'alarme. 
Kate MC  déclare que l'immense désespoir dans lequel les a plongés leurs statuts de témoin assisté et l'image de suspects dans l'enlèvement de leur fille qu'ont donnée d'eux les médias est difficile à décrire. Il a été également dévastateur d'observer à quel point le statut de témoin assisté avait fait du tort à la recherche de Madeleine.
En un mot comme en cent, au Royaume-Uni et grâce au spin-doctor Clarence Mitchell,  à l'origine de la conférence de presse, le classement est vu comme la mise hors de cause des arguidos, tandis que, au Portugal, le procureur général, Fernando José Pinto Monteiro, justifie d'emblée la procédure en raison de l'insuffisance des éléments probants pour poursuivre l'enquête criminelle.

– Quant à ceux, parmi les journalistes portugais, qui ont si peu d'estime pour leurs institutions qu'ils ne perdent jamais une occasion de s'en gausser, ils sarcasment.
22 – ITV diffuse un documentaire sur l'entraînement des chiens policiers où apparaît Martin Grime et les chiens Eddie et Keela.

À Rothley Clarence Mitchell menace la PJ :



23Le SMMP (syndicat de la magistrature) rapporte les propos de l'ex-directeur national de la PJ, Alípio Ribeiro, dans le Diário Económico : les priorités ne doivent pas être abandonnées et une enquête désactivée signifie un front de lutte supprimé. Tant de travail pour en arriver là ? Il n'y a pas de solution magique. Seuls 4% des dossiers archivés sont rouverts après la découverte d'un élément nouveau pertinent et il semble que le Ministère public n'a pas l'habitude de revisiter les enquêtes archivées par manque de preuve. Mais la recherche de la vérité doit être protégée de tout, même de la mauvaise image qu'un pays peut donner de lui-même.

Alípio Ribeiro se demande qui cherchera ces éléments (pertinents), qui continuera à développer une activité dans le sens de l'éclaircissement des faits, ce qui lui a valu la remarque cinglante de son successeur, Almeida Rodrigues : AR n'est pas proprement connu pour ses dons d'investigateur. Le nouveau directeur de la PJ conteste aussi l'idée qu'un classement précipité puisse nuire à un éclaircissement total.

Le moins qu'on puisse dire est que la suite de l'histoire ne lui donnera pas raison.



(jour non précisé) Plainte des MC, forts de l'annonce générale "cleared !' propagée par les médias, contre le groupe Associated Newspapers (The Daily Mail, The Evening Standard, site web ThisisLondon) et News International (The News of the World) à propos d'une centaine d'articles désobligeants publiés au cours d'une période de 5 mois. Cette plainte, contrairement à l'assignation de l'Express Group qui fut finalement résolue hors tribunal, donnera lieu à une sorte de gentleman agreement, autrement dit à une indemnisation substantielle (montant inconnu) pour la recherche de Madeleine, des excuses dans l'Evening Standard et des placards publicitaires à titre gracieux dans le Daily Mail dont l'argument contre les excuses demandées était le soutien apporté aux MC depuis le début. Les MC furent déçus, mais se consolèrent avec l'idée que désormais les médias leurs étaient pleinement acquis.

Lettre  (mise en demeure avec intimidation, voire menaces à la clef) adressée au Ministère public par le cabinet d'avocats portugais Morais Leitão, Galvão Teles, e Soares da Silva, en représentation de l'ACPO (Association of Chief Police Officers), du Chief Constable du Leicestershire, de la SOCA (Serious Organised Crime Agency), des autorités policières et légales du Royaume-Uni et de Crimestoppers, afin de faire exclure du DVD contenant le dossier MC les documents "sensibles". 
 


24 – Est publié le livre de Gonçalo Amaral, A Verdade da Mentira, ("La vérité du mensonge", autrement dit la vérité sur le mensonge) où il faut comprendre que le mensonge c'est l'enlèvement. La raison d'être du livre est claire dès la préface : c'est une question d'honneur. Le commissaire Amaral, à tort ou à raison, s'est senti discrédité par l'institution judiciaire qui, et c'est le point important, ne lui a pas donné la chance de s'expliquer, publiquement ou en interne, bien qu'il en ait fait la demande à plusieurs reprises. 


Ce livre se propose aussi, et c'est plus important, de contribuer à la découverte de la vérité matérielle et à l'exercice de la justice dans l'enquête connue comme l'affaire Maddie. Ce sont à ces valeurs fondamentales que je me suis astreint par impératif de conscience, par conviction et par displine vis-à-vis de l'institution à laquelle je suis fier d'avoir appartenu. Ces mêmes valeurs ne se sont pas épuisées avec mon départ à la retraite et continueront à être présentes dans ma vie.Le livre ne met en cause d'aucune manière le travail de mes collègues de la police judiciaire, ni ne compromet l'enquête en cours. Je suis profondément convaincu que la révélation, dans un ouvrage de ce type, de tous les faits pourrait compromettre des opérations futures, déterminantes pour la découverte de la vérité. Cependant, le lecteur trouvera des données qu'il ignore, des interprétations des faits – toujours à la lumière du droit – et, naturellement, des questionnements pertinents. Une enquête criminelle s'engage seulement à découvrir la vérité matérielle. Elle ne doit pas se soucier du politiquement correct.


Le semi-tabloïd Correio da Manhã publie un entretien avec G. Amaral, au titre percutant ("Le cadavre fut congelé ou réfrigéré"), auquel se référera, avec une certaine raison, l'assignation en justice de GA par la famille MC en juin 2009. Loin d'y retrouver le ton mesuré, quasi-impassible, réservé, et l'absence de jugement de valeur du livre, on est devant une sorte de réquisitoire où la part n'est pas claire entre faits, spéculations et opinions. Effet lamentable.

25 – Il est particulièrement intéressant de comparer l'interview ci-dessus avec l'entretien qu'eut le lendemain G. Amaral avec Judite de Sousa dans le programme de RTP1 Grande Entrevista. G. Amaral s'y montre allusif et discret, parfois légèrement ironique, en harmonie avec son interlocutrice. À Judite de Sousa qui espère que des avocats ont soigneusement examiné le livre, il répond sans retenue "Mais pourquoi ? Mon livre est fondé exclusivement sur des faits avérés". On a vraiment l'impression qu'une certaine presse est pousse-au-crime.
Malheureusement le programme n'est plus visible, sauf la 5è et dernière partie.

 
Partie 5
Date de la lettre du cabinet d'avocats portugais Morais Leitão, Galvão Teles, e Soares da Silva, demandant au Ministère public, en représentation de l'ACPO (Association of Chief Police Officers), du Chief Constable du Leicestershire, de la SOCA (Serious Organised Crime Agency), des autorités policières et légales du Royaume-Uni et de Crimestoppers, de ne pas publier certaines pièces du dossier. Après le secret de l'instruction, le parquet est prêt à tout déballer, les Britanniques apprenant cela, eurent des sueurs froides et ripostèrent illico.



27  Intéressante interview de Gonçalo Amaral par Marisa Rodrigues (Jornal de Noticias) qui lui pose des questions dérangeantes.

28  Amaral à TVI. Transcription ici.


30 – Le Correio da Manhã commence à publier en feuilleton une version abrégée du livre de Gonçalo Amaral. 


(jour non précisé)  Machado Helena et Santos Filipe  Crime, drama e entretenimento. O caso Maddie e a meta-justiça popular na imprensa portuguesa ("Crime, drame et divertissement. L'affaire Maddie et la méta-justice populaire dans la presse portugaise") in Oficina do CES, Universidade de Coimbra. 
Les enquêtes criminelles fortement médiatisées sont virtuellement des foyers de tension entre médias et policiers. La conversion du potentiel dramatique de l'exercice de la fonction judiciaire en drame médiatique contribue à amplifier l'idée que la justice est lente, faible et inefficace lorsqu'il s'agit identifier et de punir les transgresseurs. Par ailleurs les médias peuvent exercer des fonctions concurrentes et former une justice méta-populaire fondée sur l'immédiateté, le dramatisme et la sollicitation des émotions. À partir de l'affaire récente de la disparition de Madeleine MC, les auteurs analysent les discours et les représentations véhiculées par la presse portugaise à propos de l'enquête criminelle en cherchant à mettre en perspective l'impact de la couverture médiatique dans la construction, par le public, de sa perception de la culpabilité ou de l'innocence d'un individu.

Ainsi donc, en regard des conclusions des sociologues qui n'ont pris comme objet d'études que deux journaux portugais, l'un de la presse "sérieuse" et l'autre de la presse "populaire", sans prendre en compte l'extrême complexité de l'affaire mais en cherchant à montrer les fondements d'un tribunal populaire, pratiquement au même moment, le chargé de communication des MC, Clarence Mitchell, fait savoir à la presse que le "rapport" des procureurs, relevant les insuffisances de la PJ, voire la discréditant pour incompétence, innocente les parents, comme si l'affaire avait été jugée ! Forts du soutien médiatique que ce prétendu acquittement leur assurera contre vents et marées, les MC entreprendront de faire taire quiconque allait questionner leur éventuelle mise en cause dans la disparition de leur fille. Le premier pourfendeur du dogme se manifesta sans attendre, à peine proclamé le classement de l'affaire. En contraste frappant avec un rapport qui concluait en fait à l'impossibilité de conclure, GA faisait état de l'étonnante conclusion de son équipe, une conclusion dont les avocats des médias perçurent le caractère diffamatoire. Il suffisait de mentionner cette conclusion pour diffamer puisqu'elle contredisait l'ordonnance de classement. La seule chance de GA aurait été de prouver la vérité de ses affirmations, ce qui était impossible puisque l'enquête, selon le rapport du procureur, n'avait pu établir aucune preuve matérielle contre les MC.








Août



 
03 – IOL Portugal Diario - Interview Gonçalo Amaral

04 – Le Ministère public met le dossier d'instruction de l'affaire MC , enregistré sur DVD, à la disposition de qui en fait la demande et justifie celle-ci. Toutefois certains fichiers manquent pour diverses raisons. Normalement les dossier ne sont consultables que 20 jours après la décision de classement (délai auquel s'ajoute ici un mois de vacances judiciaires), Quelques heures plus tard, le dossier est sur la Toile, traduit peu à peu par des bénévoles.



06 – Interview de Rogério Alves par Mário Crespo (SIC) : rien de mieux que words, words, words pour esquiver les questions gênantes.



08 – Clarence Mitchell confirme à l'agence de presse espagnole EFE que Metodo 3 continue à travailler pour les MC, quoique son activité soit très réduite eu égard à l'internationalisation de la recherche et l'engagement d'experts dans d'autres pays.


09  – À titre d'exemple, selon la représentation d'Interpol à Bruxelle, plus de 100 signalements de Madeleine MC ont fait l'objet d'une investigation en Belgique.

Dans le Irish Mail of Sunday, des "proches de la famille", lisez CM, s'indignent que la PJ n'ait pas d'emblée rejeté la piste indiquée par Martin S (Smithman = GMC), puis des douzaines de témoignages assurent que Gerald était au Tapas à l'heure "du croisement", ce qui est absolument faux. Ni des douzaines, ni même un, même si Gerald était très probablement là quand sa femme a alerté le groupe. 
Mary S, interrogée, déclare que Smithman avait la même stature que Gerald MC, qu'ils ont dit tout ce qu'ils pensaient qu'il était juste de dire eu égard à la disparition d'une petite fille  et sont désolés pour ses parents.

10 – El Mercurio - Interview Gonçalo Amaral


13 – Spiked : 'Our Maddie' makes a media comeback.  La résurrection idiote de le drame des MC montre qu'il a toujours été une narration cynique et élitiste.

Focus magazine - Interview Gonçalo Amaral

CM décrit emphatiquement (super détectives américains, ex FBI, CIA, forces spéciales) aux journalistes du Daily Mail et du Daily Star l'agence dirigée par Kevin Halligen (Oakley International), avec qui le Madeleine's Fund a signé un contrat d'une valeur de 500 mille livres en avril 2008. KH se révélera n'être qu'un escroc et sera arrêté, mais il ne sera jamais inquiété par les MC. 

Toutefois le milliardaire Brian Kennedy se demande comment l'argent (beaucoup d'argent) est dépensé. Kevin Halligen, interrogé sur le nombre d'éléments composant l'équipe de surveillance, se serait limité à produire un papier où il avait écrit "entre un et dix"..  

 Chapeaux melon et bottes de cuir

– Le journaliste d'investigation Mark Hollingsworth dénonce l'escroquerie Halligen dans un article qui sera repris par une partie de la presse, qui observe que les 500 mille livres payées à Halligen provenaient de Madeleine's Fund, alimenté par les dons du public, et que cette perte sèche n'augure rien de bon quant à l'administration du fonds. Voir par exemple le Daily Mail. Les avocats ont bien travaillé : les articles ne sont plus en ligne. Toutefois il est archivé ici.


14 – Gerald MC (blog) s'étonne que les médias aient un accès aisé aux PJFiles. Ce n'est pourtant pas une surprise. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il en déduit qu'au moins tout le monde verra que rien n'indique qu'on ait fait du mal à Madeleine, ce qui est à l'appui de leur solide croyance que Madeleine est quelque part et trouvable. Le même GMC qui répète à qui veut l'entendre que rien n'indique que Madeleine ait souffert... ajoute que le responsable de l'enlèvement doit et peut être trouvé afin d'empêcher une autre famille et un autre enfant... de souffrir.. Comme pour saluer l'incompétence de la police, il assure qu'ils ont toujours cru que ce crime haineux pouvait être résolu avec l'aide du public. (est-ce "haineux" si MMC va bien ?). L'avenir ne lui donnera pas raison. Enfin il souligne qu'à défaut d'enquête de police, ils ont des privés qui cherchent. Comme s'il ne dépendait pas des MC de lever le doigt pour passer à la phase d'instruction !
C'est le dernier post rédigé avant la suppression du blog.
 

26 –  Le site officiel FindMadeleine publie un communiqué à la suite d'un article de presse mettant en cause Oakley International : Les relations, suivies par (le milliardaire) Brian Kennedy, continuent à être bonnes et à être uniquement focalisées sur la recherche de Madeleine. Ce communiqué n'est plus en ligne (voir octobre 2008), mais une trace existe).


 


29 La mystérieuse disparition de Maddie, par Georges Moréas, commissaire principal honoraire de la police nationale : Pour avoir participé à la formation de policiers portugais, je puis assurer qu’ils n’ont rien à envier ni aux Français ni aux Britanniques.

30 –  Memorandum du Media Standards Trust.

31 – Lancement de la version espagnole du livre de Gonçalo Amaral.




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