Citation

"Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées" - Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

13.4.26

2026 AVR... La saudade, c'est la présence de l'absence

Ce que l'on a entendu sur l'affaire MC est-il vrai, bon et utile ?


 

01 – Christian B, qui vivait dans l'appartement d'un ami dans le quartier où il habitait avant sa détention et où il tenait un kiosque, semble avoir quitté Brunswick. Le porte-parole de la police, Lars Dehnert, a déclaré au Braunschweiger Zeitung qu'il se trouve actuellement dans un autre Land. L'escorte policière s'est déplacée avec lui. 
Les habitants auraient organisé des veillées de surveillance et appelé la police à la rescousse. CB n'aurait pas facilité la tâche de ses gardes, il aurait réussi à échapper brièvement à ses surveillants à vélo, pour ensuite appeler les secours et demander où se trouvait son escorte. Officiellement, il n'y a eu aucun incident, mais CB aurait régulièrement joué au chat et à la souris avec la police. 


Presque 19 ans et on en parle encore de l'affaire MC, tout simplement par manque de point final.

Le cerveau maintient une tâche inachevé dans un état de tension active, y revenant sans cesse, la gardant en veille, refusant de la classer. Tant que la tâche n'est pas menée à bien, elle est en suspens jusqu’à ce qu’une résolution soit trouvée et refait surface dans les moments d’inactivité, attirant notre attention en marge d'autres tâches. Ce n’est pas un défaut de la cognition humaine. C’est une caractéristique. Le cerveau a évolué pour mener les choses à leur terme. Maintenir un signal actif augmente la probabilité d'y revenir. 

Dans le monde moderne, c’est la vulnérabilité la plus exploitée de l’attention humaine. Netflix n’a pas inventé le cliffhanger, mais l’a industrialisé : lorsqu’une série se termine sur une question en suspens, non seulement la curiosité est éveillée, mais un signal dans le cerveau reste actif jusqu’à ce que le prochain épisode le referme. Le cerveau fait exactement ce pour quoi il a été conçu : revenir à ce qui n’est pas terminé.

Chaque tâche accapare une part modeste mais bien réelle de notre attention disponible, détournant légèrement notre concentration et réduisant notre capacité à être pleinement présent dans ce que nous sommes en train de faire à un instant précis. Les tâches inachevées ne restent pas passivement en mémoire, le cerveau exécute son système de reprise sur quarante signaux simultanément, dans un environnement qui en génère de nouveaux plus rapidement que n’importe quel système nerveux humain n’a été conçu pour en traiter.

David Allen a fondé l'intégralité de son système Getting Things Done (approche de gestion de temps et de productivité qui vise à aider les individus à se libérer de distractions mentales et à se concentrer sur les tâches les plus importantes) sur l'idée que la seule façon de s'affranchir des signaux est soit d'accomplir la tâche, soit de s'engager fermement à la mener à bien plus tard. Noter quelque chose produit le même effet sur le cerveau que de l'avoir accompli. La capacité mentale est libérée et, sans avoir résolu le problème, on est soulagé. Le système de relance du cerveau s'est mis en veille.

L'inverse est tout aussi vrai et bien plus destructeur. Chaque tâche qui ne vit que dans votre tête, non notée et non planifiée, épuise nos ressources cognitives 24 heures sur 24. Le coût mental n'est pas proportionnel à l'ampleur de la tâche. Une minuscule obligation lancinante consomme autant d'énergie qu'un grand projet. Le cerveau fait la distinction non en fonction de l'importance mais en fonction de l'achèvement.

Un signal actif est le levier le plus puissant à la disposition de quiconque souhaite retenir l'attention humaine. C’est la découverte la plus précieuse de l’histoire des médias. Et personne ne l'enseigne à l’école.







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