Citation

"Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées" - Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

3.9.26

2026 - SEPT/ - Rien de ce qui est (peu ou prou) transgressif ne doit nous demeurer étranger !

chap.93
chap.92
page zéro


Barbara Ann Kipfer est linguiste et archéologue

Si nous diluons dans l'irrationnel les faits, limités mais solides, de l'affaire MC, l'avenir sera pavé des mêmes erreurs, sans redressement possible. 


19 – Selon le Mirror, Christian B souhaite publier, en allemand et en anglais, un récit, le sien, "qui révélerait tout", une publication "révoltante" dont la seule idée suscite naturellement "l'indignation". Et la presse de rappeler que "des règles strictes interdisent aux criminels de tirer profit de leurs crimes". Qui lirait puisque, à en croire, les auto-proclamés maîtres de la plume et de la lucidité, l'individu est "monstrueux" ? En Allemagne toutefois la législation est un peu différente : aucune glorification du crime n’est autorisée et la présentation des actes criminels ne peut enfreindre le droit pénal, notamment en donnant des instructions pour la commission d'infractions. Les auteurs d’infractions ne peuvent pas exposer, insulter ou porter atteinte de manière illicite à la vie privée et aux droits de la personnalité de leurs victimes ou des familles de celles-ci. Les noms réels peuvent donc devoir être modifiés ou les personnes anonymisées, selon les circonstances. Lorsque la loi le permet, les victimes peuvent demander la saisie des droits d’auteur pour se rembourser. La possibilité de saisir les revenus tirés d’un livre dépend essentiellement du lien juridique entre l’argent et l’infraction sous-jacente.

Kevin Moore, un ancien inspecteur de police britannique à la retraite, a déclaré que c'était "odieux" et qu'il n'achèterait pas le livre d'un "individu particulièrement répugnant, condamné pour des crimes horribles", en espérant que "le public ne voudra pas non plus acheter le livre". On a envie de sourire. Pour les habitants, "effrayés" et probablement bien pensants  de la  région d'origine de CB, une telle publication serait "une honte."

Un écrivain professionnel aiderait le "monstre délirant" à rédiger le texte. Une source a déclaré au Mirror : « Christian B tient absolument à donner sa version des faits. Il pense que le fait d’écrire sur son innocence l’aidera. Il souhaite que le livre soit publié en allemand et en anglais. En fin de compte, il y voit également un moyen de subvenir à ses besoins financiers, car il n’a pas réussi à trouver de travail depuis sa sortie de prison et vit grâce aux allocations. »

Avec toutes les campagnes style "haro sur le baudet", on ne s'étonnera pas que CB ne parvienne pas à trouver du travail. Et s'il dit la vérité, après tout, qu'aurait-on à redire à ce genre de travail ?

 

 

Naturellement le Mirror s'émeut d'une "nouvelle souffrance causée aux parents de Madeleine". Pourquoi, si CB écrit uniquement sur son innocence ? Parce que CB est utile comme présumé coupable ? Qui en douterait ?

 

20 – Selon le Daily Mail, Christian B a admis qu’il se trouvait à seulement 150 yards de l’appartement de vacances des MC la nuit de la disparition de M. "J’étais sur la plage, non loin de l’hôtel de Maddie, en train de vendre de la drogue. J’étais en Espagne et j’avais fait passer de l’herbe en contrebande au Portugal. J’ai même été interpellé trois fois par la police dans la rue [à Praia da Luz] alors qu’ils recherchaient Maddie. Heureusement, ils n’ont pas trouvé la drogue. Ma camionnette en était pleine. Je me suis enfui à toute vitesse ; il y avait des gyrophares bleus et des barrages partout. Je me suis juste dit qu'il fallait que je sorte de là.” Expliquant son silence sur cette affaire jusqu’à présent, CB a déclaré  s'être tu "parce que la police voulait me faire porter le chapeau dans l’affaire Maddie."

Hier soir, une source proche de la famille MC a déclaré : « Si ce que CB dit est vrai, cela soulève évidemment la question de savoir ce qui aurait pu se passer si la police portugaise ne l’avait pas laissé filer. »

Ces gens sont merveilleux ! Comme si la PJ avait laissé filer un kidnappeur ! On voit précisément que la police, focalisée sur la présence possible d'une petite fille dans un véhicule, a bien fait son boulot en les contrôlant tous. Au diable la drogue ! 

CB a insisté  : « Je n’ai rien à voir avec la disparition de la petite fille. Je serais heureux si Maddie réapparaissait demain, car tout le monde comprendrait alors immédiatement que tout ce qui m’est reproché est et a été monté de toutes pièces. Mais cela n’arrivera probablement pas, je reste donc le principal suspect. » En voilà un au moins qui ne s'aveugle pas sur son sort.

Réaction au Portugal : Gonçalo Amaral est invité par une chaîne TV. Il ne dit presque rien de nouveau, mais fait pour la deuxième fois allusion au signalement au BKA par ? de l'existence de Christian B, délinquant allemand pédophile (?) dont l'unique forfait avéré au Portugal est d'avoir siphonné le gasoil d'un camion (méfait pour lequel il fit quelques mois de prison). Toutefois, la dénonciation tardive mais intéressée d'un ex-comparse de CB, par ailleurs incarcéré en Grèce comme trafiquant d'êtres humains, aurait permis au BKA  de lui mettre sur le dos une accusation de viol, non corroborée médicalement, par une septuagénaire américaine qui n'avait plus toute sa tête. De là à en faire le suspect numéro un dans le prétendu enlèvement de MMC, il n'y avait qu'un pas ! Le BKA était prêt à tout pour entrer dans l'Histoire comme ayant élucidé le plus célèbre mystère du début du XXIè !

Conclusion de GA : il faut démontrer qu'il y a bien eu enlèvement avant de courir derrière un ravisseur.



 



Octobre


02 – La société de production  StoryFilms London prévoit une diffusion le 6 octobre, sur Prime Video (Amazon), d'un "documentaire" intitulé Madeleine McCann : the case that broke Britain (l'affaire qui a bouleversé la Grande-Bretagne). Le documentaire examine comment l'enquête internationale intensive menée pendant des décennies et la tempête médiatique sans précédent qui s'en est suivie ont profondément bouleversé la confiance du public, le journalisme d'investigation et les normes de protection de l'enfance à travers tout le Royaume-Uni.  "Journalisme d'investigation" ? Qui eût cru ?


On préférera parler de "l'affaire MC", plutôt que de "la disparition de MMC" parce que, en vérité (et on ne devrait pas l'oublier), on ne sait pas si Madeleine a 'disparu' au sens premier du verbe "disparaître", autrement dit on ignore si cette petite fille s'est absentée imprévisiblement, mais réversiblement. A-t-elle brusquement cessé d'être visible et audible à son corps défendant ? C'est ce que ses parents ont toujours cherché à nous faire croire en brandissant immédiatement une explication définitive (l'enlèvement) qui ne tolérait pas le contradictoire. 
Avec le temps, le verbe "disparaître" s'est employé euphémiquement, dans un sens irréversible, pour rendre l'idée de mort moins effrayante, moins cruellement définitive. Ce n'est pas dans ce sens que l'on parle de "disparition de Madeleine", bien que la probabilité de sa mort soit très grande. 
L'usage du substantif "disparition", dans le cas de M, provient d'un biais, d'un détour, sinon d'un subterfuge. Car tout ce que nous savons de Madeleine MC et du sort qui fut le sien, c'est que ses parents l'ont portée disparue (encore l'ont-ils fait "by proxy", ce qui en dit long) le 3 mai 2007 à 22h41. Aucune trace d'effraction, aucun signe d'enlèvement, aucune empreinte, aucun ADN inconnu et surtout aucun témoin visuel ou auditif : rien ne rend plausible la théorie des MC, rien ne permet de soupçonner qu'un prédateur est passé par là. 

Si le docu avait pour but d'informer le public sur ce qui était arrivé à M, il faut reconnaître que, hélas, il est biaisé dès le départ  : In 2007, Madeleine McCann was abducted. Ceci posé, qu'on ne s'avise pas de (se) demander comment on le sait. Ce qui est devenu une sorte de slogan est en réalité une injonction : circulez, il n'y a rien à voir !

Il ne faudrait pas se méprendre : les réserves, qui certes impliquent que les parents de Madeleine n'ont pas dit toute la vérité, ne mettent aucunement en doute l'authenticité de leur chagrin. Néanmoins elles incitent à jeter sur le drame qu'est la mort d'un enfant  un regard non grevé par ce que Spinoza nomme les "passions tristes".
L'intérêt du public, qui a suivi l'émotion intense suscitée par une "disparition" dramatique ou plutôt rapportée "spectaculairement", s'est tout entier focalisé sur un mystère savamment entretenu et, pour un faisceau de raisons mêlées de poudre aux yeux mystifiante, non élucidé. D'où la prolifération de documentaires et les relances ou piqûres de rappel régulières de la presse tabloïd qui alimentent la machine à croire qu'on a "enlevé Maddie".


13 – Une des victimes collatérales de l'affaire MC, l'homme condamné au statut de suspect numéro un sans avoir jamais été accusé, Christian B, s’est présenté devant le tribunal régional d’Oldenburg, dans le nord de l’Allemagne, un peu plus d’un an après sa sortie de prison. Il contestait une peine de six semaines de prison pour une altercation remontant à octobre 2023 à la prison de haute sécurité d’Oldenburg, surnommée localement « l’Alcatraz du Nord ». Le tribunal a entendu que CB, qui se plaignait de douleurs du côté gauche, aurait insulté une gardienne  avant de refuser des analgésiques et un gardien après avoir refusé d'être maîtrisé pour se rendre à l'hôpital.
 
L'avocat de CB, Friedrich Fülscher, a fait valoir que son client faisait un "effort sincère en vue de sa réinsertion" et a souligné que son comportement en détention avait été tout à fait normal jusqu’à ce que, sans fondement factuel, on le qualifie de "principal suspect" dans l’affaire MC. FF a affirmé que son client avait été traumatisé par son séjour en prison (comme un tueur en série il était à l'isolement strict, n'ayant droit qu'à une heure de promenade en rond, seul et condamné au silence).
 

CB a reconnu les faits en nuançant les termes employés. Il s'est plaint de "persécutions oppressantes" (les médias en ayant été les vecteurs) l'empêchant de "reconstruire sa vie" : "Tant de choses terribles se produisent dans le monde, dont aucune n’a quoi que ce soit à voir avec moi, et pourtant on refuse de m’accorder le droit à l’oubli et de me permettre de commencer nouer de nouveaux liens sociaux et de retrouver ma place dans la société."
Les juges ont fait droit au pourvoi en appel, annulé la peine et, surtout, ont reconnu que CB n’avait plus de mémoire fonctionnelle après les épreuves endurées pendant ses années d’incarcération. CB est sorti libre.
Naturellement les tabloïds ont prophétisé (le Sun) que CB pourrait désormais invoquer la perte de mémoire chaque fois qu’il serait interrogé au sujet de l’affaire MC.
– Il est confirmé que La Cour fédérale de justice (Der Bundesgerichtshof, BGH) entend réexaminer l'acquittement de CB le 11 janvier prochain à Leipzig. Le jugement rendu en 2024 par le tribunal régional fera l'objet d'un examen visant à détecter d'éventuelles erreurs de droit ou de vices de procédure. Le parquet et deux victimes présumées (parties civiles) contestaient l'acquittement et la remise en liberté de l'accusé. Si l'une des deux victimes est Mrs Behan, on se demande quelles sont ses allégations étant donné que les preuves majeures exhibées ont été démenties par la réalité.

– Un article dans The Tab, un site créé en 2009 par des étudiants de Cambridge, se demande pourquoi la génération Z n'arrive pas à cesser de penser à MMC, alors qu'ils étaient à peine nés lorsqu'elle a disparu. L'hypothèse est que la génération Z est un groupe de personnes habituées à être entourées de réponses. C’est la génération des réseaux sociaux et de l’IA, et « je ne sais pas » ne fait tout simplement pas partie de leur vocabulaire. Ainsi, un mystère non résolu les dérange plus qu'à leur tour, d'où le désir ardent de voir l'affaire résolue. Et puis l'affaire MC a alimenté bien des conversations, sans parler des médias et des réseaux sociaux.

Selon la thérapeuthe Linda Whiteside, "Il n’est pas nécessaire de vivre un événement de première main pour en être émotionnellement affecté. Pour la Génération Z, l’affaire Madeleine McCann est un récit édifiant. Elle imprime une peur inébranlable de disparaître sans laisser de traces".

C’est la première fois que les gens, chez eux, ont l’impression de disposer des mêmes informations que ceux qui travaillent sur ces affaires, car les enquêteurs et les policiers apparaissent très souvent à l’écran, partageant tout. Ce n’était tout simplement pas le cas auparavant. Il semble que la génération Z soit complètement obsédée par les affaires criminelles réelles. "Ils pensent qu’ils seront ceux qui résoudront l’affaire." Why not ?




20 – Selon Alain Remue, chef de la brigade "disparitions" de la police fédérale belge, qui a participé aux recherches à PdL en 2007, a traité des centaines de signalements en Belgique et rappelle que "à peine 1% des affaires de disparition présentent un caractère criminel", "la Cellule des personnes disparues dispose toujours d'un classeur rempli d'indices concernant Maddie McCann."


AR observe que personne ne s'est intéressé aux sacs-poubelles, contrairement à ce qui se fait en Belgique. Effectivement, on n'a pas pensé à examiner les grands containers, cette nuit-là (il faut dire que tout le monde cherchait une petite fille que ses parents disaient avoir mise au lit quelques heures plus tôt) ! L'équipe britannique de 5 policiers et criminologues envoyée par Channel 4 à Praia da Luz pour faire une étude de terrain (qui a donné lieu au documentaire Searching for Madeleine, série Dispatches, diffusé le 18 octobre 2007) l'avait bien remarqué et aussi indiqué qu'au Royaume-Uni, quand un enfant disparaît, les camions-bennes de ramassage des résidus solides sont immédiatement stoppées. Rien de cela n'eut lieu à PdL. Il n'y avait aucun moyen, pour les employés de la mairie de Lagos, d'accéder au contenu des containers, la collecte s'effectuant (en 2007) par un système de levage hydraulique qui agrippe et vide le container de manière automatisée, le compactage ayant lieu un peu plus tard dans une station de transfert avant l'acheminement de la "galette" de résidus solides vers le centre d'enfouissement sanitaire, dans l'heure qui suit.
Des OPJ furent envoyés trois jours plus tard sur le site du Barlavento, l'un des deux existant en Algarve, dans l'espoir de distinguer un indice comme un morceau de tissu. Il était beaucoup trop tard. Retenons néanmoins qu'ils y songèrent.








5.8.26

2026 AVR/AOÛ - La saudade, c'est la présence de l'absence

Ce que l'on a entendu sur l'affaire MC a-t-il vrai, bon et utile ? Les mêmes qui affirment comme un fait que M a été enlevée soulignent toujours, ô paradoxe, qu'on ne sait pas ce qui s'est passé!


 

01 – Christian B, qui vivait dans l'appartement d'un ami dans le quartier où il habitait avant sa détention et où il tenait un kiosque, semble avoir quitté Brunswick. Le porte-parole de la police, Lars Dehnert, a déclaré au Braunschweiger Zeitung qu'il se trouve actuellement dans un autre Land. L'escorte policière s'est déplacée avec lui. 
Les habitants auraient organisé des veillées de surveillance et appelé la police à la rescousse. CB n'aurait pas facilité la tâche de ses gardes, il aurait réussi à échapper brièvement à ses surveillants à vélo, pour ensuite appeler les secours et demander où se trouvait son escorte. Officiellement, il n'y a eu aucun incident, mais CB aurait régulièrement joué au chat et à la souris avec la police. 

Presque 19 ans et on en parle encore de l'affaire MC, tout simplement à défaut de point final.

Le cerveau maintient une tâche inachevée dans un état de tension active, y revenant sans cesse, la gardant en veille, refusant de la classer. Tant que la tâche n'est pas menée à bien, elle est en suspens jusqu’à ce qu’une résolution soit trouvée et elle refait surface dans les moments d’inactivité, attirant notre attention en marge d'autres tâches. Ce n’est pas un défaut, c’est une caractéristique de la cognition. Le cerveau a évolué pour mener les choses à leur terme. Maintenir un signal actif augmente la probabilité d'y revenir. 

Dans le monde moderne, c’est la vulnérabilité de l’attention humaine qu'on a le plus exploitée. Netflix n’a pas inventé le cliffhanger, mais l’a industrialisé : lorsqu’une série se termine sur une question en suspens, non seulement la curiosité est éveillée, mais un signal dans le cerveau reste actif jusqu’au prochain épisode le referme. Le cerveau fait exactement ce pour quoi il a été conçu : revenir à ce qui n’est pas terminé.

Chaque tâche accapare une part modeste mais bien réelle de notre attention disponible, détournant légèrement notre concentration et réduisant notre capacité à être pleinement présent dans ce que nous sommes en train de faire à un instant précis. Les tâches inachevées ne restent pas passivement en mémoire, le cerveau exécute son système de reprise simultanément sur plusieurs signaux, dans un environnement qui en génère de nouveaux plus rapidement que n’importe quel système nerveux humain n’a été conçu pour en traiter.

David Allen a fondé l'intégralité de son système GTD (Getting Things Done, gestion de temps et de productivité visant à aider les individus à se libérer de distractions mentales et à se concentrer sur les tâches les plus importantes) sur l'idée que la seule façon de s'affranchir des signaux est soit d'accomplir la tâche, soit de s'engager fermement à la mener à bien plus tard. Noter quelque chose produit le même effet sur le cerveau que l'accomplir. La capacité mentale est libérée et, sans avoir résolu le problème, on est soulagé. Le système de relance du cerveau s'est mis en veille.

 

L'inverse est tout aussi vrai et bien plus destructeur. Chaque tâche qui ne vit que dans votre tête, non notée et non planifiée, épuise nos ressources cognitives 24 heures sur 24. Le coût mental n'est pas proportionnel à l'ampleur de la tâche. Une minuscule obligation lancinante consomme autant d'énergie qu'un grand projet. Le cerveau fait la distinction non en fonction de l'importance mais en fonction de l'achèvement.

Un signal actif est le levier le plus puissant à la disposition de quiconque souhaite retenir l'attention humaine. C’est la découverte la plus précieuse de l’histoire des médias. Et personne ne l'enseigne à l’école.


03 –   Le Deception Detective est de retour, brièvement. 
GMC, qui ne mâche pas ses mots, se présente, lui et ses enfants, comme les victimes d'une foule malveillante. Un peu globalisant, mais soit ! Cependant il demande ensuite à ce même public de faire un immense saut logique car il en déduit le droit de punir quiconque oserait remettre le narratif MC en question. Le DD  observe ici l'appel aux émotions plutôt qu'à la raison et à la logique qui ne seraient pas bénéfiques. Comme les MC ne parviennent pas à convaincre les gens avec des arguments factuels, ils doivent jouer sur la corde sensible : on appelle cela "manipuler". 







I, Robot


20 – CB aurait échappé à la surveillance policière mise en place 24/24. Voir plus bas (13.05).


Mai


04 – Heretics : The biggest cover-up in British History - Andrew Gold interroge Matthew Steepples. Sauf que ce dernier ne veut pas aller au bout de son observation tabou (l'enlèvement est une couverture) et déploie une grande volubilité pour noyer le poisson qu'il vient de sortir de l'eau. Comme pour diminuer le poids d'une déclaration aux implications incontournables (s'il n'y a pas d'enlèvement, les parents ne peuvent pas ignorer ce qui est arrivé), MS essaie de relativiser, de maintenir dans le flou et de détourner l'attention sur la négligence (or les parents étaient peut-être radins, mais ils étaient de bons parents). Penser qu'il lui suffirait de lire quelques PJFiles pour comprendre ce qui s'est passé !

Selon le Mirror, le Met « souhaite un procès au Royaume-Uni » et ferait pression pour que CB soit jugé à l'Old Bailey pour enlèvement et meurtre de avant le 20e anniversaire (2027)de la disparition de MMC. Un haut responsable de Scotland Yard serait à la tête des efforts visant à constituer un dossier suffisamment solide pour que le Crown Prosecution Service (CPS) autorise l'inculpation de CB. Cependant, le principal obstacle réside dans le fait que la Constitution allemande interdit l'extradition de ses ressortissants vers des pays non membres de l'UE. 

En outre et quand même, pourrait-on remarquer, la juridiction de l'affaire MC appartient au Portugal. On observe aussi que l’enquête de la police métropolitaine a toujours été une affaire de personne disparue et non une enquête pour meurtre, bien que le Met ait déclaré "continuer à explorer toutes les pistes viables". Où il faut entendre "tout le monde sauf les MC, le reste de la bande des "Tapas" et tous les membres du gouvernement, de la police et des services de renseignement qui se sont rendus complices de la dissimulation qui s'en est suivie et qui se poursuit encore aujourd'hui...

05 – Gonçalo Amaral, 19 ans plus tard : "on ne peut attribuer à un pédophile tous les crimes de l'humanité". Interview (avec la présence de la journaliste Felícia Cabrita) en trois parties, dont les deux premières sont les moins intéressantes (beaucoup d'inexactitudes factuelles et opinions inutilement redites).

Dommage que, dans la dernière partie (qui suit), la journaliste n'en sache pas assez pour relancer son invité sur des propos concernant CB car  GA est le seul à les tenir (déjà dans son dernier livre), la PJ ne pipant mot. Toutefois ces propos, rapportés de manière quelque peu décousue, risquent fort d'échapper aux auditeurs.

GA précise qu'il n'était que le coordinateur opérationnel de l'affaire MC, dirigée par le directeur de la PJ en Algarve, décédé (Guilhermino Encarnação), le directeur national de la PJ,  réformé (Alípio Ribeiro) et le directeur national adjoint de la PJ dans la lutte contre le banditisme, Luís Neves (aujourd'hui ministre de l'Intérieur). En réalité GA fut toujours la vitrine de l'équipe des décideurs, bien qu'il se soit à l'époque (imprudemment) présenté comme le chef face aux médias.

GA observe que les MC ont fait pression sur la police pour savoir ce qui était arrivé à leur fille sans, étrangement, dire qui elle était, ni permis que cela fût connu, la police ne sachant que son prénom et guère plus (ainsi les autorités britanniques ont considéré injustifié de fournir, les données cliniques concernant M).

Quant au point sur lequel, malheureusement, GA n'a pas été relancé, il s'agit du prétendu viol de Diana M. On comprend que le  BKA, anxieux de découvrir une preuve de la culpabilité de CB et ayant fait chou blanc en Californie où DM, souffrant de la maladie d'Alzheimer, était inaccessible, aurait prélevé un cheveu sur un drap et fait déclarer par un laboratoire allemand qu'il appartenait à CB, alors en prison préventive pour trafic de drogue : "Il y a des enquêtes que le ministère public au Portugal devrait mener. Il devrait savoir pourquoi (les Allemands) sont allés à la recherche de CB, pourquoi ils sont allés chercher ce dossier de pseudo-viol à Praia da Luz des années auparavant ? Pourquoi le matériel probant, dûment analysé par la PJ, n'a rien révélé ? Pourquoi ce matériel, remis ensuite à la police allemande à Portimão, a-t-il été gardé à l’hôtel où les policiers allemands ont séjourné pendant une semaine avant de l’emporter en Allemagne ? Comment ont-ils eu le culot de dire au tribunal, lorsque le juge leur a posé la question, que tout était scellé ? C'était un mensonge, rien n'était scellé. Alors, comment ce cheveu est-il apparu là-bas ?"

Dans cette première partie, Felícia Cabrita évoque les bâtons dans les roues mis dans sa démarche de journalisme d'investigation par la presse britannique et le "team MC". Ainsi, par téléphone, GMC l'aurait incitée à se taire en lui demandant si elle se jugeait supérieure à la PJ comme enquêtrice. 


La deuxième partie s'intitule "Les parents se sont refusés à faire une reconstitution judiciaire".



Pendant ce temps, à Rothley, apparition de la famille MC au complet, selon le média, "pas par hasard, mais en raison du projet d'extradition de CB avant le 20è anniversaire de la disparition", extradition qui pourrait être constitutionnellement refusée par les Allemands, parce que la GB n'est plus dans l'UE ! Serait-ce là le grain de sable qui à jamais figera CG comme meurtrier non judiciairement condamnable, pour le double confort du Met qui a une quinzaine de millions de livres à justifier et surtout des MC, bien qu'ils insistent pour que "justice soit faite, afin de rendre le monde un peu plus sûr".



Tandis que Sonia Poulton célèbre à sa façon "19 ans de mensonges": 


 

06 – Jim Gamble en rêvait, Christian B coche toutes les cases ! Vif espoir ou whishful thinking ! Le Met "dispose sûrement d'un élément de plus (que les Allemands - quid alors de la fameuse preuve non forensique de HC Wolters ?) l'incitant à demander l'extradition de CB". JB souhaite que les MC puissent tourner la page ainsi que les Britanniques (et là on ne peut que lui donner raison), "très divisés sur cette affaire". Rappeler l'article du Guardian citant Mark Rowley, en septembre dernier.





Selon le Mirror, cité par MSN, CB a été arrêté après une altercation à Kiel avec un Britannique dont l'identité n'a pas été révélée. Une source proche de CB a déclaré que CB (qui aurait pénétré dans une propriété privée) "avait été agressé par un homme, accompagné de deux autres personnes et d'un gros chien, qui a frappé deux fois CB au visage. C'est CB, blessé, qui a appelé la police".

Quant à l'extradition, HC Wolters a déclaré que "l’extradition nécessiterait un mandat d’arrêt et qu'il n'est pas en mesure de dire si la police britannique peut en obtenir un auprès d’un tribunal britannique".

11 – Channel 5 se prépare à exhiber un docu-fiction de 90 minutes, intitulé "Kate McCann : suspecte" et focalisé sur l’interrogatoire du 7 septembre 2007, 4 mois après la disparition de M, au cours duquel la PJ a posé à KMC 48 questions auxquelles elle a refusé de répondre. Elle venait d'être faite "arguida" et était donc accompagnée de son avocat, lequel lui avait conseillé le silence (sans doute dans la crainte que les réponses de Kate ne coïncident pas avec celles de Gerald qui serait interrogé quelques heures plus tard). Contrairement à Gerald,  qui avait fait deux dépositions, assez contradictoires, le 4 et le 10 mai, Kate n'en avait fait qu'une, le 4 mai, l'esquive du 10 mai ayant été plaidée par le psychologue dépêché de Londres pour lui porter secours. 

Laura Bayston joue Kate MC (incarnation photogéniquement peu flatteuse, on en jugera d'après la bande-annonce), Paula Wittig a réalisé et Philip Ralph écrit un script dont on appréciera la fidélité d'autant plus aisément que l'interrogatoire est retranscrit dans les PJFiles. Le pitch fantaisiste (qui semble en partie s'inspirer de la réunion du 8 août, qui n'est pas dans les PJFiles, étant informelle, mais dont KMC donne un compte-rendu dans "Madeleine", après en avoir confié la teneur à David J. Smith) annonce la couleur (bourreau PJ, victime KMC) : "Trois mois après la disparition de sa fille, Kate est convoquée pour être interrogée par la police portugaise. Ce qui avait commencé de manière assez innocente a rapidement tourné à l’hostilité : la police lui dit qu’elle ne la croit plus et qu’elle la considère désormais comme une « arguida » (témoin assisté). Les enquêteurs lui disent disposer de preuves démontrant son implication dans la disparition, et que si elle n’avoue pas, elle serait accusée de meurtre. La série se concentre sur une période extraordinaire et tendue de 48 heures qui a failli mettre fin aux recherches pour retrouver Madeleine, et qui a contraint les MC à se battre pour leur liberté."

L'absence totale d'objectivité et d'impartialité avec laquelle les médias traitent cette affaire donne l'impression de vivre dans une sorte de Corée du Nord. Des personnes qui prétendent avoir apparemment étudié les dossiers de près affirment qu’il n’y a aucune preuve contre les MC, comme si le troublant signalement de la famille S et les non moins troublantes alertes des chiens ne figuraient pas dans les PJFiles. Il n'y a pas de raison que ça s'arrête un jour car les MC, qui savent que M est introuvable, ont juré - cela ne leur coûtait rien - de ne jamais abandonner. 


 


12 – Selon le média NDR, le parquet de Brunswick dément les informations relayées par les médias britanniques concernant une éventuelle extradition du principal suspect dans l'affaire MC. Selon les autorités, un mandat d'arrêt britannique à l'encontre de l'Allemand Christian B. serait une condition préalable à une telle extradition. Or le parquet général de Brunswick n'a pas encore reçu de demande officielle d'extradition. De plus, selon le parquet de Brunswick, il existe un autre point crucial : la Loi fondamentale allemande n'autorise l'extradition de citoyens allemands vers des États hors de l'Union européenne que dans des cas exceptionnels très limités. La Grande-Bretagne ne fait plus partie de l'UE depuis le Brexit. Bien qu'un accord bilatéral d'extradition entre les deux pays existe désormais, des obstacles juridiques importants s'appliquent toujours aux citoyens allemands.


13 – Christian B, de retour à Kiel depuis fin mars, aurait été impliqué en avril dans une bagarre à Kiel. Selon NDR, la ministre de l'Intérieur Magdalena Finke (CDU) a reconnu, devant la commission de l'intérieur et des affaires juridiques, que CB avait pu échapper à la surveillance le 20 avril, et ce bien qu'il soit surveillé 24 heures sur 24 par les forces de police depuis sa libération. Le SPD et le FDP ayant inscrit ce sujet à l'ordre du jour, Mme Finke a affirmé "prendre au sérieux les inquiétudes de nombreuses personnes, en particulier des habitants de Kiel : les autorités compétentes suivent de près la situation et mettent en œuvre de manière rigoureuse les mesures de protection."

Malgré la surveillance serrée, Christian B, qui réside dans un conteneur d'habitation (une structure réalisée à partir de conteneurs maritimes recyclés) entièrement clôturé, aurait réussi à s'éloigner d'environ 200 mètres de son logement. Là, il aurait pénétré sur une propriété privée, aurait apparemment rencontré le propriétaire, ce qui aurait donné lieu à des coups et blessures réciproques. L'enquête est en cours. Selon la police, Christian B. a tenté à plusieurs reprises d’échapper à la surveillance. "Par exemple, il s’engage à vélo sur des chemins où la voiture de patrouille qui l’accompagne ne peut pas le suivre. C'est alors que le bracelet électronique entre en action. On lui demande alors où se trouve son nouveau lieu de séjour, et la surveillance reprend très rapidement à cet endroit." Les mesures de surveillance policière avaient initialement été ordonnées jusqu’au 16 mai, mais elles ont été prolongées vendredi 15 mai par le tribunal cantonal de Kiel jusqu’au 12 juin.

20 – Selon MSN, Les MC se sont dits "déçus de ne pas avoir été consultés ni invités à donner leur accord" lors de la production de Under Suspicion : Kate McCann, un épisode d'une série policière diffusée par Channel 5 qui dépeint Kate considérée comme suspecte lors de l'enquête en septembre 2007. Les MC, qui ont déclaré n'avoir « aucune implication » dans cette production, ont publié sur leur site officiel un communiqué faisant part de "leur inquiétude quant à l’impact négatif sur leur famille... Nous n’avons pas donné notre consentement, ni n'avons été sollicités à cet effet, et nous n’avons pris aucune part à sa réalisation. Nous ne voyons pas en quoi cela pourrait aider".  Or ils ont visionné avant la diffusion. Il semble qu'ils n'aient pas apprécié que le public se soit ennuyé, voire ait zappé. Ont-ils décrié pour cette raison ?

Un porte-parole de Channel 5 a déclaré "avoir informé la famille MC de la production et de la date de diffusion. L'équipe de production a travaillé avec soin pour garantir l'exactitude, la retenue et l'impartialité, compte tenu notamment du caractère sensible du sujet."


22 – Pat Brown a vu Under suspicion : Kate McCann (remarquer le changement de titre, d'abord "Suspecte : Kate McCann) qu'elle qualifie de "drame manipulateur". Ses observations, tout de bon sens qu'elles soient, n'en sont pas moins pertinentes, à commencer par la première. L'épisode  commence comme ça : M a disparu de son lit pendant que ses parents dînaient dans un restaurant voisin. "Eh bien, ça revient pratiquement à dire qu'elle a été enlevée et à affirmer d'emblée que KMC est innocente de tout acte répréhensible. Par conséquent, la police se montre cruelle envers elle lorsqu'elle l'interroge sur ce qui a pu arriver à sa fille". Ite missa est.
 


PB critique l'affirmation "aucune preuve significative n'a été trouvée", car des preuves fort significatives ont été trouvées (dont la plus lourde de sens est l'absence de signe d'effraction, pour ne rien dire des alertes des chiens et du témoignage de la famille S). PB note que l'absence de preuve d'enlèvement est en réalité la preuve que les choses ne se sont pas passées ainsi ; personne n'est entré ni sorti de cet appartement de vacances par la fenêtre ou par tout autre moyen. 

Les versions des MC ont changé : on est passé de "l'endroit était fermé à clé" à "on a laissé la porte coulissante ouverte", parce qu'il fallait bien que le prédateur puisse entrer et sortir, une fois prouvé qu'il n'y avait eu aucune entrée ou sortie par la fenêtre. Ce sont des preuves comportementales, ce sont des preuves circonstancielles, et il n'y a de preuve matérielle que si on peut la présenter devant un tribunal. Dans le docu, des experts forensiques britanniques avertissent les enquêteurs portugais que les preuves ADN ne sont pas concluantes et ne doivent pas être utilisées contre les MC. On savait que Scotland Yard avait reçu pour consigne de ne pas considérer les MC comme ayant quoi que ce soit à voir avec ce qui était arrivé à M et qu’il devait s’agir d’un enlèvement. 

Naturellement Gonçalo Amaral est esquinté (référence à sa condamnation pour falsification de preuve dans le cadre de l'affaire Joana). Il faut le discréditer pour faire croire que l'enquête est nulle, que l'interrogatoire de K est nul etc. 

Et puis, on lit que "les MC ont été innocentés de tout soupçon en 2008". Bien sûr, quiconque a suivi cette affaire sait que ce n'est absolument pas vrai. L'affaire a été classée sans suite, mais ça ne veut pas dire qu'ils ont été innocentés. Kate, en vérité, semble avoir préféré que la police la considère comme suspecte pour toujours plutôt que de blanchir son nom afin de chercher M efficacement.

PB remarque que les MC ont dit qu'ils n'approuvaient pas ce docu, n'avaient rien à voir avec. De leur côté les producteurs ont dit qu'ils avaient demandé aux MC leur avis tout au long du processus (probablement parce qu'ils ne voulaient pas être poursuivis en justice). Cependant, ce docu n'offense pas les MC. Veulent-ils faire croire que tout le monde les croit innocents et qu’ils ne tirent pas les ficelles en coulisses avec les producteurs de cette série?

Enfin PB mentionne ce qu'il n'est pas utile de voir le docu : l'actrice qui joue Kate a l’air épouvantable, yeux cernés, pas maquillée (ou enlaidie par un maquillage), cheveux ébouriffés, en piteux état en un mot. Or Kate MC sait très bien se mettre en valeur et, quant à l'aspect physique, a toujours fait excellente figure. C'est dire à quel point l'image qu'elle donne est importante pour elle. Est-ce la cause de la désapprobation ? Il y a aussi l'attitude de G qui n'apparaît que dans un passage comme une mauviette, une représentation de sa personne qu'il n'a peut-être pas appréciée. 

Comme si Kate se battait ! Or G est plutôt celui qui se bat pour protéger son narratif, Kate exerçant un contrôle latent, froid et ferme. 


Juin


04 – Die Zeit revient sur le témoignage (2025) d'une policière censée avoir été alertée par un voisin sur une odeur de décomposition (le chien de CB) dans un terrain appartenant à CB. La défense avait vivement contesté les déclarations de la policière ("Je ne crois pas un mot de ce que vous dites", a déclaré l’avocat Friedrich Fülscher). La policière a admis s’être rendue sur les lieux plusieurs mois avant la découverte, avoir pris des photos sans mandat judiciaire et les avoir transmises. Elle travaillait alors probablement pour un enquêteur chargé de l’affaire de Ingha Gehricke, une fillette disparue en Allemagne depuis le 2 mai 2015. On soupçonne donc que c’est la policière qui a trouvé le chien mort. Quelqu’un a ensuite placé des objets compromettant CB dans un sac sous le chien, sans traces d’ADN ni empreintes digitales. Le voisin (ami de la policière) s'est rendu ensuite sur le terrain de CB en violation de propriété privée. Voilà comment a été concocté le prétexte de déclencher une opération de recherche.

07 –  Selon des sources allemandes, la police a remis à Scotland Yard des dossiers cruciaux concernant CB. Même si une éventuelle extradition reste une perspective lointaine, la transmission du dossier marque un tournant notable. CB se trouve toujours sous surveillance 7/7 dans un conteneur maritime reconverti dans la ville de Kiel. Les autorités allemandes ont donné des instructions pour le protéger contre d'éventuelles menaces.

Les démêlés judiciaires de CB se poursuivent : l'audience prévue la semaine dernière concernant son appel contre une condamnation à six semaines de prison pour insultes à l'encontre d'un agent pénitentiaire a été reportée, son avocat ayant signalé qu'il était malade. Le parquet a par ailleurs interjeté appel contre l'acquittement dont il a bénéficié en 2024 pour des accusations de viol.

Operation Grange reste officiellement classé comme une enquête sur une personne disparue, étant donné que le sort de Madeleine n'a jamais été confirmé, vivante ou morte ?, depuis sa disparition à Praia da Luz, au Portugal, le 3 mai 2007.

Toute démarche visant à extrader CB nécessiterait de reclasser l'enquête en affaire de meurtre. Les autorités allemandes ont toujours affirmé disposer de preuves matérielles reliant CB à la mort de Madeleine, bien qu'aucun élément forensique ne le confirme. 

La police métropolitaine a déclaré "continuer à explorer toutes les pistes viables." Or le dossier allemand est insuffisant en matière de preuve pour formuler une accusation, bien que HCW ait déclaré, en mars 2023, être convaincu que cela serait possible en 2024. Deux ans plus tard, rien ! D'où l'abus d'avoir associé le nom de CB à celui de M sans indice aucun d'enlèvement et de meurtre.

HCW a-t-il transmis la fameuse preuve photographique (mais non forensique) de la mort de M? 

Selon Bild, qui cite le Spiegel, CB aurait été mêlé à un incident avec des policiers devant un supermarché de Kiel, le 6 juin, au cours duquel un policier a été blessé. Tout aurait commencé lorsque les policiers ont remarqué que Brückner les photographiait et lui ont demandé de leur remettre son téléphone portable. Il aurait refusé, ce qui "aurait entraîné une agression physique ou un acte de résistance à l’encontre des policiers" selon un porte-parole de la police. Ces policiers n’appartenaient pas à l’équipe spéciale chargée de la surveillance 24 heures sur 24. L’avocat de CB, Philipp Marquardt, a confirmé l’incident mais a fait valoir que la réaction des autorités était disproportionnée : "La photo a été prise à une distance de plus de 40 mètres et était inoffensive, il s'agit d'une poursuite judiciaire à l’encontre d’un homme innocent".

08 – James English annonce la diffusion, le 11 juin, d'une interview par un journaliste "undercover" de CB qu'il qualifie de "suspect numéro un", aligné sur ce point avec ce qu'affirme depuis des années le BKA et en particulier HCW, spéculation si largement médiatisée  que des centaines de milliers de personnes pensent que CB est responsable de la mort de M.


 10 –


Gerald MC continue à affirmer qu’il n’y a aucune preuve que Madeleine soit morte, c'est ridicule : il n’y a aucune preuve de l’endroit où elle se trouve, morte ou vive.
Le rétablissement rapide donc remarquable des MC est un des éléments qui ont le plus induit  le soupçon : ils se sont comportés, au bout de trois jours (dixit Kate), comme s'ils ne risquaient aucune inculpation de quelque sorte qu'elle fût. Cela n'aurait pas été possible s'ils avaient été torturés par la situation que Madeleine devrait affronter en cas de séquestration.
Tout dans l'attitude des MC indique leur chagrin mais aussi leur savoir quant à ce qui est arrivé à M : ils savent qu'elle repose en paix.

14 – Selon un youtuber qui ne cesse de répéter que CB est un "très, très méchant homme" (est-il lui-même un saint ?), un gangster de Liverpool (Sam Walker) a été arrêté par la police allemande, après avoir publié en ligne une série d'avertissements devenus viraux, dans lesquels il détaillait son intention de retrouver, d'affronter et d'interroger lui-même CB. Les autorités allemandes ont lancé une opération éclair pour intercepter Walker avant que n'ait lieu une confrontation dangereuse. SW fait désormais l'objet d'une interdiction légale stricte lui interdisant de pénétrer dans la région où se trouve CB  sous peine d'une lourde peine de prison s'il enfreint cette ordonnance ou tente de s'approcher de CB de quelque manière que ce soit. 

On observe que les nouvelles, bien que "liées" à M dans la presse, ne concernent que Christian B dont, sinon, tout le monde se moquerait comme d'un délinquant ordinaire. Cela est bon pour les MC, cela fait oublier toutes les incohérences de leur narratif. Il n'est pas inutile de les rappeler de temps à autre, histoire de semer un peu de grain à moudre. 
 
Selon Kate MC, l'idée d'enlèvement est la seule qui lui soit venue à l'esprit lorsqu'elle a constaté que le lit de M était vide. Seule et immédiate pensée, d'autant plus étrange que ces parents-là n'hésitaient pas à laisser ouverte la porte donnant sur le patio (lui-même donnant sans verrou sur la rue). Comment dès lors expliquer que les MC, qui ont un certain bagage scientifique, aient permis l'accès au 5A à toutes sortes d'individus voués à détruire sans le vouloir toute preuve forensique... avant et au lieu d'appeler la police ?

À commencer par leur présence imposée, la police britannique a semé la pagaille. Il y a fort à parier que la PJ aurait résolu l'affaire sans les interruptions, les tabous, les restrictions, etc. des autorités britanniques.

Juillet

Il ne reste plus que quelques jours avant l'annonce de la décision du tribunal quant au bracelet électronique que porte CB.  La prolongation de quatre semaines accordée à la préfecture de police pour contester la décision judiciaire obligeant Brückner à être suivi en permanence expire le 12 juillet. 

13 –  The Resident rapporte que "l'enquête tortueuse et d'un coût exorbitant sur la disparition de M a pris un nouveau tournant, selon les médias, après que Scotland Yard aurait reçu ce qui a été qualifié de dossier « crucial » de la part des enquêteurs allemands – qui n'ont pas caché leur conviction que l'ancien détenu Christian B « a commis le crime ». Selon le journal portugais Correio da Manhã, qui cite des articles parus dans les tabloïds britanniques The Sun et The Daily Mail, ce dossier comprend des photographies et des témoignages qui, selon les enquêteurs, pourraient renforcer l’accusation portée contre Brückner. Une source policière anonyme citée par ces journaux a déclaré que ce dossier contenait des 'preuves explosives'.

Qu'il soit permis d'en douter, puisque le BKA n'a pas été en mesure de porter quelque accusation contre CB et que le procureur Wolters a reconnu que les éléments qu'il détenait, et qui proviennent du "pire témoin que l'on puisse imaginer, un trafiquant d'êtres humains, n'étaient pas des preuves forensiques.

Officiellement, la police métropolitaine de Londres se contente d'affirmer que l’enquête se poursuit en étroite collaboration avec les autorités allemandes et portugaises et qu’elle explorerait "toute piste viable" (sic !). Toutefois l'extradition de CB n'est pas possible en vertu de la législation allemande, qui limite l'extradition des ressortissants allemands vers des pays situés en dehors de l'Union européenne. Contacté directement par les enquêteurs britanniques, CB a répété qu’il n’avait rien à voir avec cette affaire.

Le commentateur et expert en criminalistique portugais Rui Pereira explique depuis longtemps qu'en raison du délai de prescription en vigueur au Portugal, personne d'autre ne peut être mis en cause dans la disparition de M. Ainsi CB est l'homme-butoir, le dernier suspect.

18 – Dans le Braunschweiger Zeitung interview de Ute Lindemann qui a traqué CB : sur la motivation et l’épuisement, les limites de l’État de droit – et la question de savoir ce que deux décennies passées à traiter des affaires de droit pénal sexuel font à une personne. Le comportement de cette procureure fait craindre le développement du biais cognitif formulé par Abraham Maslow : "J'imagine qu'il est tentant, si le seul outil dont vous disposiez est un marteau, de tout considérer comme un clou."

 

24– Selon le Spiegel, une nouvelle enquête serait ouverte contre CB à la suite de l'altercation de juin dernier.

 

Août 

26 – La Cour fédérale de justice (BGH) prévoit, afin de détecter d'éventuelles erreurs de droit, d'examiner le jugement d’acquittement (octobre 2024) de Christian B, faute de preuves suffisantes, quant aux accusations de trois viols et de deux cas d’abus sexuels sur mineurs. La procédure d’appel pourrait avoir lieu le 11 janvier 2027, selon le Braunschweiger Zeitung. 

Sur le site web de la justice fédérale :  Audience principale en appel le 11 janvier 2027, à 11 h, dans l’affaire 6 StR 173/25 (acquittement des chefs d’accusation de viol particulièrement grave, entre autres) devant la Grande Chambre de la Cour administrative fédérale.