Grâce à la liberté dans les communications, des groupes d’hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.
Friedrich Nietzsche (Fragments posthumes XIII-883)

Faux, vrais souvenirs et réalité




  

Quand les mensonges deviennent réalité
On finirait parfois par croire à la réalité des évènements évoqués dans ses mensonges (Polage, 2012). C’est l’inflation par fabrication (fabrication inflation), une erreur mnésique consistant à croire à la réalité des évènements que le sujet a précédement décrits dans des propos mensongers. Les résultats de l'étude suggèrent que des personnes peuvent initialement tenter de duper autrui, mais elles finissent par être les victimes de leurs propres mensonges, conclut la psychologue.

La région antérieure du cortex cingulaire, impliquée dans les activités de contrôle cognitif, est l’une des régions du cerveau s’activant pendant le mensonge.
Mensonge, mémoire et cerveau
Mentir, c’est inhiber la vérité. Des données de neuro-imagerie par résonance magnétique fonctionnelle ont ainsi montré que le mensonge s’accompagnait notamment d’une activation plus importante des régions du cortex préfrontal impliquées dans les processus de contrôle cognitif et d’inhibition, en particulier dans le cortex préfrontal dorsolatéral. Le cortex préfrontal dorsolatéral est aussi impliqué quand des personnes mentaient à propos de souvenirs négatifs ou émotionnellement neutres. Mentir face à des images émotionnellement neutres s’accompagne d’une activité bilatérale plus importante du cortex préfrontal dorsoltaral, d’une activation plus élevée dans le cortex préfrontal vendromédian gauche et dans le cortex orbitofrontal gauche. Mentir à propos de souvenirs négatifs s’accompagnait d’une plus grande activité bilatérale du cortex préfrontal dorsolatéral. Un chevauchement des activations bilatérales du cortex préfrontal dorsolatéral a été détecté entre les deux types de mensonges, confirmant ainsi le rôle de cette région dans les aspects exécutifs du mensonge.
Une autre expérience vient de montrer que le cortex préfrontal dorsolatéral est bien impliqué dans le mensonge, mais différemment selon l’hémisphère cérébral concerné. Grâce à la stimulation magnétique transcranienne, les chercheurs ont pu empêcher temporairement le fonctionnement de cette région du cerveau, soit dans l’hémisphère gauche, soit dans l’hémisphère droit. La stimulation du cortex préfrontal dorsolatéral droit a conduit les participants à mentir moins souvent. La stimulation du cortex préfrontal dorsolatéral gauche les a conduit à mentir… plus souvent.


L’approche cognitive
Les menteurs sont mieux détectés quand les questions de l’enquêteur surchargent leurs ressources cognitives. Les revues récentes de la littérature scientifique sur la détection du mensonge aboutissent toutes au même constat : distinguer menteurs et individus honnêtes en observant leurs comportements et en écoutant ce qu’ils disent est une stratégie au succès limité. 
Des études ont montré que le mensonge activait un réseau de structures cérébrales dans le cortex frontal, le cortex pariétal et le mésencéphale, zones impliquées dans le fonctionnement de la mémoire de travail (les ressources de la mémoire de travail sont utilisées quand des processus exigeant des efforts sont déployés). L’analyse des données a également révélé que le mensonge activait le cortex préfrontal rostrolatéral de l’hémisphère droit, une structure connue pour son rôle dans le contrôle cognitif et la régulation de la pensée. De plus, l’activation du gyrus frontal inférieur, région clé des activités d’inhibition, a permis de distinguer les bons des mauvais menteurs. Les auteurs ont conclu que les corrélats cérébraux de l’effort et du contrôle cognitifs pourraient être utilisés dans un contexte légal afin de détecter le mensonge. Néanmoins, ils ont aussi reconnu les limites d’une telle utilisation de l’imagerie cérébrale fonctionnelle (il est très facile de duper ce type de détecteur de mensonges). De plus, dans la nouvelle expérience, les sujets ne mentaient pas en faisant un récit sur des faits, ce qui restreint la généralisation de ses résultats.
L’une des solutions pour mieux déceler la tromperie, poursuivent ces chercheurs, repose sur l’idée que mentir est souvent une tâche très exigeante d’un point de vue cognitif. Par conséquent, interroger les personnes en ajoutant de nouvelles contraintes pourrait permettre de mieux distinguer menteurs et personnes honnêtes. Cela faciliterait l’apparition des indices du mensonge et amplifierait leur manifestation.
Plusieurs techniques d’interrogatoire reposant sur cette idée sont en cours d’évaluation. Aldert Vrij et ses collaborateurs les classent en deux catégories : celles imposant une charge cognitive et celles fonctionnant sur le principe d’un questionnement stratégique.
Concernant la première catégorie de procédures, les chercheurs ont tenté de surcharger cognitivement les personnes interrogées en leur demandant de relater leur version des faits dans l’ordre chronologique inverse ou de maintenir un contact visuel avec l’interviewer pendant l’interrogatoire.
Les techniques de questionnement stratégique prennent trois formes. La première consiste à poser des questions inattendues, pour lesquelles le menteur n’a pas pu préparer de réponses (comme des questions d’ordre spatial et/ou un dessin de la scène).
La deuxième est surtout adaptée à la détection du mensonge dans la formulation d’opinions. La personne interrogée doit tout d’abord fournir des arguments en faveur du point de vue qu’elle défend, puis se faire l’avocate du diable en présentant des arguments en sa défaveur. Les argumentations des personnes honnêtes devraient être plus riches quand elles défendent leur point de vue personnel et l’être moins quand elles se font l’avocat du diable. Ce n’est pas le cas pour les menteurs, car c’est en se faisant l’avocat du diable que l’argumentation correspond à leurs croyances.
La troisième technique fait appel à l’utilisation stratégique par l’enquêteur des preuves dont il dispose. L’idée est que suspects coupables et suspects innocents ne sont pas dans le même état d’esprit dans la salle d’interrogatoire. Les premiers font en sorte que l’enquêteur ne prenne pas connaissance de ce qu’ils savent, les seconds s’inquiétant, au contraire, du fait que l’enquêteur puisse ne pas apprendre ou ne pas croire ce qu’ils faisaient au moment du crime. Les suspects coupables utiliseraient donc principalement des stratégies d’évitement (omettre intentionnellement certains éléments, par exemple) ou de dénégation (nier, par exemple, avoir été présent à un certain endroit et à un certain moment).
Aldert Vrij et ses collègues constatent que, d’après les premières évaluations, ces méthodes sont prometteuses, puisqu’elles facilitent la détection du mensonge en maximisant les différences de réponses entre menteurs et personnes honnêtes. Cependant, les données empiriques sont encore peu nombreuses et les bénéfices observés ne sont pas toujours spectaculaires. Par ailleurs, notent-ils, les chercheurs devront s’assurer que ces procédures ne sont pas sensibles aux contremesures, c’est-à-dire aux tentatives des menteurs pour les mettre en défaut et paraître ainsi honnêtes, tout au moins pour certaines d’entre elles (la technique des questions imprévues, par définition, devrait être immunisée contre ces tentatives).


Ai-je menti ou ai-je dit la vérité ? 
Tout dépendrait du type de mensonge. On se souvient mieux d'avoir menti  quand le mensonge consiste à décrire un objet qu’on n'a en fait jamais vu. En revanche il est difficile de se souvenir d’avoir menti quand le mensonge consistet à nier d’avoir vu un objet qu’on a pourtant bien vu.
Selon la théorie du contrôle de la source, on juge la source des souvenirs en fonction de différentes caractéristiques. Les souvenirs d’origine externe contiendraient un grand nombre de détails sensoriels, émotionnels et contextuels. Les souvenirs générés mentalement contiendraient plus de détails dus à des opérations cognitives. Le mensonge consistant à décrire un objet qu'on n’a jamais vu implique un niveau d’élaboration cognitive plus important que le mensonge consistant simplement à nier un fait.
Une étude a mis au jour un point étonnant. Quand les participants déclarent à trois reprises la vérité, qu'ils n'ont pas vu un certain objet, il finissent ensuite par dire qu'on le leur a montré. Autrement dit, le fait de dire la vérité à plusieurs reprises en réfutant un fait peut provoquer des distorsions de la mémoire qui prennent la forme de faux souvenirs. Le fait nié devient alors réalité ! Selon les chercheurs, ce phénomène pourrait constituer l’une des origines des faux aveux.


Les faux souvenirs fabriqués
Quelles différences entre les faux souvenirs autobiographiques intentionnellement fabriqués et les vrais souvenirs autobiographiques ? La mémoire nous conduit parfois à nous souvenir d’évènements ou de faits que nous n’avons, en réalité, jamais vécus. C’est en toute sincérité que nous rapportons ces souvenirs inexacts que nous tenons pour vrais. C’est cette forme de faux souvenirs qui est la plus étudiée par les psychologues scientifiques depuis maintenant une quarantaine d’années.
Les chercheurs s'en sont pas moins intéressés à une autre forme de faux souvenirs, ceux que nous fabriquons délibérément, en sachant très bien qu’ils ne correspondent pas à la réalité. Une équipe de psychologues britanniques a observé des différences entre les faux souvenirs autobiographiques fabriqués et les vrais souvenirs autobiographiques. Leur étude a également révélé la manière dont les faux souvenirs fabriqués étaient générés.
Les vrais souvenirs sont majoritairement (76 %) relatés selon la perspective du champ, c’est-à-dire la même perspective que celle de la personne au moment où elle a vécu les évènements. Les faux souvenirs fabriqués sont relatés plus souvent selon la perspective de l’observateur (52 %), autrement dit la personne se voyait elle-même dans ses souvenirs. Les différences sont la conséquence des efforts cognitifs nécessaires pour fabriquer un faux souvenir.
Depuis les années 1970, de nombreuses études ont montré qu'une suggestion trompeuse peut contaminer la mémoire d'un témoin oculaire et se transformer en faux souvenirs. Mais certaines personnes succombent plus facilement que d’autres aux suggestions et certains facteurs contextuels favorisent la formation des faux souvenirs. Les faux souvenirs induits résistent-ils au temps ? Les traces mnémoniques de certains faux souvenirs, induits chez les participants après avoir été exposés brièvement à de fausses informations, seraient aussi robustes que les traces de vrais souvenirs. 



Faux souvenirs irrésistibles 
Les chercheurs qualifient d'hyperthymésie la mémoire autobiographique hautement supérieure. Les individus présentant ce profil mnésique extraordinaire devraient être moins vulnérables à la formation de faux souvenirs. Or, selon une étude, ce n’est pas du tout le cas. Ces individus sont tout aussi susceptibles : 1) de se souvenir par erreur de mots jamais étudiés, mais qui sont liés à des mots mémorisés ; 2 ) d’intégrer dans leurs souvenirs des suggestions erronées sur des faits (effet de désinformation) ; 3) d’indiquer se souvenir de l’enregistrement filmé d’une catastrophe aérienne alors que cet enregistrement n’existe pas en réalité (paradigme des crashing memories ) ; 4) d’être plus certains d’avoir vécu des évènements après les avoir imaginés (inflation par imagination) ; et 5) de former de faux souvenirs émotionnels.
Les personnes hyperthymésiques sont donc, elles aussi, victimes de distorsions mnésiques. Comme le suggèrent les auteurs de l’étude, un tel résultat indique que la reconstruction des souvenirs, et les erreurs que cela peut induire, est un mécanisme général du fonctionnement de la mémoire : personne ne serait finalement immunisé contre les faux souvenirs!


L’entretien cognitif
L'objectif est de recueillir auprès de la victime ou d'un témoin un nombre plus grand d’informations qu'à travers un interrogatoire habituel, mais quid de la suggestion ? 
L'entretien cognitif repose, notamment, sur l’utilisation d’outils de communication et intègre différentes aides mnémotechniques, construites à partir des résultats de la recherche cognitive sur la mémoire. Son utilisation est enseignée aux policiers dans de nombreux pays, dont la France et le Portugal. Les policiers devraient recueillir les témoignages à l’aide de l’entretien cognitif le plus rapidement possible après les faits. C’est ainsi que cette procédure pourrait protéger la mémoire de témoins ou victimes contre les faux souvenirs produits à la suite d’entretiens ultérieurs suggestifs ou tendancieux.
Toutefois, si l’entretien cognitif permet bien de recueillir un plus grand nombre de détails corrects sur un crime, il n’immunise pas forcément contre les faux souvenirs suggérés. Il se pourrait tout de même que l'entretien cognitif ait un effet protecteur contre la suggestibilité des témoins oculaires.

À la fin des années 70, des psychologues ont découvert que les sujets se souvenaient bien mieux des mots qu'ils avaient généré eux-mêmes que des mots qu'ils avaient simplement lus. La mémorisation d’informations est donc facilitée si l’apprentissage est actif plutôt que passif. Des informations erronées qu'on a générées soi-même seraient une source potentiellement très puissante de faux souvenirs. Les témoins oculaires de ces expériences doivent produire des informations trompeuses, à force de devoir répondre à des questions pour lesquelles ils n'ont pas de solution. Ces questions portent, en effet, sur des détails absents de la scène de crime. Les témoins sont donc contraints de les inventer. Ces réponses fabriquées et autogénérées ont alors tendance à se transformer en faux souvenirs.



Conformisme des souvenirs
Plusieurs études ont montré que les témoins peuvent s’influencer mutuellement lorsqu’ils échangent des informations sur la scène de crime à laquelle ils ont assisté. C’est le phénomène de conformisme des souvenirs. Cette influence s'exerce surtout dans un sens : c’est le témoin qui prend en premier la parole qui influence le plus les autres.
Même confrontés à des informations discordantes, les témoins parlant en premier des items critiques sont moins sujets au conformisme des souvenirs que les témoins parlant en second. Certaines hypothèses (niveau de confiance et de précision des souvenirs des témoins, litiges entre témoins, crédibilité du locuteur) ont été écartées, mais il reste du chemin à parcourir pour comprendre la nature exacte de la relation entre conformisme des souvenirs et ordre de parole.
Les personnes interrogées en second ont tendance à se conformer à la décision prise par les personnes interrogées en premier. Une étude suggère que ce phénomène est plus prononcé chez les spectateurs de la scène que chez les acteurs. Le rôle joué par les protagonistes de la scène (acteur/victime ou spectateur/témoin) influencerait la sensibilité aux suggestions d’autrui. D’un point de vue pratique, il faudrait séparer le plus rapidement possible les personnes impliquées dans une affaire criminelle pour recueillir leurs déclarations. La présence de plusieurs témoins sur une scène de crime réel est donc une situation courante. En outre, les discussions entre témoins sont fréquentes et portent essentiellement sur les détails concernant le crime et le suspect. Il existe bien un risque de contamination mutuelle des souvenirs de l’évènement. Ces résultats suggèrent que les témoignages de personnes différentes ne doivent pas être systématiquement considérés comme indépendants les uns des autres.

 
Les neurosciences, la mémoire et la justice
Les recherches en psychologie cognitive ont produit une masse considérable de données sur le fonctionnement de la mémoire dont il ressort que la mémoire est un processus dynamique, reconstructif et sujet aux erreurs.
Dans un article publié dans le numéro de février 2013 de la revue Nature Neuroscience, Daniel Schacter et Elizabeth Loftus réfléchissent sur les contributions possibles des neurosciences cognitives de la mémoire, notamment celles de la neuro-imagerie fonctionnelle, dans le déroulement d’affaires judiciaires.
Les techniques d’imagerie cérébrale pourraient ainsi être utilisées, nous disent-ils, pour aider à distinguer les vrais des faux souvenirs. Si de nombreux travaux indiquent que vrais et faux souvenirs activent des structures cérébrales identiques, des différences sont aussi observées. Pour plusieurs raisons, Schacter et Loftus se montrent cependant réticents et sceptiques concernant cet usage de la neuro-imageire dans la cadre judiciaire. 
Premièremement, dans les études d’imagerie cérébrale, les chercheurs ont utilisé du matériel expérimental simple et facilement contrôlable. Un problème de généralisation des résultats aux situations complexes rencontrées dans le domaine judiciaire est donc posé.
Deuxièmement, les sujets dans les expériences de neuroimagerie sont généralement de jeunes adultes en parfaite santé, alors que la population rencontrée dans une cour de justice est bien plus diversifiée.
Troisièmement, dans ces études, la mémoire est testée rapidement après l’exposition aux « faits », alors que des délais plus longs sont souvent rencontrés dans les affaires criminelles réelles.
Quatrièmement, les cartographies cérébrales des vrais et faux souvenirs sont le résultat de traitements statistiques à partir de données recueillies sur des groupes de sujets et sur plusieurs essais. La neuro-imagerie n’est pas encore capable de distinguer les vrais des faux souvenirs à un niveau individuel.
Cinquièmement, même si des progrès techniques permettent d’atteindre cet objectif, les chercheurs devront développer des méthodes pour détecter les contre-mesures, c’est-à-dire les tentatives de la personne pour mettre en défaut le scanner. Dans le cas de la détection du mensonge, une étude récente a montré que de telles contre-mesures étaient très faciles à apprendre et à mettre en œuvre.
Les deux psychologues envisagent plutôt d’utiliser les neurosciences cognitives de la mémoire pour informer une cour de justice sur le fonctionnement et les erreurs de la mémoire. Par exemple, informer sur le fait que vrais et faux souvenirs activent des régions cérébrales identiques permettrait à un jury de mieux comprendre pourquoi les faux souvenirs peuvent être vécus subjectivement comme de vrais souvenirs.



Co-existence des vrais et faux souvenirs
Un vrai souvenir ne serait pas détruit et remplacé par un faux souvenir suggéré. Le souvenir original est retrouvé à la place d’un faux souvenir s’il a été activé par des concepts associés.
Les psychologues savent aujourd’hui que la mémoire est malléable. Par exemple, les témoins oculaires d’un crime peuvent former de faux souvenirs à partir d’informations inexactes qui leur ont été suggérées.L'effet de la désinformation a été amplement étudié, mais il n'y a pas encore d'explication qui fasse consensus. Certains pensent que le souvenir original est purement et simplement détruit et remplacé par le faux souvenir induit. D’autres estiment plutôt que vrai et faux souvenir coexistent. 
La conception classique du fonctionnement mnésique postule que la mémoire est constituée de concepts reliés entre eux par des liens associatifs. L’activation d’un concept dans ce réseau se propage alors aux autres concepts associés. Si un vrai et un faux souvenir suggéré coexistent, alors l’activation d’un concept associé au vrai souvenir avant le test de reconnaissance devrait réduire l’effet de désinformation (les participants choisiront plus volontiers l’item original dans le test puisque son souvenir a été activé par le concept associé). L’activation d’un concept associé au faux souvenir devrait exagérer le phénomène (les participants désinformés choisiront encore plus volontiers l’information inexacte).